“Madame, Monsieur,
Par cette pétition vous avez souhaité m’alerter sur vos inquiétudes suscitées par le projet immobilier d’immeubles R+6, envisagé par la société Nouveau Logis Méridional, en remplacement d’un ensemble de maisons en R/R+1, sur des parcelles se situant à l’angle de l’avenue Albert Bedouce et de la rue Jeanne Marvig, à proximité immédiate de l’école élémentaire Saouzelong.
J’ai bien noté les différentes craintes que vous formulez en tant que parents d’élèves fréquentant cet établissement, et qui vous conduisent à demander la révision du projet tel qu’il est envisagé.
Par ailleurs, j’ai entendu vos craintes sur les risques de santé que pourrait présenter cette opération pour vos enfants et, le père de famille que je suis, les comprend parfaitement. Je vous remercie de m’en avoir fait part personnellement, ce qui me permet de vous répondre.
Dès réception de votre courrier pétitionnaire, je l’ai immédiatement transmis à ma collègue Annette LAIGNEAU, Adjointe au Maire en charge de la coordination des politiques d’urbanisme et d’aménagement, afin qu’elle m’adresse un point précis sur cette situation.
Cette opération, menée par le Nouveau Logis Méridional, prévoit la revalorisation de leur patrimoine immobilier vieillissant et témoigne de la volonté de réinscrire le quartier dans la ville.
Dans ce contexte, le Nouveau Logis Méridional propose un projet global de renouvellement urbain de la cité de Saouzelong. En effet, le quartier s’inscrit dans les études sectorielles en « territoire à renouveler », qui constitue une possible évolution du tissu par surélévation, démolition, reconstruction.
Il est certain que la densité très faible que l’on peut constater dans le quartier de Saouzelong ainsi que la proximité du métro rendent souhaitable une plus grande constructibilité.
D’autre part, la position géographique de ce quartier dans un secteur résidentiel, à proximité du Canal du Midi, rend nécessaire une opération de renouvellement urbain exceptionnel, avec une requalification de l’avenue Albert Bedouce.
Comme vous l’aurez vous-même mesuré, le patrimoine immobilier du Nouveau Logis Méridional concerné est vieillissant. De nombreux appartements sont obsolètes et la réhabilitation n’est absolument pas possible, ce qui a rendu nécessaire l’opération de démolition/reconstruction.
Le Nouveau Logis Méridional possède 500 logements et envisage de manière significative d’augmenter ce nombre. Je peux vous préciser que, sur ces 500 logements, 140 vont être réhabilités et 360 sont destinés à être démolis.
Sur ce point, j’ai noté vos craintes de voir votre cadre de vie dégradé par l’arrivée de nouveaux habitants, mais sachez que la priorité est donnée au relogement des gens du quartier, qui vont ainsi bénéficier de meilleures conditions de logement.
Les habitants des 360 logements à démolir seront donc les premiers bénéficiaires des nouveaux logements construits.
Le Nouveau Logis Méridional va donc mener une opération de démolition/reconstruction, qui va s’étaler sur plusieurs années et comprend :
- la réhabilitation de l’immeuble au 115 avenue Albert Bedouce,
- la création d’une façade urbaine attractive, porte d’entrée du quartier,
- une réflexion autour de la place du métro qui permettrait d’offrir un véritable espace public,
- l’aménagement de nouveaux locaux pour des commerces de proximité,
- une réflexion pour repenser les barres de logements collectifs qui cernent la place du métro,
- une meilleure visibilité et accessibilité des équipements publics existants, tels que le boulodrome, le groupe scolaire, …
- la mise en valeur de l’espace boisé qui sépare la cité et le Centre d’Elaboration de Matériaux et d’Etudes structurales (CEMES).
Dans le cadre de cette opération, je peux vous indiquer qu’à ce jour, deux permis de construire ont été déposés au sein des services de la Collectivité.
Le premier permis N° 17C0773, déposé le 3 novembre 2017, concerne la construction de 93 logements répartis en 15 logements individuels, devant remplacer des logements démolis, et 78 logements collectifs, allant du T2 au T4 (précédé par le PD170057 pour la démolition de 23 logements sur la même parcelle). Les logements collectifs sur l’avenue Albert Bedouce sont constitués au rez-de-chaussée de locaux destinés à diverses activités, à définir selon les besoins du quartier, commerces, cabinet médical…
Enfin, le 20 décembre 2017, le permis de construire n° 17C0974 a été déposé pour la réhabilitation de 140 logements, qui devraient bénéficier d’une isolation de qualité, de la création de loggias, d’un alignement des façades de commerces et d’une réécriture architecturale.
Je vous précise que ces permis sont actuellement en cours d’instruction et s’inscrivent donc dans la première phase de cette opération d’ensemble.
Le 16 janvier dernier, une réunion de présentation a été organisée avec les parents d’élèves de l’école, au cours de laquelle toutes les dispositions prévues pour le chantier ont été présentées par le Nouveau Logis Méridionnal (NLM).
Ainsi, il a été indiqué que préalablement à la démolition des diagnostics obligatoires amiante, plomb et termites ont été réalisés.
Du compte-rendu qui a été restitué, il ressort que des traces de plomb sont présentes dans la peinture des volets métalliques des fenêtres, mais il ne s’agit pas de matériaux volatils et les volets seront déposés de façon normale.
Aucun relevé de termites n’a été fait et, s’agissant de l’amiante, elle est présente dans quelques conduits de fluides ou d’aération, dans quelques revêtements de sols (dalles) et quelques revêtements de murs (colle de faïence). Là encore, il ne s’agit pas de matériaux volatils.
Comme cela a été indiqué, toutes les mesures sont prises par le NLM pour réaliser la déconstruction, et non pas la démolition, selon la législation en vigueur.
Il s’agit donc de débuter par une déconstruction sélective de tous les équipements (portes, baignoires, lavabo, mobilier…), puis de procéder au désamiantage du bâtiment par la dépose des matériaux identifiés selon les prescriptions spécifiées pour l’évacuation des matériaux amiantés.
Ceux-ci ne sont pas volatils et ne représentent pas de danger pour les riverains. Pour les salariés intervenant sur le chantier, le bâtiment sera confiné et les déchets seront également stockés dans des « bigs bags » prévus à cet effet pour le transport.
Pour mener à bien cette déconstruction à la suite de l’appel d’offres qui sera lancé par NLM, une entreprise agréée sera désignée pour le lot déconstruction/désamiantage.
Sachez que ce type d’opération est particulièrement encadré par la loi.
L’entreprise devra établir un « plan de retrait » explicitant les mesures prises pour la déconstruction selon les prescriptions des rapports des diagnostics.
Ce plan de retrait sera soumis à la CARSAT et à l’inspection du travail, qui doivent émettre un avis sous un mois. Une fois le plan de retrait validé, l’entreprise commence la déconstruction.
Pendant la phase de déconstruction, le chantier sera visité par l’inspection du travail, et suivi par un Coordinateur agréé en matière de Sécurité et Protection de la Santé mandaté par la Maîtrise d’ouvrage et la Maîtrise d’œuvre de façon à garantir le respect des dispositions de sécurité. Ces précautions concernent les salariés qui enlèvent les matériaux amiantés.
S’agissant plus particulièrement de la gestion de ce chantier, il a été convenu, lors de la réunion avec les parents d’élèves, que le NLM donnera l’ordre de service de la phase déconstruction pendant les vacances scolaires, ce qui répond à votre demande.
Par ailleurs, des mesures seront mises en place pour éviter la poussière et limiter le bruit.
Ces dispositions seront également contrôlées de façon régulière par la maîtrise d’œuvre et le Coordinateur Sécurité et Protection de la Santé.
Le NLM s’est également engagé à communiquer sur les grandes phases de chantier lors de rencontres périodiques, de façon à avertir le personnel de l’école.
Le survol de la grue sera interdit au-dessus de l’emprise foncière de l’école.
Un Plan Général de Coordination (PGC) a été rédigé par le Coordinateur Sécurité et Protection de la Santé et sera fourni aux entreprises lors des consultations. Il prévoit toutes les dispositions de sécurité et de protection de la santé, au regard de la gestion des matériaux ou matériels à risques particuliers (amiante…), la co-activité entre entreprises et envers les riverains, une clôture périphérique opaque aux abords de l’école, la fermeture du chantier au public : seules les personnes autorisées pourront accéder au chantier, avec des équipements de protection individuels réglementaires…
Voilà les informations que je souhaitais vous faire parvenir et qui devraient être de nature à rassurer chaque parent quant à cette opération.
Sachez que mes services seront également très vigilants et suivront l’avancée de ce dossier avec attention.
Enfin, j’ai demandé à ma collègue Marion LALANE - de LAUBADERE, Adjointe au Maire en charge de la coordination des affaires scolaires, de s’assurer en lien avec la direction de l’Education du bon nettoyage des locaux.
Par ailleurs, et pour sa parfaite information, j’ai également rendu destinataire de cette pétition ma collègue Florie LACROIX, que j’ai désignée Maire de ce quartier. Elle est à votre disposition, si vous le souhaitez, pour évoquer plus avant toute question vous tenant à cœur concernant ce secteur.
En effet, dès mon arrivée au Capitole, j’ai voulu le rétablissement des Maires de quartier pour retrouver cette proximité indispensable entre élus et citoyens. J’espère sincèrement que le dialogue ainsi renoué permettra d’améliorer sensiblement la communication entre la Municipalité et les Toulousains.
Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Jean-Luc MOUDENC”