Petition updatePour plus d'aliments bio et locaux dans les cantines scolaires de La Réunion ! 974Parents, fâchez-vous !

FAP 974

16 Mar 2018
Bonjour à toutes et à tous chers signataires de la pétition pour plus d’aliments bio et locaux dans les cantines scolaires de La Réunion,
Depuis quelques jours, nous avons franchi le seuil des 5 000 signataires. Nous devrions nous en réjouir ! Il n’en est rien et nous souhaitons aujourd’hui vous faire partager notre sentiment profond à ce sujet.
Tout comme les méfaits des pesticides sur la santé ne sont pas quantifiables, notre objectif n’est pas un chiffre. La pétition n’est qu’un moyen à ne pas confondre avec les résultats comme le font trop de grandes entreprises qui négligent leurs produits, leurs salariés, leurs clients, leurs responsabilités vis-à-vis de la société. Au-delà des chiffres, il y a des vies et la santé, préoccupation première des français.
Quand nous l’avons rédigée, un peu façon coup de gueule, pour nos enfants et tous les petits camarades de l’île, nous étions loin d’imaginer arriver à sensibiliser autant de monde et nous sommes bien sûr fiers et reconnaissants pour la confiance accordée par vous tous.
Mais qu’est-ce qui a changé depuis 2016 et le lancement de la pétition ? Rien ou si peu…
Localement, seule une commune a introduit des produits certifiés bio de façon fiable mais en faibles quantités et fréquences.
Au niveau réglementaire, le « Projet de Loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable » (http://www2.assemblee-nationale.fr/documents/notice/15/projets/pl0627/(index)/projets-loi) présenté par le gouvernement en janvier dernier en Conseil des Ministres à la suite des travaux entrepris durant 6 mois au sein des Etats Généraux de l’Alimentation s’est révélé décevant.
En effet, les mesures concernent surtout les relations commerciales entre agriculteurs et distributeurs. Au sujet des pesticides, la seule mesure concerne la séparation des métiers de conseils et de vendeurs de produits phyto-sanitaires. Ni réduction, ni « révolution ». La lutte contre le gaspillage alimentaire s’étend à la restauration collective et aux industries, qui devront réaliser des audits de leurs circuits de fabrication pour en réduire les pertes, et qui comme la grande distribution devront fournir leurs surplus de production aux associations humanitaires.
Pour la restauration collective, l’article 11 mentionne « les produits acquis dans ce cadre devront comporter à l’échéance du 1er janvier 2022 une part significative de produits issus de l’agriculture biologique, ou bénéficiant d’autres signes de qualité ou mentions valorisantes ou présentant des caractéristiques équivalentes, ou acquis en prenant en compte le coût du cycle de vie du produit. L’objectif est d’atteindre un taux de 50 % de produits acquis remplissant l’une de ces conditions à l’horizon 2022, dont au moins 20 % de produits issus de l’agriculture biologique ». Nous attendons avec vigilance les décrets d’application fixant les objectifs tant attendus et déjà tant débattus, maintes fois retoqués pour être finalement évincés par le Sénat sous l’ancien gouvernement.
D’ores et déjà nous ne pouvons que regretter l’échéance tardive du 1er janvier 2022 annoncée qui ne tient pas compte de l’urgence et de l’ampleur de la crise sanitaire et sociale à laquelle nous nous apprêtons à faire face.
A sa feuille de route, le gouvernement évoque l’élaboration d’un nouveau Plan National Nutrition Santé et d’un nouveau Plan National Alimentation avant juin 2018, des programmes existants qui ne nécessitent qu’une mise à jour et des relances.
Dans un communiqué, l’association L214 de protection animale dénonce « «Ni la fin des systèmes d’élevage les plus intensifs et préjudiciables aux animaux, ni la nécessaire réduction de la part des protéines carnées dans l’alimentation n’ont été retenues». Nous nous y associons pleinement.
Par ailleurs en juillet 2017, le gouvernement annonçait la réduction des aides destinées aux agriculteurs biologiques, décision dénoncée par 34 organisations dans une tribune publiée sur Kaizen : https://www.kaizen-magazine.com/article/etats-generaux-de-lalimentation-34-ong-denoncent-quasi-arret-aides-a-lagriculture-biologique/. En décembre, la molécule glyphosate soupçonnée cancérogène, recevait de la commission européenne le renouvellement pour 5 ans de son autorisation de mise sur le marché.
Quotidiennement et bénévolement via notre page facebook, nous tâchons de participer à l’effort collectif en partageant avec nos lecteurs différentes analyses sur les problématiques et les alternatives autour de l’usage des pesticides et l’alimentation.
Ainsi, nous avons nous aussi émis des propositions dans les cadre des Etats Généraux de l’Alimentation (https://www.egalimentation.gouv.fr/profile/friyapin974) :
- obligations d’information sur les menus servis en restauration scolaire : nous estimons en effet que les collectivités ont le devoir d’informer le public en toute transparence de la provenance, du mode de culture ou d’élevage, de conservation et de préparation et de la valeur nutritionnelle des menus choisis pour être distribués aux enfants, au-delà de la simple corvée d’affichage, il y a là un outil d’échange entre collectivité, enfants et parents à l’appui de la promotion des produits locaux et d’une véritable stratégie de lutte contre l’obésité,
- abrogation de l'Arrêté interministériel du 30 septembre 2011 relatif à la qualité nutritionnelle des repas servis dans le cadre de la restauration scolaire et fixant les quantités de produits industrialisés admissibles dans les cantines et création d’une homologation pour les produits transformés servis en restauration scolaire (si ça ne tenait qu’à nous, nous les interdirions sans préavis)
- limitation du recours aux importations : l’an dernier nous avons révélé à nos lecteurs qu’à La Réunion en 2013 sur 27 millions de repas 72 % des viandes servies étaient congelées et importées, les poissons frais issus des pêches locales ne représentaient que 2,5 % du total des achats, 74 % des fruits étaient issus de l'importation, 68 % des légumes consommés étaient importés, seuls 8 % des carottes, navets ou betteraves servis étaient produits sur l'île, 3 % des tubercules étaient produits localement et 100 % des légumineuses servies étaient importées (source Agreste DAAF Réunion : http://daaf.reunion.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/V2_RestoCollective_94_cle4da316.pdf). Si des défauts d’approvisionnement devaient se produire, vous le comprendrez, nous serions dans une situation catastrophique !
- nous avons proposé enfin d’imposer le choix d’au moins deux plats en restauration scolaire dont un végétarien, une mesure qui n’entrainerait pas de surcoût particulièrement pertinente pour lutter contre le gaspillage et réduire les apports de viande conformément aux recommandations de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation (ANSES).
A celles et ceux qui affirment qu’il n’est pas possible d’augmenter les productions maraîchères et fruitières à La Réunion, nous répondons que plus de 6 500 hectares de terres exploitables seraient actuellement en friche à La Réunion (information Département de La Réunion : https://www.youtube.com/watch?time_continue=71&v=lTg5CZ9Fc10), nous n’inventons rien et estimons que ces terrains agricoles devraient être attribués prioritairement aux porteurs de projets agricoles durables à destination de la restauration collective.
Mesdames, messieurs, n’en avez-vous pas marre de ces incohérences ? La situation est d’une grande simplicité : il faut cesser de demander, il faut exiger !
Fap974
Support now
Sign this petition
Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X