Petition updateLes mutilations commencent au bureau de vote.Un fait incontestable contesté
SOS men bashing
May 10, 2020

Nous vivons dans une société très particulière, une société dans laquelle il faut se battre comme un damné pour démontrer qu'il ne fait pas jour au milieu de la nuit. Les faits incontestables sont contestés.
Il est incontestable que le Contrat social de Rousseau contient (au moins) une incohérence.
Rousseau affirme que le pacte social exige un consentement unanime (pour sa validité).
« La loi de la pluralité des suffrages est un établissement de convention, et suppose au moins une fois l'unanimité… en effet, s'il n'y avait point de convention antérieure, où serait l'obligation pour le petit nombre de se soumettre au choix du grand ? » (Livre I, chapitre 5).
Et ailleurs : « Il y a une loi qui, par sa nature, exige un consentement unanime ; c'est le pacte social… » (Livre IV, chapitre 2).
Cela revient à dire que l'unanimité des consentements est une condition de la validité du pacte social.
Mais, par ailleurs, Rousseau déclare que l’absence d’unanimité n’empêchera pas le pacte social d’être valablement conclu :
"Si donc, lors du pacte social, il s’y trouve des opposants, leur opposition n’invalide pas le contrat."
Le mot « opposant », dans ce contexte, désigne les individus qui n'ont pas consenti au pacte. Dire que, lors du pacte social, il s’y trouve des opposants, c'est dire que, lors du pacte social, un certain nombre d'individus n'ont pas consenti au pacte. Or si, ne serait-ce qu'un seul participant à l'assemblée de constitution n'a pas consenti au pacte, il est indéniable que le consentement au pacte n'est pas unanime. Un seul refus de consentir au pacte suffit à rompre l'unanimité.
« La différence d’une seule voix rompt l’égalité ; un seul opposant rompt l’unanimité. » Du contrat social, Livre IV, chap. 2.
Si un seul opposant rompt l'unanimité, a fortiori plusieurs opposants la rompent. ("Si donc, lors du pacte social, il s’y trouve DES opposantS"). Mais, affirme Rousseau, l'absence d'unanimité n’empêchera pas le contrat social d’être valablement conclu : " leur opposition n’invalide pas le contrat."
Ainsi Rousseau affirme à la fois que le pacte social exige un consentement unanime pour sa validité et qu'un consentement unanime au pacte n'est une pas condition de sa validité. La contradiction est flagrante et indéniable. Et pourtant, bien qu'elle soit indéniable, elle est niée. Cela n'a rien de surprenant parce que nous vivons dans une société dans laquelle il faut se battre comme un damné pour démontrer qu'il ne fait pas jour au milieu de la nuit. Si j'affirmais qu'il n'est pas midi à minuit, on me démontrerait par A plus B que je me trompe.
Cette observation soulève deux questions : pourquoi ce qui est indéniable est-il nié dans notre société ? Comment ce qui est indéniable est-il nié dans notre société ?

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