Pour que la licence professionnelle journalisme de proximité de Vichy perdure !

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Le problème

Il y a 8 ans, la licence professionnelle journalisme de proximité, plus connue sous le nom de "LPJP" voyait le jour à Vichy. Son but ? Former des journalistes aux médias de proximité, que leur diffusion soit locale, ou régionale, sur des supports tels que la radio, télévision ou la presse écrite (quotidienne, hebdomadaire…).

Depuis 8 ans, de nombreux étudiants sont passés entre les murs du Pôle Lardy afin de s'y former et réaliser un de leur rêve et atteindre une de leurs ambitions : devenir journaliste. C'est grâce à Mme Sylvie Boisnier que nous, étudiants et futurs journalistes, pouvons et avons pu apprendre les bases de notre métier.

Interventions de professionnels du métier, professeurs d’Université, projet tuteuré, stage... En une année, la radio, la presse écrite et la télévision sont abordés. En une année, les étudiants sont capables de déterminer vers quel type de média ils décident de s’orienter fort des compétences acquises. En une année, nous apprenons beaucoup sur le journalisme, comme sur nous-mêmes.

Mais tout ça, vous le savez déjà Monsieur le président Bernard. En revanche ce qui suit, peut-être pas...

Cette licence professionnelle est une alternative pour de nombreux étudiants qui n'avaient et n'ont pas les moyens de se payer une école de renom, dans lesquelles les profils des étudiants admis sont souvent similaires, aussi bien au niveau des formations initiales que des origines sociales. Cette alternative n'a, certes, pas le même prestige sur le CV mais autant de qualités que les autres formations, nous en sommes tous certains.

En France, une seule Université publique forme spécifiquement au journalisme de proximité : l'université Clermont-Ferrand 2 Blaise-Pascal. Elles étaient deux l'an passé avec l'université de Lorraine (licence professionnelle Journalisme et médias locaux). Si la formation de Vichy disparaît, plus aucun étudiant ne sera formé à la presse quotidienne régionale (PQR), voire locale, sans passer par le biais de formations privées et coûteuses.

IUT de Tours, de Lannion, école de Strasbourg, de Bordeaux... Ces écoles sont peu coûteuses mais le concours d'entrée n'est pas à la portée de tous. Combien de postulants ? 300 ? 500 ? Combien de places ? 20 ? 30 ? Le profil des étudiants est souvent le même que dans les écoles payantes. Et totalement différent de celui qui se trouve à Vichy. Et puis il y a les Masters, professionnels ou non. Mais là n'est pas la question car la licence de Vichy ne forme pas au bac +3/4. Toutes ces écoles forment à un moment donné à la PQR. Mais pas uniquement. Voilà la différence avec la LPJP de Vichy !

La presse quotidienne régionale ne se porte pas au mieux. De 150 titres après la Seconde Guerre mondiale, on n’en compte plus qu’une soixantaine actuellement. Globalement, la diffusion de la PQR est en baisse, de 2,1 milliards d’exemplaires en 1985 à 1,7 milliard en 2012. Comme dit précédemment, tous les étudiants n’ont pas les moyens de se payer une école reconnue par la profession. Certes, elles forment à la presse quotidienne régionale avec notamment l’obligation de faire son premier stage d’été de deux mois dans un titre régional, mais elles ne sont pas spécialisées sur ce type de presse pendant toute la durée de la formation. Si la formation s'arrête, qui reprendra au mieux le flambeau de la PQR sachant qu'une seule formation résistera au niveau de la presse régionale ? Cette formation concerne l'Ecole supérieure de journalisme de Lille avec sa filière presse hebdomadaire régionale (PHR), un autre type de presse. Coûteuse et très sélective, cette formation semble fermée pour de nombreux étudiants aspirants à être journalistes.

Dire adieu au Micro des Ailes et à notre diplôme

Mais ce n'est pas tout. Lors de la promotion 2015-2016, Le Micro des Ailes est né. Grâce à Juliette Moyer et Jonathan Verrier, journalistes à RCF Allier pour la première, et Radio Coquelicot pour le second, ainsi que tuteurs lors des projets tuteurés, ce projet au futur prometteur a intéressé de nombreuses personnes à travers la France entière. A tel point qu'il a remporté le Prix jeunes du concours organisé par Reporters d'espoirs et qu’il s’est exporté à Saint-Etienne, Aix-en-Provence et Lannion. Porté par les étudiants de l’an dernier et ceux de cette année, ce projet n'aurait plus qu'une seule année d'existence, emportant avec lui le journalisme de solution.

Nous avons bien compris que ce que vous voulez faire, c'est supprimer la licence professionnelle journalisme de proximité pour ouvrir, à la rentrée 2018-2019, un DUT information-communication en journalisme, voire un Master journalisme international. Mais dans quel but ? Avec quel contenu ? Une part égale d'information et de communication pour le DUT ? Un parti pris pour la presse locale ? Si c’est un DUT ou un Master professionnalisant, comme la licence, pourquoi pas. Mais qu’en est-il ?

Monsieur le président Bernard, de nombreux étudiants sont en recherche d'emploi en sortant de cette licence professionnelle. Si vous supprimez cette formation, non seulement vous privez les futurs candidats à cette formation de se construire un bagage, mais vous retirez aussi le bénéfice du diplôme aux étudiants sortis de cette formation.  En effet, comment justifier que la formation dont nous sommes diplômés n'existe plus ? Nous avons besoin de cette reconnaissance.

Remis à : Monsieur Mathias Bernard, Président de l’université Blaise-Pascal à Clermont-Ferrand, Madame Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Monsieur Thierry Mandon, secrétaire d’Etat en charge de la Recherche et de l’Enseignement supérieur.

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Maryne LE GOFFLanceur de pétition

Les décisionnaires

M. Mathias Bernard
M. Mathias Bernard
M. Thierry Mandon
M. Thierry Mandon

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