Petition updatePour plus d'aliments bio et locaux dans les cantines scolaires de La Réunion ! 974Loi Alimentation | Lettre ouverte aux député.e.s de La Réunion
FAP 974
Mar 26, 2018
Bonjour à toutes et à tous chers soutiens à la pétition pour plus d'aliments bio et locaux dans les restaurants scolaires à La Réunion, Nous vous adressons nos remerciements pour votre mobilisation à travers vos nombreux partages qui seuls ont permis dernièrement ici et là, de façon confidentielle ou médiatisée, l'ouverture de discussions sur les menus, en particulier la provenance des aliments proposés dans les menus servis à nos petits. De petites victoires toutefois aux contenus peu satisfaisants face à l'ampleur de la tâche restant à réaliser et de l'urgence que nous percevons à proposer des repas composés d'aliments sans traitements. Actuellement est discuté par les parlementaires le projet de loi dit "Pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable" que nous évoquions à notre dernier message : c'est le moment pour les députés de déposer le cas échéant des amendements au texte proposé par le gouvernement. Comme vous pourrez le constater, votre soutien nous donne aussi le courage de tenir et d'aller encore plus loin : nous vous invitons à prendre connaissance de la lettre ouverte ci-dessous que nous venons d'adresser à mesdames et messieurs les Député.e.s de La Réunion. Le sujet est d'une grande importance car il pourrait fortement impacter nos cantines et nous espérons que nos députés nous entendrons ! Nous vous tiendrons au courant des suites prochainement. Bien solidairement FAP974 Lettre ouverte à l'attention de Madame Ericka Bareigts, députée de la 1ère circonscription de La Réunion, co-rapporteure à la mission d'information relative à la prévention santé en faveur de la jeunesse Madame Huguette Bello, députée de la 2ème circonscription de La Réunion Madame Nathalie Bassire, députée de la 3ème circonscription de La Réunion Monsieur David Lorion, député de la 4ème circonscription de La Réunion Monsieur Jean-Hugues Ratenon, député de la 5ème circonscription de La Réunion Madame Nadia Ramassamy, députée de la 6ème circonscription de La Réunion Monsieur Thierry Robert, député de la 7ème circonscription de La Réunion Mesdames, messieurs les député.e.s de La Réunion, C'est dans l'intérêt de nos enfants et de l'ensemble des petits réunionnais que nous nous adressons à vous aujourd'hui dans le cadre des discussions parlementaires autour du projet de loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable : si le libellé de ce texte comporte de saines et durables intentions, nous constatons que les mesures envisagées aient plutôt privilégié les relations commerciales or, bien qu'il soit en effet essentiel d'améliorer les conditions de travail et de subsistance des petits producteurs, nous estimons qu'il n'y avait pas incompatibilité avec les notions de "qualité, de respect du bien-être animal, de l'environnement et une alimentation plus saine" telles que présentées en introduction. Nous sommes parents, de la famille ou des amis des enfants qui fréquentent chaque jour les cantines scolaires de l'île, non par choix mais par obligation. Vous-même avez peut-être un enfant, un petit enfant, des nièces ou des neveux scolarisés dans les écoles de l'île ? Nous sommes soucieux de l'économie locale et profondément inquiets face au chômage, à la pauvreté qui touche notre île et compromet nos conditions de vie et celles de toute la communauté réunionnaise. Chez nous, à notre petit niveau, nous achetons local, frais et dans la mesure du possible bio en soutien aux filières péi, nous veillons à apporter quotidiennement à nos enfants ce dont ils ont besoin pour leur garantir un bon développement et une santé solide tout au long de leur vie. Nous tâchons à ce titre de leur enseigner les bons choix alimentaires ainsi qu'entre autres notions d'hygiène, les principes élémentaires de précaution autour de l'alimentation et du respect de l'environnement. A notre grand regret, nous constatons que ce travail éducatif mené pour nos enfants et pour les générations suivantes n'est pas poursuivi dans les réfectoires. Nous contribuons pourtant largement, par le biais de nos impôts et des participations aux repas, au fonctionnement des établissements de restauration scolaire, nous souhaitons légitimement que nos valeurs y soient respectées. Pour rappel, après que les premières cantines françaises aient affiché leur choix de servir des aliments issus de circuits courts et exempts de traitements chimiques entre 2007 et 2010, il a fallu plusieurs années de discussions pour qu'il soit débattu à l'Assemblée Nationale en 2016 une proposition imposant le quota de 20 % d'aliments bio et 40 % de produits locaux aux restaurants scolaires à compter du 1er janvier 2020. Cette proposition synonyme de progrès pour 87 % des parents s'étant prononcés en faveur de l'introduction d'aliments bio dans les cantines (sondage CSA / Agence Bio 2015) et dont nous faisons partie, a ensuite été censurée par le Sénat. Si jusque là, nous assistions silencieux aux débats et prenions connaissance impuissants des travaux scientifiques démontrant la toxicité des pesticides utilisés sur les produits à la base de notre alimentation, relayés unanimement par la presse nationale et faisant l'objet de fortes mobilisations des associations environnementales ou de prévention du cancer notamment puis de l'ensemble de nos concitoyens, nous sommes depuis déterminés à agir localement pour permettre à nos enfants de bénéficier des productions respectueuses de la santé. Ainsi, à travers notre pétition "Pour plus d'aliments bio et locaux dans les cantines scolaires de La Réunion" consultable ici : https://www.change.org/p/plus-d-aliments-bio-et-locaux-dans-les-cantines-scolaires-de-la-r%C3%A9union-974, c'est plus de 5 500 personnes qui exigent aujourd'hui des collectivités locales que soient engagées des démarches pour proposer aux petits réunionnais un repas de midi, le plus important de la journée, comportant les produits conformes à nos attentes. Toutefois, force est de constater à l'analyse régulière des menus diffusés par les communes pour les maternelles et primaires (l'opacité demeure pour les menus servis dans les collèges dépendant du Département et les lycées dépendant de la Région), que sans obligation et malgré tout le potentiel que notre territoire offre tant en terme de diversité d'aliments qu'en surface agricole disponible (voir ici https://www.youtube.com/watch?time_continue=71&v=lTg5CZ9Fc10, plus de 6 500 hectares de friches agricoles seraient actuellement inutilisés selon le Département), les décideurs locaux n'entendent pas nos demandes quand des communes telles que Saint Etienne ou NÎmes proposent déjà aux écoliers entre 75 et 100 % de produits bio. A l'occasion des Etats Généraux sur l'Alimentation, nous avons participé à la consultation en publiant entre autres les propositions suivantes relatives à la restauration scolaire dont vous trouverez les détails sur ce lien https://www.egalimentation.gouv.fr/profile/friyapin974 : - obligation de porter aux menus les informations concernant la provenance des aliments, leur mode de culture ou d'élevage, leur mode de conservation, les valeurs nutritionnelles (qui font référence en terme d'équilibre alimentaire), recours à une entreprise délégataire, - abrogation de l'Arrêté interministériel du 30 septembre 2011 relatif à la qualité nutritionnelle des repas servis dans le cadre de la restauration scolaire et en particulier son annexe II "grammage des produits prêts à consommer préparés par des fournisseurs extérieurs", - création d'une homologation pour les produits transformés destinés à être servis en restauration scolaire, - le choix d'au moins deux plats en restauration scolaire dont un végétarien conformément aux recommandations du Centre International de Recherche sur le Cancer et l'Agence Nationale pour la Sécurité Sanitaire de l'Alimentation pour la réduction des apports de viandes rouges et de viandes transformées considérées respectivement probablement cancérogènes et cancérogènes. Nous souhaitons également voir limiter le recours aux importations : quand en métropole les aliments d'origine France parcourent tout au plus quelques centaines de kilomètres sur de courtes durées, ceux que nous importons en parcourent des milliers durant des semaines dans des conditions de stockage et de maintien de la chaîne du froid incertaines, exposant nos enfants à des risques d'intoxication accrus. L'an dernier, nous révélions à nos lecteurs qu'en restauration collective, qui représentait près de 27 millions de repas à La Réunion en 2013, 72 % des viandes étaient importées, le poisson frais ne représentait que 2,5 % des achats, 74 % des fruits et 68 % des légumes étaient issus de l'importation, ce chiffre passait à 100 % pour les légumineuses (Etude Agreste / DAAF disponible ici http://daaf.reunion.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/V2_RestoCollective_94_cle4da316.pdf). Non seulement, nous importons massivement des produits infectés aux pesticides, contribuant plus que de raison à la pollution atmosphérique et aux changements climatiques, et nous faisons donc consommer à nos enfants des produits non frais que nous produisons ou sommes en capacité de produire par ailleurs nous exportés frais sans que ceux-ci, les personnes âgées et les patients des établissements hospitaliers, n'aient jamais le privilège de goûter leur équivalence fraîche et locale ! Vous comprendrez que pour nous consommateurs et utilisateurs de la restauration collective, cette situation est inacceptable et que nous ne voulons plus participer à ce système. Par ailleurs, il est entretenu par la restauration collective réunionnaise la dépendance et l'insécurité alimentaire, pouvant entraîner l'ensemble de l'île dans de graves problèmatiques : est-il si improbable et incongru d'imaginer subir des ruptures chez les producteurs en France ou à l'étranger, des augmentations tarifaires des produits ou des défaillances des transports ? Problématiques qui cumulées pourraient avoir des conséquences catastrophiques chez nous. Le projet de loi discuté actuellement s'est révélé décevant du fait de : - l'absence de mesures contraignantes en vue de la réduction des pesticides dans le secteur agricole, nous imaginons qu'il est à ce stade inutile de vous rappeler les nombreuses conséquences néfastes des produits phytosanitaires tant sur la santé que sur l'environnement mais nous souhaitons vous alerter sur les conséquences visibles et locales que nous avons relevées : la fermeture du puits du Baril à Saint-Philippe pour cause de présence chronique d'herbicides, les prélèvements d'eau par l'Agence Régionale de Santé, qui en 2015 détectaient la présence de pesticides dans 14 % des captages de l'île, que quasiment la moitié des nappes phréatiques connaissaient des teneurs élevées en nitrates, que depuis trois saisons les pieds de letchis et de longanis produisent de moins en moins, que la filière apicole se trouve désormais en grande difficulté et que l'abeille péi pourrait disparaître, puis qu'une réunionnaise sur huit est susceptible de souffrir du cancer du sein, que le diabète et l'obésité connaissent à La Réunion des taux élevés qui pourraient être liés en partie aux caractéristiques perturbatrices hormonales des produits phyto sanitaires, que les pesticides sont incriminés dans les cancers de la prostate, les insuffisances rénales chroniques, les malformations congénitales et les maladies neuro dégénératives comme Parkinson, - l'insuffisance de l'objectif fixé, l'absence de modalités, de mesures d'accompagnement ou contraignantes clairement définies quant à l'introduction des produits bio dans les cantines et l'échéance tardive fixée au 1er janvier 2022, l'absence d'objectifs au delà du 1er janvier 2022, car combien de temps encore la santé de nos enfants depuis le plus jeune âge et de ceux qui vont naître devra pâtir de la lenteur des gouvernements et des parlementaires à légiférer sur cette question aussi simple que déterminante pour leur vie d'adultes ? - très nombreuses et intéressantes propositions émises lors des ateliers et de la consultation mais ignorées, reléguant l'effort de participation citoyenne et le dialogue démocratique à une option négligeable. Enfin, nous tenons à vous signaler que nous nous trouvons à la veille du vote d'une loi qui prend en compte "le coût du cycle de vie du produit", celui-ci se définissant très probablement surtout par sa durée de conservation et les distances parcourues par le produit : plus celles-ci seront élevées plus les conséquences tarifaires seront importantes pour le consommateur final. Avec nos nombreuses denrées importées de très loin, et si nous n'y sommes pas suffisamment préparés, nous serions donc frappés de plein fouet par cette mesure. Croyez-vous que les familles et le contribuable réunionnais soient en mesure d'assumer cette nouvelle inégalité ? Comme les métropolitains, nous voulons bénéficier de cette loi, pas la subir ni devoir assumer les irresponsabilités d'autres. Bien sûr ce projet de loi ne concerne pas la culture de la canne à sucre et bien que nous soyons plus nombreux que les planteurs, nous n'organiserons pas d'opération de blocage des routes, nous ne voulons pas déranger. Nous sommes cependant surpris par votre absence de réactions depuis la présentation de ce projet de loi que nous jugeons déterminant pour l'avenir de notre territoire mais nous persistons à croire à votre détermination à défendre les intérêts des réunionnais.e.s. Sachez que nous publierons le présent courriel sous forme de lettre ouverte sur notre page facebook et la diffuserons aux signataires de notre pétition, ces personnes qui suivent nos actions observeront attentivement vos prises de position. Comptant sur vous pour nous représenter au cours des discussions parlementaires et relever l'agriculture locale qui reste pour nous un secteur d'excellence, bien que les orientations y aient été jusqu'ici si hasardeuses et sa fonction première nourricière tant négligée, recevez, mesdames, messieurs les député.e.s de La Réunion, nos meilleures salutations. FAP974 Nous écrire friyapin.run@gmail.com Nous rejoindre sur facebook https://www.facebook.com/Friyapin974/ Notre pétition https://www.change.org/p/plus-d-aliments-bio-et-locaux-dans-les-cantines-scolaires-de-la-r%C3%A9union-974
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