Demande d'adaptation des conditions d’enseignement à l'INSPÉ Grenoble

Victoire

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Le problème

Madame, Monsieur,
Nous, professeurs stagiaires à mi-temps de l’académie de Grenoble, vous écrivons cette lettre pour demander collectivement une adaptation des conditions d’enseignement à l'INSPÉ. En particulier, nous demandons l’organisation d’autant de cours que possible en visioconférence hybride, c’est-à-dire en combinant présence physique possible et visioconférence pour celles et ceux qui en ont besoin.
Nous demandons aussi une réduction de l’amplitude horaire des journées.

Nous entendons et comprenons que cette rentrée est exceptionnelle à plusieurs égards pour l’INSPÉ comme pour le rectorat. Nous sommes d’ailleurs les premiers à souffrir de la désorganisation qui en résulte :

  • amphithéâtres trop petits pour accueillir la promotion entière (par exemple : mardi 01/09)
  • salles trop petites pour les groupes (par exemple : parcours anglais mercredi 09/09)
  • absence de professeur pendant une heure après le début des cours par manque d’organisation (mardi 08/09)
  • professeurs de leur propre aveu prévenus la veille au soir ou le jour même qu’ils devaient faire cours
  • absence d’information sur le système de notation qui sera mis en place
  • supports de cours informatiques toujours pas mis à disposition de tous les élèves sur la plateforme LEO à cette date
  • inégalités flagrantes entre les groupes quant aux horaires de TD, avec certains groupes ayant jusqu’à 4h de pause entre leurs deux cours d’une journée

Le grand nombre de stagiaires dans notre promotion entraîne aussi une multiplication des
situations particulières et problématiques pour suivre dans des conditions acceptables
les cours de l’INSPÉ :

  •  personnes à mobilité réduite ou en situation de handicap
  • stagiaires ayant à charge des enfants en bas âge sans solution de garde
  •  stagiaires vivant loin de Grenoble (seul site INSPÉ d’une académie de cinq départements) ou dans des zones mal desservies par les transports en commun
  • stagiaires obligés de suivre leur formation à l’INSPÉ de Lyon, ou stagiaires nommés dans l’académie de Lyon obligés de venir à Grenoble
  • stagiaires obligés de s’endetter dans l’attente du premier salaire pour pouvoir assurer leurs obligations professionnelles...

Cette liste ne prétend pas être exhaustive ; c’est justement les nombreuses situations particulières qui motivent aujourd’hui nos demandes.

Les longs trajets bihebdomadaires sont épuisants pour les organismes et coûtent chers. Dans une académie montagneuse, l’arrivée de l’hiver ne fera qu'aggraver ces enjeux de déplacements longs, difficiles et imprévisibles. Même si le temps de trajet ne peut être considéré comme du temps de travail, l'employeur public doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des agents.
Ces trajets répétés vont par ailleurs à l’encontre des engagements de l’UGA de favoriser les mobilités douces et écologiquement responsables puisque certains trajets sont impossibles à faire en train au vu des horaires demandés par l’emploi du temps et de l’absence de fiabilité de la SNCF.

Au vu de cette situation intenable, et puisque nous avons à cœur de suivre notre enseignement à l’INSPÉ dans de bonnes conditions, nous vous demandons de mettre en place des cours en visioconférence aussi souvent que cela est possible. Cela permettrait de soulager la charge en temps et en argent qui pèse trop lourd sur certain(e)s d’entre nous.
Deux options nous apparaissent possibles :

  • la mise à disposition pour tous les stagiaires qui le souhaitent d’un lien pour suivre le cours et y participer à distance, ou bien
  • la réouverture des sites d’Annecy, de Valence et de Chambéry et la mise à disposition d’une salle dans chacun de ces sites, vers laquelle le cours serait retransmis en visioconférence, pour que ceux et celles qui habitent plus proche de l’un de ces sites puissent limiter leurs trajets.

Cette deuxième option favoriserait le contrôle de l’assiduité, mais aussi la mise en place d’un réseau de professeurs ancrés dans un même territoire.

De notre côté, nous nous engageons à suivre ces cours en visioconférence et à participer lorsque cela est demandé par nos professeurs. Tous ceux et toutes celles qui le peuvent continueront à assister aux cours en présence physique, d’où notre demande de système hybride.

Nous souhaitons également vous demander s’il est possible de réduire les amplitudes horaires des journées, en limitant les pauses méridiennes à 1h30 au maximum.

Ces demandes collectives sont motivées par notre souci de pouvoir nous former à notre métier en préservant notre santé physique, mentale et financière, afin de devenir des professeurs titulaires qui exerceront longtemps les fonctions dans lesquelles nous nous sommes engagé(e)s. Si elles ne sont pas entendues, nous réfléchirons collectivement à de futures actions en espérant faire entendre raison à ceux qui ont le pouvoir de prendre cette décision.

Bien à vous,
Les professeurs stagiaires à mi-temps de l’académie de Grenoble, promotion 2026/27.

Repères juridiques et institutionnels
Les références ci-dessous fondent l'argumentaire sans prétendre qualifier juridiquement chaque situation individuelle. Elles permettent d'établir que la santé et la sécurité au travail s'imposent à l'employeur public, que l'organisation du travail doit intégrer la prévention et que la réduction des déplacements constitue un levier reconnu de prévention du risque routier.

1. Décret n° 82-453 du 28 mai 1982, article 3
Application aux administrations de l'État des règles de santé et de sécurité prévues aux livres Ier à V de la quatrième partie du Code du travail relatifs aux règles de santé et de sécurité.

2. Code du travail, articles L. 4121-1 et L. 4121-2
Obligation de sécurité et de protection de la santé physique et mentale ; actions de prévention ; organisation et moyens adaptés ; principes généraux de prévention.

3. Décret n° 2000-815 du 25 août 2000, article 3
Garanties minimales : durée quotidienne de travail effectif de dix heures au plus, repos quotidien d'au moins onze heures et amplitude maximale de douze heures.

4. Ministère du Travail - Le risque routier professionnel
Le risque routier de mission et de trajet est un risque professionnel majeur. La réduction du nombre et de la fréquence des déplacements et le recours à la visioconférence figurent parmi les mesures recommandées.

5. Portail de la fonction publique - La prévention des risques professionnels
Rappel de l'obligation légale et réglementaire de l'employeur public et priorité donnée à la prévention primaire par l'organisation du travail.

6. INSPÉ de l'académie de Grenoble - Organisation et contacts
Présentation des quatre antennes : Annecy, Chambéry, Grenoble et Valence.

7. Université Grenoble Alpes - Plan de mobilité durable 2025
Adaptation de l'organisation et expérimentation de nouvelles modalités pédagogiques afin de limiter les déplacements contraints et d'améliorer la qualité de vie.

8. Académie de Grenoble - Qualité de vie et conditions de travail
Démarche fondée sur la concertation des personnels et l'amélioration concrète de leurs conditions de travail.

9. Académie de Grenoble - Rentrée scolaire 2026
Le bien-être des élèves et des personnels est présenté comme une ambition forte du projet académique 2026-2030, dans une académie attentive à ses territoires.

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Mia' …Lanceur de pétition

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