CONTRE LA CASSE DE L'ECOLE PUBLIQUE A PARIS 10e

Cette pétition avait 1 403 signataires

Le problème

POUR NOS ENFANTS, NOUS REFUSONS LE PROJET RÉGRESSIF DU RECTORAT, NOUS REFUSONS LES FERMETURES DE CLASSES. 

De manière inhabituellement tardive, le rectorat a annoncé un projet de fermetures massives de classes à la rentrée 2023 à Paris : 155 postes d’enseignants dans le 1er degré soit 178 fermetures de classe pour 16 ouvertures et 182 postes dans le 2nd degré dont 108 rien que pour les collèges !

Dans le 10e arrondissement de Paris, cela se traduit par 10 fermetures de classes dans le 1er degré : 8 dans les écoles élémentaires Varlin, Marseille, Récollets, Faubourg St Denis, Louis Blanc, Martel, Chabrol et Parmentier, 1 à l’école maternelle Récollets et 1 à l’école polyvalente Lancry. Seule une classe sera ouverte à l’école élémentaire Saint-Maur. 

Dans les collèges où sont scolarisés les élèves de CM2 du 10e, cela se traduit par la fermeture de 6 classes de sixième (Valmy, Bernard Palissy, Louise Michel, Alphonse de Lamartine, Jacques Decour, Aimé Césaire) et 1 classe de cinquième (Louise Michel).

Au-delà de son calendrier, cette annonce a surpris les parents d’élèves, pour trois raisons majeures.

Tout d’abord, nous sommes surpris de la logique qui préside à ces très nombreuses fermetures. La ville de Paris perd des habitants. En conséquence, la chute des effectifs dans les écoles entraînerait nécessairement la réduction des capacités d’accueil en milieu scolaire ! Les élèves parisiens seraient, à l’heure actuelle, privilégiés au regard de la situation de certaines écoles de notre territoire qui sont pour certaines mauvaises voire médiocres ! 

Pourtant, nous, parents d’enfants scolarisés à Paris, constatons tous les jours la dégradation programmée de l’école publique. En déconsidérant le travail des enseignantes et enseignants qui encadrent nos enfants au quotidien, les fermetures de classes viennent mettre en danger leur mission première d’éducation et de pédagogie. Ces fermetures occasionnent une souffrance et plus largement envoient un message profondément négatif et dévalorisant de l’enseignement au sein de l’école publique, laïque et accessible à tous. C’est l’estime de cette profession et l’épanouissement des enfants dans un enseignement libre qui est menacé. Pour preuve, cette profession peine à recruter d’années en années.

L’autre volet visible de cette dégradation de l’école publique, que nous constatons en tant que parents, est la baisse progressive des moyens et des effectifs alloués à l’école : absence de médecins scolaires, d’assistantes sociales, de psychologues, trop peu nombreux et débordés par la charge de travail, absence d’accompagnants d’élève en situation de handicap, pénurie et rotation accrue des animateurs du périscolaire du fait probablement de mauvaises conditions salariales. 

 

Deuxième raison de notre surprise et de notre désaccord : l’horizon de destruction de l’école publique à l'œuvre dans ces réaménagements. La comparaison avec ce qui se joue du côté de l’enseignement privé laisse les parents d’élèves songeurs. Ces fermetures de classes et ces suppressions de postes dans l’école publique interviennent au moment même où, pour la première fois de son histoire, l’enseignement privé bénéficie à l’échelle de la région Ile-de-France de financements supérieurs à ceux consacrés à l'enseignement public. 

Nous savons tous que l’un des avantages majeurs de l’école publique, en particulier à Paris, réside dans des effectifs maîtrisés de ses classes : des conditions encore satisfaisantes pour l’enseignement et pour la vie des élèves, qui passent leurs journées à l’école. 

 

Enfin, troisième et dernier point : les chiffres qui justifient ces fermetures de classes sont incomplets et ne reflètent pas la réalité scolaire de nos arrondissements, et du 10e en particulier. Effectivement, le rectorat ne comptabilise pas les élèves de l’école inclusive (ULIS qui accueille les élèves porteurs de handicap) ou les élèves des classes UPE2A (qui accueillent les élèves allophones), alors que ces dispositifs comptent bon nombre d’élèves. Pourtant ces élèves sont présents au même titre que les autres élèves dans les écoles et ont droit au même accueil que les autres, voire sollicitent l’attention des équipes de manière accrue. 

Dans un contexte de pénurie accentuée des personnels AESH, refuser de comptabiliser ces élèves qui requièrent pourtant une qualité d’écoute spécifique est grave : cela signifie un mépris du travail des équipes enseignantes, un mépris de ces élèves et de leurs camarades de classe. 

À cette situation générale s’ajoute la particularité de notre arrondissement où sont domiciliées des associations d’accueil de réfugiés, avec aujourd’hui de nombreux réfugiés d’origine ukrainienne. Les familles en hôtel social, considérées comme habitants temporaires, ne sont pas non plus comptées dans les chiffres des effectifs scolaires. Cela signifie-t-il que le principe d’égalité républicaine d’accueil des enfants à l’école garanti par la Constitution n’est pas une visée du Rectorat de Paris ?

 

Nous sommes contre la fragilisation des conditions d’accueil et d’enseignement de tous les élèves.

Nous sommes contre ces fermetures qui mettent en péril le concept central d’égalité au sein de l’institution qu’est l’École publique.

Nous sommes attachés à notre modèle d’école publique, ambitieuse pour tous, centrée sur la réussite scolaire et sur la mixité sociale.

Nous appelons les parents, et plus largement toute la communauté éducative, à signer cette pétition contre cette logique comptable, à se mobiliser en nombre contre ces fermetures qui fragilisent nos établissements scolaires et pour demander des moyens à la hauteur des enjeux éducatifs pour nos enfants ! 

REFUSONS CES FERMETURES MASSIVES POUR GARANTIR L’ECOLE PUBLIQUE DE DEMAIN. DÉFENDONS L'ÉCOLE PUBLIQUE. 

Le Collectif des parents d’élèves “Sauvons les Ecoles Paris 10” et l’UL10 FCPE Paris

Les décisionnaires

Pap Ndiaye
Ministre de l'éducation nationale
M Kerrero
M Kerrero
Recteur de l'Académie de Paris

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