L’Etat ne doit pas abandonner les écoles d’art et de design

Le problème

L’État doit assurer l’égalité de traitement pour l’ensemble des écoles d’art et de design sous sa tutelle
 
L’école d’art de Valenciennes, fondée en 1782, a été amputée de plus du quart de son budget et risque la fermeture. Son prochain concours d’entrée est tout simplement annulé. Depuis le 18 janvier dernier, vingt écoles supérieures d’art et de design nationales et territoriales sur l’ensemble du territoire, se mobilisent pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et leurs inquiétudes.
 
Des budgets en baisse accompagnés de l’augmentation des coûts de l’énergie et de personnel conduisent à la disparition des moyens au service de la pédagogie dans certaines écoles (matériaux, conférences, workshops, voyages d'étude...), à la précarisation des personnels et même à des suppressions de postes (Angoulême, Besançon, Poitiers…) ainsi qu’à la hausse des frais d'inscription.
 
Cette crise vient fragiliser la cohésion du réseau national des écoles d’art et de design, fruit d’une histoire complexe, qui garantit un accès à un enseignement pour toutes et tous sur l’ensemble du territoire. Aussi, les 45 écoles supérieures d'art et design publiques n'ont pas toutes le même statut : 10 sont directement gérées et financées par l’État (Paris, Nice, Cergy, Bourges…) et 35, dites “territoriales”, sont financées en moyenne à hauteur de 12% seulement par l'État et 88% par les collectivités territoriales. 
 
Ces 35 écoles "territoriales" délivrent des diplômes nationaux du ministère de la Culture, de grade licence et master, les mêmes que ceux qui sont délivrés dans les écoles nationales. Pour cela, elles ont dû s’adapter et se réinventer afin de répondre aux nombreuses exigences et préconisations définies par le ministère de la culture et par le HCERES. Malgré tous ces efforts, elles sont purement laissées-pour-compte avec un écart qui se creuse de plus en plus dans l'action de l'État :
 - les dotations de l'État ont été gelées depuis douze ans (ce qui équivaut à une baisse de 14%) et sont inégalement réparties entre les différentes écoles
- le statut des enseignant-e-s (agents territoriaux) est obsolète et contradictoire avec leurs missions de l’enseignement supérieur 
- alors que les boursiers des écoles nationales sont exonérés des droits d’inscription, le Gouvernement a refusé en novembre 2022 le même droit aux élèves des écoles territoriales, en usant du 49.3 sur un amendement pourtant adopté par le Sénat et l’Assemblée nationale.
- les 35 écoles ont été exclues des dispositifs d'aide d'urgence (énergétique par exemple)
 
L’État est garant des diplômes et de la qualité des enseignements dans tous les établissements, alors il doit aussi garantir une égalité d’accès aux bourses et de l’exonération des frais d’inscription des étudiants boursiers. Par souci d’équité, il est donc crucial que les étudiant-e-s ne pâtissent pas de différences administratives qui ne les concernent pas et qui fragilisent l’accès à l’enseignement supérieur artistique et à l’égalité des chances. 
 
L'État comme cofondateur des écoles territoriales a une responsabilité quant à leur soutenabilité. En sa qualité de tutelle pédagogique et de certificateur des diplômes il ne peut cautionner un réseau à deux vitesses qui assure l’inégalité. D’autant que le maillage des écoles nationales est inégalement réparti avec 4 écoles nationales en région parisienne et aucune en Normandie, Bretagne et Pays de la Loire.
  
L'État ne peut rester silencieux devant des collectivités territoriales qui peinent à porter seules les diplômes de l'État. Ce silence génère un appauvrissement des enseignements des écoles territoriales qui conduira inexorablement à des fermetures. Nous affirmons que ce service public est essentiel, que ce réseau d'écoles permet un accès à l'enseignement artistique pour toutes et tous et l'émergence de talents issus de tous nos territoires et de toutes les classes sociales. Les écoles territoriales, de la même manière que les nationales, nourrissent les scènes artistiques et politiques culturelles. Dispensant des formations d’excellence, ouvertes sur les savoir-faire traditionnels, les nouvelles technologies, mais aussi les mutations de la société, elles forment une diversité de créatrices et créateurs à une échelle internationale. 
 
Afin que les écoles d'art et de design puissent continuer à dispenser un service public de qualité sur l’ensemble du territoire, il est crucial que l'État se réengage clairement en faveur de l'ensemble des établissements sous sa tutelle. Nous demandons donc au ministère de la Culture et aux autres ministères concernés, d’assurer la pérennité de ses missions d’enseignement et ainsi mieux accompagner les collectivités territoriales afin de trouver des solutions pour assurer le remboursement des frais d'inscription des étudiant-e-s boursier-e-s, une aide à la réfection des bâtiments, une revalorisation des statuts de l'ensemble des personnels et un alignement des statuts des enseignant-e-s des écoles d'art territoriales et nationales.

Designers et artistes signataires : Saadane Afif, Madeleine Aktypi, Joan Ayrton, Aurélien Bambagioni, Eric Baudelaire, Davide Bertocchi, Karina Bisch, Ronan Bouroullec, Erik Bullot, Ali Cherri, Claire Chevrier, Gaëlle Choisne, Didier Marcel, David-Michael Clarke, Clément Cogitore, Alain Declercq, Sirine Fattouh, Maïder Fortuné, Dominique Gonzalez-Foerster, Lola Gonzàles, Jeff Guess, Valérie Jouve, Pierre Joseph, Katia Kameli, Regine Kolle, Valérie Mréjen, Evariste Richer, Bojan Sarcevic, Bruno Serralongue, Kristina Solomoukha, Philippe Terrier-Hermann, Agnès Thurnauer, Olivier Vadrot, Marie Voignier…

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Philippe TERRIER-HERMANNLanceur de pétitionartista - professore - curatore
Cette pétition avait 3 404 signataires

Le problème

L’État doit assurer l’égalité de traitement pour l’ensemble des écoles d’art et de design sous sa tutelle
 
L’école d’art de Valenciennes, fondée en 1782, a été amputée de plus du quart de son budget et risque la fermeture. Son prochain concours d’entrée est tout simplement annulé. Depuis le 18 janvier dernier, vingt écoles supérieures d’art et de design nationales et territoriales sur l’ensemble du territoire, se mobilisent pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et leurs inquiétudes.
 
Des budgets en baisse accompagnés de l’augmentation des coûts de l’énergie et de personnel conduisent à la disparition des moyens au service de la pédagogie dans certaines écoles (matériaux, conférences, workshops, voyages d'étude...), à la précarisation des personnels et même à des suppressions de postes (Angoulême, Besançon, Poitiers…) ainsi qu’à la hausse des frais d'inscription.
 
Cette crise vient fragiliser la cohésion du réseau national des écoles d’art et de design, fruit d’une histoire complexe, qui garantit un accès à un enseignement pour toutes et tous sur l’ensemble du territoire. Aussi, les 45 écoles supérieures d'art et design publiques n'ont pas toutes le même statut : 10 sont directement gérées et financées par l’État (Paris, Nice, Cergy, Bourges…) et 35, dites “territoriales”, sont financées en moyenne à hauteur de 12% seulement par l'État et 88% par les collectivités territoriales. 
 
Ces 35 écoles "territoriales" délivrent des diplômes nationaux du ministère de la Culture, de grade licence et master, les mêmes que ceux qui sont délivrés dans les écoles nationales. Pour cela, elles ont dû s’adapter et se réinventer afin de répondre aux nombreuses exigences et préconisations définies par le ministère de la culture et par le HCERES. Malgré tous ces efforts, elles sont purement laissées-pour-compte avec un écart qui se creuse de plus en plus dans l'action de l'État :
 - les dotations de l'État ont été gelées depuis douze ans (ce qui équivaut à une baisse de 14%) et sont inégalement réparties entre les différentes écoles
- le statut des enseignant-e-s (agents territoriaux) est obsolète et contradictoire avec leurs missions de l’enseignement supérieur 
- alors que les boursiers des écoles nationales sont exonérés des droits d’inscription, le Gouvernement a refusé en novembre 2022 le même droit aux élèves des écoles territoriales, en usant du 49.3 sur un amendement pourtant adopté par le Sénat et l’Assemblée nationale.
- les 35 écoles ont été exclues des dispositifs d'aide d'urgence (énergétique par exemple)
 
L’État est garant des diplômes et de la qualité des enseignements dans tous les établissements, alors il doit aussi garantir une égalité d’accès aux bourses et de l’exonération des frais d’inscription des étudiants boursiers. Par souci d’équité, il est donc crucial que les étudiant-e-s ne pâtissent pas de différences administratives qui ne les concernent pas et qui fragilisent l’accès à l’enseignement supérieur artistique et à l’égalité des chances. 
 
L'État comme cofondateur des écoles territoriales a une responsabilité quant à leur soutenabilité. En sa qualité de tutelle pédagogique et de certificateur des diplômes il ne peut cautionner un réseau à deux vitesses qui assure l’inégalité. D’autant que le maillage des écoles nationales est inégalement réparti avec 4 écoles nationales en région parisienne et aucune en Normandie, Bretagne et Pays de la Loire.
  
L'État ne peut rester silencieux devant des collectivités territoriales qui peinent à porter seules les diplômes de l'État. Ce silence génère un appauvrissement des enseignements des écoles territoriales qui conduira inexorablement à des fermetures. Nous affirmons que ce service public est essentiel, que ce réseau d'écoles permet un accès à l'enseignement artistique pour toutes et tous et l'émergence de talents issus de tous nos territoires et de toutes les classes sociales. Les écoles territoriales, de la même manière que les nationales, nourrissent les scènes artistiques et politiques culturelles. Dispensant des formations d’excellence, ouvertes sur les savoir-faire traditionnels, les nouvelles technologies, mais aussi les mutations de la société, elles forment une diversité de créatrices et créateurs à une échelle internationale. 
 
Afin que les écoles d'art et de design puissent continuer à dispenser un service public de qualité sur l’ensemble du territoire, il est crucial que l'État se réengage clairement en faveur de l'ensemble des établissements sous sa tutelle. Nous demandons donc au ministère de la Culture et aux autres ministères concernés, d’assurer la pérennité de ses missions d’enseignement et ainsi mieux accompagner les collectivités territoriales afin de trouver des solutions pour assurer le remboursement des frais d'inscription des étudiant-e-s boursier-e-s, une aide à la réfection des bâtiments, une revalorisation des statuts de l'ensemble des personnels et un alignement des statuts des enseignant-e-s des écoles d'art territoriales et nationales.

Designers et artistes signataires : Saadane Afif, Madeleine Aktypi, Joan Ayrton, Aurélien Bambagioni, Eric Baudelaire, Davide Bertocchi, Karina Bisch, Ronan Bouroullec, Erik Bullot, Ali Cherri, Claire Chevrier, Gaëlle Choisne, Didier Marcel, David-Michael Clarke, Clément Cogitore, Alain Declercq, Sirine Fattouh, Maïder Fortuné, Dominique Gonzalez-Foerster, Lola Gonzàles, Jeff Guess, Valérie Jouve, Pierre Joseph, Katia Kameli, Regine Kolle, Valérie Mréjen, Evariste Richer, Bojan Sarcevic, Bruno Serralongue, Kristina Solomoukha, Philippe Terrier-Hermann, Agnès Thurnauer, Olivier Vadrot, Marie Voignier…

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Philippe TERRIER-HERMANNLanceur de pétitionartista - professore - curatore

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Pétition lancée le 14 février 2023