Des coups de feu dans notre quartier
Des coups de feu dans notre quartier
Le problème
À l’attention de Sophie Joassain, Madame le Maire,
Nous vous écrivons collectivement, en tant que résidents du village des Milles, avec la gravité que commande la situation que nous allons vous exposer.
Dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 avril 2026, des coups de feu ont été tirés dans le secteur compris entre la rue du Pont et la rue Mazella. Les forces de l'ordre — BAC, police municipale et police nationale — sont intervenues. Les faits sont établis et documentés.
Nous tenons à vous dire clairement, Madame le Maire, ce qui nous a motivés à prendre la plume ce jour : la peur qu'un innocent meure.
Pas une peur abstraite. Une peur concrète, ancrée dans la réalité de notre quotidien. Des enfants dorment à quelques mètres de l'endroit où des coups de feu ont retenti cette nuit-là. Des familles, des personnes âgées, des passants empruntent chaque jour ces rues. Une balle perdue ne choisit pas sa victime. Et nous refusons d'attendre qu'un drame irréparable se produise pour que ce secteur soit enfin traité avec la priorité qu'il mérite.
Il vaut mieux prévenir que tenter de guérir l'inguérissable. C'est le seul objet de cette lettre.
Cet incident n'est pas isolé. Il est le symptôme d'une dégradation profonde et durable d'un périmètre précis de notre quartier, que nous subissons depuis trop longtemps.
Au cœur de ce secteur existe une enclave de logements en état d'insalubrité avérée, dont certains constituent un danger structurel pour leurs occupants. Ce patrimoine, appartenant à une propriétaire aujourd'hui placée sous tutelle, fait l'objet de démarches engagées par la Ville pour en reprendre la gestion et reloger les familles concernées — démarches que nous comprenons et respectons dans leur principe.
Mais dans les faits, le processus est trop lent. Ces logements font l'objet d'une sous-location non encadrée et sont occupés dans des conditions de surpopulation alarmantes : des surfaces de 20 à 25 m² hébergeant plusieurs adultes et enfants, dont des femmes enceintes. Cette situation crée un terreau documenté d'économie souterraine — trafic de stupéfiants et activités illicites observés de façon récurrente par l'ensemble des riverains.
Nous précisons que plusieurs d'entre nous ont eux-mêmes alerté les forces de l'ordre dans la nuit du 27 au 28 avril. Nous ne sommes pas des spectateurs passifs. Nous sommes des citoyens organisés, qui font leur part — et qui demandent à la Ville de faire la sienne.
La fusillade de cette nuit marque un seuil. Nous ne pouvons pas, et nous ne voulons pas, attendre qu'un enfant, un voisin, un passant soit touché par une balle perdue pour que des mesures soient prises. Ce serait une faute collective. Nous ne voulons pas enterrer quelqu'un.
En conséquence, Madame le Maire, nous vous demandons formellement et urgemment :
1. L'installation de caméras de vidéosurveillance à tous les accès du secteur concerné, dans les meilleurs délais ;
2. La réalisation d'un diagnostic officiel et accéléré de l'état des biens insalubres, afin de justifier juridiquement et d'accélérer concrètement le relogement des familles dans des conditions dignes ;
3. Une action ferme et coordonnée des services de l'État pour mettre fin aux activités illicites constatées dans ce périmètre, et procéder si nécessaire à l'éviction des individus dont le comportement met en danger la sécurité publique ;
4. L'organisation d'une réunion publique avec les services municipaux compétents dans un délai de 30 jours, afin que nous puissions obtenir des réponses concrètes et un calendrier d'action.
Nous ne demandons pas l'impossible. Nous demandons ce à quoi tout citoyen a droit : vivre en sécurité dans sa ville, sans craindre qu'un drame vienne frapper l'un des nôtres.
Si ces demandes ne trouvaient pas d'écho auprès de vos services dans un délai raisonnable, nous nous réserverions le droit de porter cette situation à la connaissance des médias locaux et nationaux, afin que ce dossier reçoive l'attention qu'il mérite.
Nous restons à votre disposition et espérons que cette lettre trouvera auprès de vous l'attention urgente qu'elle requiert.
Dans l'attente de votre réponse,
Les résidents du village des Milles
Aix-en-Provence

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Le problème
À l’attention de Sophie Joassain, Madame le Maire,
Nous vous écrivons collectivement, en tant que résidents du village des Milles, avec la gravité que commande la situation que nous allons vous exposer.
Dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 avril 2026, des coups de feu ont été tirés dans le secteur compris entre la rue du Pont et la rue Mazella. Les forces de l'ordre — BAC, police municipale et police nationale — sont intervenues. Les faits sont établis et documentés.
Nous tenons à vous dire clairement, Madame le Maire, ce qui nous a motivés à prendre la plume ce jour : la peur qu'un innocent meure.
Pas une peur abstraite. Une peur concrète, ancrée dans la réalité de notre quotidien. Des enfants dorment à quelques mètres de l'endroit où des coups de feu ont retenti cette nuit-là. Des familles, des personnes âgées, des passants empruntent chaque jour ces rues. Une balle perdue ne choisit pas sa victime. Et nous refusons d'attendre qu'un drame irréparable se produise pour que ce secteur soit enfin traité avec la priorité qu'il mérite.
Il vaut mieux prévenir que tenter de guérir l'inguérissable. C'est le seul objet de cette lettre.
Cet incident n'est pas isolé. Il est le symptôme d'une dégradation profonde et durable d'un périmètre précis de notre quartier, que nous subissons depuis trop longtemps.
Au cœur de ce secteur existe une enclave de logements en état d'insalubrité avérée, dont certains constituent un danger structurel pour leurs occupants. Ce patrimoine, appartenant à une propriétaire aujourd'hui placée sous tutelle, fait l'objet de démarches engagées par la Ville pour en reprendre la gestion et reloger les familles concernées — démarches que nous comprenons et respectons dans leur principe.
Mais dans les faits, le processus est trop lent. Ces logements font l'objet d'une sous-location non encadrée et sont occupés dans des conditions de surpopulation alarmantes : des surfaces de 20 à 25 m² hébergeant plusieurs adultes et enfants, dont des femmes enceintes. Cette situation crée un terreau documenté d'économie souterraine — trafic de stupéfiants et activités illicites observés de façon récurrente par l'ensemble des riverains.
Nous précisons que plusieurs d'entre nous ont eux-mêmes alerté les forces de l'ordre dans la nuit du 27 au 28 avril. Nous ne sommes pas des spectateurs passifs. Nous sommes des citoyens organisés, qui font leur part — et qui demandent à la Ville de faire la sienne.
La fusillade de cette nuit marque un seuil. Nous ne pouvons pas, et nous ne voulons pas, attendre qu'un enfant, un voisin, un passant soit touché par une balle perdue pour que des mesures soient prises. Ce serait une faute collective. Nous ne voulons pas enterrer quelqu'un.
En conséquence, Madame le Maire, nous vous demandons formellement et urgemment :
1. L'installation de caméras de vidéosurveillance à tous les accès du secteur concerné, dans les meilleurs délais ;
2. La réalisation d'un diagnostic officiel et accéléré de l'état des biens insalubres, afin de justifier juridiquement et d'accélérer concrètement le relogement des familles dans des conditions dignes ;
3. Une action ferme et coordonnée des services de l'État pour mettre fin aux activités illicites constatées dans ce périmètre, et procéder si nécessaire à l'éviction des individus dont le comportement met en danger la sécurité publique ;
4. L'organisation d'une réunion publique avec les services municipaux compétents dans un délai de 30 jours, afin que nous puissions obtenir des réponses concrètes et un calendrier d'action.
Nous ne demandons pas l'impossible. Nous demandons ce à quoi tout citoyen a droit : vivre en sécurité dans sa ville, sans craindre qu'un drame vienne frapper l'un des nôtres.
Si ces demandes ne trouvaient pas d'écho auprès de vos services dans un délai raisonnable, nous nous réserverions le droit de porter cette situation à la connaissance des médias locaux et nationaux, afin que ce dossier reçoive l'attention qu'il mérite.
Nous restons à votre disposition et espérons que cette lettre trouvera auprès de vous l'attention urgente qu'elle requiert.
Dans l'attente de votre réponse,
Les résidents du village des Milles
Aix-en-Provence

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Pétition lancée le 2 mai 2026