Rouvrez nos universités !

Cette pétition avait 59 signataires

Le problème

Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Madame la Ministre de l'Enseignement Supérieur,

Après de nombreuses mesures de sécurités prises par votre gouvernement depuis ces derniers mois, les différentes dispositions mises en place au sein de notre société et notre nation pour mener cette lutte contre la pandémie de Covid-19, vous avez décidé d'avoir recours à un déconfinement progressif ce mardi 24 novembre 2020, amenant les commerces non-essentiels à rouvrir, les activités culturelles à reprendre, les lycées et niveaux précédents à revenir à un rythme ordinaire. Je m'étonne donc de ne pas voir mon université rouvrir ses portes.

Je suis personnellement depuis septembre dernier en première année d'une licence à Lille. J'ai donc dû, comme de nombreux autres nouveaux étudiants, me contenter d'un diplôme du baccalauréat obtenu par contrôle continu. Certains diront que nous avons été une promotion "chanceuse", de par une augmentation de points liés à la supposition d'un pourcentage de réussite supérieur à cette épreuve. Cependant, d'autres dont moi-même n'ont pas vu cela de la même manière. L'épreuve dont nous avons entendu parler durant toute notre vie et dont nous avons dû nous abstenir de passer en raison des circonstances, se résume à un diplôme perçu comme non-mérité pour beaucoup. Ces circonstances étant exceptionnelles, je conçois la nécessité de prendre de telles mesures de votre part. Seulement, le sentiment de ne pas avoir passé une étape de notre vie a surgi depuis, et la volonté de réussir dans le supérieur s'est d'autant plus accrue. 

Ayant cherché ma voie depuis toujours, j'ai enfin trouvé un parcours qui me plait et m'intéresse. Les mesures de sécurité demandées dès la rentrée dans mon université ont été respectées. En effet, les masques étaient bien évidemment obligatoires, des capteurs pour prendre notre température ont été installés à chaque entrée dans les bâtiments, ainsi que des distributeurs de gel hydroalcooliques. Les amphithéâtres ont été réorganisés, les étudiants disposants de deux mètres de distance entre eux. Les classes nécessitant moins d'étudiants et étant plus étroites, il a dans un premier temps été décidé que nous ne serions plus que la moitié de l'effectif prévu dans ces salles. Après les premières annonces, ces classes ont encore été dédoublées, abaissant le nombre d'environ 40 étudiants par salle à 10. Un certain nombre de mesures qui n'ont pas été réjouissantes, d'autant plus que nous venions d'arriver sur des lieux nouveaux, où l'on étudiait de nouvelles matières, et où l'on ne connaissait personne.

Les autres étudiants de la faculté et moi-même n'avons jamais pensé que ces mesures seraient tout de même insuffisantes et qu'il aurait fallu fermer pour de longs mois ces lieux d'apprentissage. Bien sûr, les universités rassemblent un nombre conséquents d'individus ; seulement, je tenais à vous préciser, même si vous devez déjà le savoir, que le problème de propagation dans le supérieur est majoritairement relatif aux soirées étudiantes, et autres rassemblements dont les universités ne sont pas en mesure de contrôler. Effectivement, nos universités ont fermé le 29 octobre dernier, comme plusieurs autres institutions. Les universités sont à l'évidence des sources de propagation du virus, mais je m'étonne aujourd'hui de voir que toutes les autres institutions qui forment notre société vont pouvoir de nouveau ouvrir leurs portes au fur et à mesure, de surcroit avant nos lieux d'études. Théâtres, cinémas, salles de sport, lycées, lieux de prières...

En outre, ayant un parent professeur dans un lycée d'Ile de France, mon étonnement s'amplifie quand j'apprends que celui-ci n'a pris aucune mesure de respect des gestes barrières depuis le début de l'épidémie. Les élèves sont entassés à 35 dans des salles de 50 mètres carré, ce qui équivaut à 0,7 mètre carré par élève, soit la surface minimale admise par la loi. Quelques distributeurs de gel hydroalcooliques ont été placés dans les couloirs, mais à part des masques en tissu composé de zéolithe d’argent, un biocide considéré comme toxique pour la santé et l’environnement, aucun matériel n'a été fourni ni dans les salles d'enseignement, ni aux enseignants eux-mêmes. En temps de crise sanitaire, ces dispositions me paraissent stupéfiantes.

Ma consternation conjuguée aux récentes annonces concernant la réouverture en dernier lieu des universités est inimaginable. L'information de la réouverture des salles de concert avant celle des enseignements supérieurs a été portée à ma connaissance aujourd'hui, et je n'arrive pas à croire que cela est possible. Je conçois que les activités culturelles et festives aient un rôle important dans la mesure où elles empêchent l'apparition de syndromes dépressifs, néanmoins je ne crois pas qu'empêcher la réouverture des universités soit bénéfique pour notre santé mentale. Nous sommes l'avenir. Nous avons besoin de disposer de conditions propices pour apprendre. Nous avons envie d'apprendre. Et ces conditions de cours à distance ne sont pas favorables au développement de nos connaissances. 

La distanciation amène certains professeurs à rajouter encore plus de travail qu'avant, et parfois même à nous dévaloriser et nous rabaisser. Les professeurs aussi ont besoin d'un encadrement dynamisant et vivant. Certaines ont déjà annoncé leur fermeture jusqu'à la fin de l'année universitaire ! Aujourd'hui nous ne pouvons pas aller étudier pour nous créer un avenir, mais nous pouvons aller prier pour qu'il ne soit pas trop ignoble ? Les classes préparatoires sont, elles, également encore accessibles. Pourquoi pas les universités ? Pour quelles raisons sommes-nous les derniers à reprendre une activité, même partielle ? De nombreuses incohérences persistent dans les mesures prises par vos soins, et cela me révolte. Cela est à mes yeux injuste. Je ne comprends pas que l'on puisse aller skier ou voir un concert avant d'ouvrir les établissements nécessaires au développement de l'intellect des jeunes de notre société. 

S'il vous plait, rouvrez nos universités. Rouvrez-les, avant les activités qui sont peut-être moins impératives. Ce sont les bases de nos futures vies qui sont en jeu.

avatar of the starter
Emma LEBLONDLanceur de pétition

Les décisionnaires

Jean Castex
Premier Ministre
Frederique vidal
Frederique vidal
Ministre de l’enseignement superieur

Message aux signataires

Partager la pétition

Pétition lancée le 26 novembre 2020