PACES: prise en compte seulement des classements du S1 suppression du S2

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Le concours PACES est déjà réputé pour être un concours particulièrement difficile. Face à la crise sanitaire liée au coronavirus, des mesures gouvernementales ont été prises reportant la date butoir du concours de deux mois minimum. Initialement prévu fin avril, puis fin mai, un nouveau  communiqué de presse du ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé le report de l’échéance à la troisième semaine de juin. 

Si d’un point de vue organisationnel, cette annonce tient à assurer « la tenue de l’ensemble de ces concours et examens dans les meilleures conditions », c’est un coup de massue supplémentaire pour les étudiants, qui dénoncent les inégalités suscitées par le prolongement de cet investissement additionnel aux efforts incommensurables. 

Tout d’abord s’imposent les inégalités face aux conditions de travail. Les bibliothèques universitaires permettent à tous de pouvoir travailler dans des conditions optimales. Or, après la fermeture des lieux publics et des mesures instaurées par le confinement, les étudiants sont confrontés à deux alternatives: être confiné seul dans son hébergement, ce qui occasionne anxiété et dépression ou être confiné avec ses proches, sans avoir forcément la chance de posséder son propre espace de travail, ni de disposer d’un cadre calme, favorable à la concentration requise pour réussir un tel concours.

Face à ces conditions inégales d’apprentissage, les résultats au concours du second semestre ne seront qu’avant tout le reflet du cadre environnemental des candidats, contrairement aux résultats du premier semestre, où les étudiants disposaient des mêmes chances de réussite.

En effet, la dynamique de travail instaurée après ces annonces n’a plus aucune cohérence. Les universités n’étant plus en mesure d’assurer les enseignements académiques, ces derniers ont pris fin le 13 mars 2020. 

75% de ces cours seront donc évalués en l’espace de 6 mois, contre 4 d’ordinaire. Autant dire que le rapport « quantité des apprentissages / temps de révision » est totalement déséquilibré. L’intensité du second semestre s’étale en long, en large et en travers pour qu’au final, l’avance prise par certains soit insignifiante, tout comme le retard pris par d’autres.

Deux mois supplémentaires d’acharnement, c’est remettre les compteurs à zéro, c’est repousser la ligne d’arrivée alors que la course est sur le point de s’achever. C’est surtout ahurissant quand on sait qu’en PACES, chaque seconde compte. Le tri sélectif sera encore moins fondé sur l’apprentissage et sur les connaissances acquises, car tous auront eu le temps de les ingurgiter, mais sur le détail, à l’item près, sur les conditions environnementales, sur l’endurance du moral et du mental des étudiants, mis à l’épreuve plus que jamais. Cette pression psychologique est d’autant plus forte pour les doublants et les triplants, déjà à bout de souffle, qui sont dans l’impossibilité d’envisager un triplement en cas d’échec. 

Il n’est évidemment pas concevable d’organiser un concours aux dates initialement prévues dans les conditions actuelles, au regard de la pandémie et des mesures de précautions prises contre la propagation du virus, mais la pression psychologique qui accable chaque étudiant en PACES n’est pas à négliger.

Statistiquement, les dés sont déjà jetés lors du classement initial de janvier et celui-ci ne fluctue qu’exceptionnellement après l’épreuve finale. Ce que nous souhaitons, c’est axer la réussite de cette année sur les résultats du premier semestre et supprimer le concours du deuxième semestre au vue des circonstances actuelles. On pourrait aussi autoriser le triplement aux doublants classés près du numérus clausus au premier semestre. C’est une telle mesure qui garantira l’égalité des chances et de réussite à tous les étudiants.