

Des gens à la rue... depuis des années à Angers et ailleurs. Cela doit s'arrêter ! Les politiques doivent changer !
Les pouvoirs publics n'ont cessé d'être paradoxaux dans leur volonté politique de résoudre le drame des personnes involontairement à la rue.
Entre le sort des personnes réfugiées, demandeuses d'asile, mineures isolées mais aussi des femmes battues, des personnes expulsées ou en décohabitation, des gens en situation de grande précarité sociale ou sans moyens de rebondir à un sort de vie difficile, sans compter les personnes éjectées des circuits habituels de protection sociale, nombreux sont les gens qui survivent dehors avec tous les risques de santé physique et surtout psychologique que cela engendre.
Afin de ne pas être en contradiction avec le plan général de mesures gouvernementales pour lutter contre une seule pandémie, les services liés à la Préfecture de Maine & Loire ont été obligés de trouver rapidement des solutions de mises à l'abri sommaire pour les gens sans toit afin de faire respecter le confinement généralisé imposé. Ainsi, alors que la Préfecture compose plutôt avec les responsables politiques locaux en limitant la mise à l'abri systématique de gens à la rue, elle a trouvé rapidement une organisation qui a permis enfin à ce que des gens puissent trouver un minimum de dignité. Comme quoi c'est possible ! Mais ça n'a pas duré longtemps.
Ce qui conforte nos revendications collectives pour la responsabilisation des pouvoirs publics à ne pas se défausser devant leurs missions et les principes constitutionnels de fraternité et de solidarité.
En effet, deux hôtels ont été plus ou moins réquisitionnés par la Préfecture, l'un aux Ponts de Cé dans une zone d'activité et l'autre à Beaucouzé dans une zone tout autant éloignée du centre ville d'Angers et sans desserte facile de transports en commun. Cela rappelle la discrétion du centre d'abri temporaire d'urgence au chemin de traverse à Angers. Volonté politique d'invisibilisation ou carence, toujours est il que souvent les personnes concernées ont trouvé peu pratique cette situation d'éloignement du centre ville car outre de ne pas disposer facilement de moyens du transport, cela rend plus difficile leurs démarches ou leur approvisionnement. D'ailleurs, en terme d'approvisionnement, afin de répondre à leur cloisonnement et leurs besoins, tout un réseau issu des quartiers populaires s'est mis en place afin d'assurer le minimum décent pour un repas sain et chaud.
Mais la gravité reste l'appel au secours de dizaines et de dizaines de personnes qui dans leur confinement aux hôtels ont vu leur situation se détériorer, se sentant laissées pour compte, d'autant plus laissées pour compte que rien ne les rassure sur l'après confinement. Vont elles être dégagées ou va t'il y avoir une vraie solution de rechange à leur vie de misère ? Malheureusement pour un certain nombre d'entre elle, les sorties sèches les attendaient.
Il s'avère donc que ce que nous craignions arrive. En effet, il y a bien des éjections progressives de chambres d'hôtel au fur et à mesure du déconfinement, des sorties sèches sans savoir ce qui préside à la décision de sortie, et sans aucune alternative de relogement ou d'hébergement.
Aucune attestation d'hébergement, aucun courrier informant des raisons de la sortie hôtelière, aucune solution de mise à l'abri si ce n'est d'appeler le 115, voilà le lot des personnes qui sont méprisées à la rue. On pourrait se satisfaire des efforts réalisés durant le confinement s'ils n'étaient pas exceptionnels et s'ils ne s'arrêtaient pas maintenant de manière brutale pour ceux & celles concernées.
Finalement, le monde d'après ressemble étrangement au monde d'avant ! Et c'est grave !
C'est là où le retard accumulé d'un point de vu politique et humain à la fin de la période de confinement nous oblige tous & toutes à la solidarité mais aussi à la lutte.
Aussi, nous, personnes concernées, appelons l'ensemble des gens, des acteurs et actrices associatives, des collectifs militants et activistes, à s'associer avec nous afin que les institutions à Angers comme partout en France, puissent mettre à disposition leurs moyens tant financiers, logistiques, que législatifs pour un " zéro personne à la rue ".
Nous demandons que toutes les personnes actuellement à l'hôtel puissent bénéficier d'un lieu d'habitation pérenne et non d'un abri temporaire d'urgence dont l'intégration est à chaque fois compliquée, qu'il s'agisse de femmes enceintes ou avec bébé, de personnes âgées, de familles, de personnes déficientes, ou de personnes seules et en bonne santé.
Nous demandons à ce qu'aucune expulsion ne survienne sans une alternative de relogement ou d'habitation assurée.
Nous exigeons à ce que chaque être humain soit respecté avec dignité.
Un toit c'est un droit !