Petition updateNon aux expulsions sans relogement !Le confinement du 115 à Angers, histoire d'une lutte.
DAL 49, en alliance avec PSN49 et l'Assemblée de lutte pour le logement initiée par la Grande Ourse
Apr 14, 2020

Dimanche 5 avril 2020, des personnes SDF et sans abri ont décidé d'alerter de leurs conditions de vie à la halte d'hébergement d'urgence du chemin de traverse à Angers. En tant que militantes, elles insistent pour dénoncer les contradictions à l'obligation de confinement. Un confinement qui leur semble se transformer en prison (surveillance, interdiction d'aller travailler, pointage). Surtout, la contradiction s'opère lorsque le directeur de la DDCS accompagné de policiers les invective à se laver plusieurs fois les mains par jour alors que les personnes enfermées ne disposent pour environ 28 personnes que d'une seule douche qui dispose de l'eau chaude, et que de deux toilettes qui fonctionnent. Ce n'est pas faute d'avoir alerter depuis plusieurs semaines.

Elles n'en peuvent plus. Entre les injonctions paradoxales de représentants étatiques, le confinement qui devient oppressant, les réactions désobligeantes d'acteurs liés à la halte de nuit, et les revendications habituelles de dignité (droits au logement et à la liberté), tout devient difficile.
D'autant plus difficile qu'elles sont obligées de passer par la plateforme téléphonique du 115 pour faire prévaloir leurs droits.

Les "enfermé-e-s du 115" se sont auto-organisé-e-s, ont crié haut et fort des problèmes graves indignes du traitement humain, ont revendiqué le droit à la dignité. Ils & elles ont osé tout simplement !

Il a fallu le confinement et une lutte courageuse des gens concernés et impliqués, avec même une grève de la faim pour mettre au grand jour la réalité de leurs conditions.

Cette lutte est bien unique dans l'histoire angevine. Elle est celle de ceux et celles directement concerné-e-s.
Elle est celle de ceux et celles qui ont été enfermé-e-s au 115 (halte d'abri d'urgence du chemin de traverse à Angers appelée communément 115), parce que de par certains aspects, c'est effectivement un enfermement.

à Angers, il y a bien eu enfermement, interdiction d'aller au travail, et surtout il n'y a pas eu de distribution de moyens de protection ni de dépistage au Coronavirus lorsque c'était nécessaire. Oui il y a bien eu atteintes aux libertés fondamentales !

Cependant, la lutte continue pour que les revendications ne soient pas satisfaites au cas par cas ou de manière égoïste pour un noyau contestataire. Les conditions au chemin de traverse font qu'aujourd'hui les pouvoirs publics ont plié... pour quelques temps et au cas par cas. Les stratégies institutionnelles sont affûtées. Le choix du collectif des enfermée-e-s du 115 est donc que toutes les personnes et familles sans distinction puissent bénéficier des mêmes droits que tout à chacun-e.

Les enfermé-e-s du 115 ont par la suite été transféré-e-s dans un hôtel réquisitionné par la Préfecture loin du centre ville d'Angers et loin de dessertes de bus. Les pouvoirs publics se sont ils vengés en les laissant sans alimentation ?
Alors que la halte de nuit et les autres hôtels appelés à héberger des personnes à la rue bénéficient pour ces dernières d'un minimum de ravitaillement, confinement oblige, l'hôtel où sont confinées les camarades en lutte est surveillé par deux agents de sécurité mais... pas de nourriture.

Des militant-e-s PSN49 et ami-e-s ont été obligé-e-s de fournir le repas car depuis presque une semaine, les camarades du 115 n'avaient rien à manger. En plus, ils & elles étaient menacé-e-s s'ils sortaient du parking de l'hôtel.

Nous avons alerté, et finalement, après avoir insisté, une coordination entre le Secours populaire et les Restaurant du Cœur, mandatée par les services de la Préfecture, assurera l'ensemble des repas à partir du 20 avril 2020. Nous ne sommes que témoins d'une réalité.

Mais la lutte continue pour le droit à sa dignité !

Les suites seront à la hauteur des responsabilités de chacun, le jour d'après le confinement.

Il y a tant de logements vides, et tant de bâtiments vides inutilisés, que par le contexte de crise actuel, les préemptions et les réquisitions sont nécessaires pour améliorer les conditions sociales, de vie, et de santé des personnes contraintes à la rue. Invitons à aller au delà de l'action simple de solidarité parfois condescendante, et changeons la donne politique afin que toutes les personnes sans distinction soient respectées jusqu'à leurs exigences légitimes.

Sortons de l'humano-caritatif pour engager l'action politique collective qui changera le sort des personnes oppressées et précarisées, non pas POUR elles mais PAR elles-mêmes d'abord !

 

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