SOS men bashing
Feb 27, 2020

Les salariés sont actuellement mobilisés contre la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron dont la finalité est de diminuer le montant des retraites qui seront versées aux salariés au terme de leur carrière.

Pour s'opposer à la volonté du gouvernement de réduire leurs retraites, les salariés utilisent tous les moyens possibles : grèves, manifestations de rue, affichage, réunions publiques, etc. Mais ces moyens se révèlent insuffisants. Il est plus que probable que malgré cette lutte, la baisse de leurs retraites sera imposée aux salariés.

Pourtant il est un autre moyen de lutte auquel les travailleurs n'ont pas songé, la grève du vote aux prochaines élections municipales. Si la grève du travail seule est impuissante contre le pouvoir d'État, pourquoi ne pas doubler la grève du travail par une autre grève, la grève du vote ?

Cette idée n'est pas venue aux salariés en lutte parce qu'elle est sacrilège. Le vote est sacré. Le vote, c'est la démocratie, la République, la citoyenneté. Les travailleurs veulent bien s'opposer à la politique de diminution de leurs retraites mais pas à n'importe quel prix, pas par n'importe quel moyen, uniquement par des moyens Républicains et Citoyens.

Il y a une autre raison pour laquelle personne n'a songé à proposer une grève du vote : les salariés n'établissent aucun rapport entre la politique de baisse de leurs retraites et les élections municipales.

Pourtant le vote n'est pas seulement l'acte par lequel nous désignons les chefs de la société. C'est également l'acte par lequel nous les légitimons. C'est l'acte par lequel nous leurs reconnaissons le droit de nous donner des ordres, le droit de nous imposer leur volonté. Les chefs de la société ont ce droit parce que nous les avons élus. C'est précisément ce droit que les chefs, notamment le chef de l'État, Emmanuel Macron, dirigent contre les salariés. Vous devez nous obéir, affirment-ils, parce que vous nous avez élus. Notre droit de vous donner des ordres est légitime. Il ne repose pas sur la force, il ne repose pas sur la violence, mais sur votre volonté.

« La force est une puissance physique ; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté. En quel sens pourra-ce être un devoir ? » Rousseau, Du contrat social.

Le devoir d'obéir, nous dit Rousseau, ne découle pas de la force (Armes de mutilation, gaz lacrymogène, coups de matraque, etc.) mais de la morale, du devoir. Nous avons le devoir d'obéir à la force parce que nous l'avons légitimée par notre vote. En refusant de voter aux prochaines élections, nous refuserons d'accomplir l'acte qui légitime la force et son droit de nous imposer sa volonté.

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