Sauvez l'Internat du CHU de Rangueil

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Cette année est marquée par la mise en place du Projet d’Etablissement du CHU de Toulouse. Dans ce contexte il est prévu la rénovation des bâtiments des Internats du CHU de Rangueil.

Ce projet, s’il répond à une réelle nécessité de rénovation, pose le problème d’un appel au privé pour financer un bâtiment qui est partie intégrante du fonctionnement de l’Hôpital Public. Les Internats ne sont pas de simples bâtiments de service mis à disposition du personnel.

Les Internats du CHU de Rangueil ont été bâtis en 1975, en même temps que le CHU lui-même. Depuis cette date ils sont au cœur de la vie du personnel médical et pharmaceutique de l’établissement. leur vocation fut, et reste à nos jours, plurielle.

Lieu d’habitation, l'Internat sait se montrer accueillant et attractif pour de nombreux internes. Ces derniers viennent de toute la France pour se former dans les Hôpitaux Toulousains. Il permet ainsi chaque année à de nouveaux internes de venir sans appréhension dans notre ville, quelle que soit leur origine. Sa capacité d’accueil les affranchissant des contraintes liées à la recherche d’un toit alors qu’ils sont préoccupés par leur avenir professionnel débutant. Tout en permettant de briser rapidement la solitude liée à l’arrivée dans un environnement inconnu.

En effet, pour nos internes ce n’est pas qu’un simple logement. Véritable épicentre de la vie sociale des internes, ce lieu familier est également, et pour certains avant tout, un second foyer. L’existence d’un lieu de partage au sein de l’hôpital permet une cohésion sans pareille dans le monde du travail, où jeunes et anciens se retrouvent avant, et après, leurs obligations hospitalières. L’Internat est le sanctuaire privilégié de rencontres, d’échanges, de détente de tous les internes, et plus généralement de tout le personnel médical et pharmaceutique. Il peut également être le refuge d’un interne ayant des difficultés personnelles pour reprendre pied.

Pour beaucoup, le temps du déjeuner est l’occasion de discuter sans discrimination d’âge, de statut, de spécialité, et ce quel que soit le sujet de conversation. Les relations se nouent et les expériences se mettent en commun lors de ce moment passé tous ensemble. Tout cela est inestimable pour la prise en charge du patient lorsque le débat concerne un cas épineux où l’aide précieuse des pairs est requise. Au centre de ces situations, les internes apprennent à l’Internat autant que sur le terrain.

L’Internat, comme symbole matériel de l’esprit de cohésion de la communauté médicale est le vecteur de nombreux services, touchant à l’essentiel du fonctionnement du CHU.  Il a su évoluer avec son époque, mais son caractère immobilier qui fait toute sa force montre depuis de nombreuses années des faiblesses. L’entretien, les réparations et les rénovations font défaut, malgré des messages d’alerte répétés de la part des internes. Alors que son bénéfice est immense pour le CHU, les engagements du CHU pour l’Internat viennent à manquer, d’une manière de plus en plus flagrante avec le temps.

L’intégration de l’Internat au Projet d’Etablissement se doit d’être un message fort de la part de l’administration du CHU vers son personnel : il reste bienveillant à son égard, et à l’écoute de ses besoins, pour qu'il reste un moteur dans le fonctionnement du CHU.

Les associations des Internats de Médecine & de Pharmacie, les internes, les CCA, les PH et PU-PH s’associent ce jour pour porter leur voix vers le CHU, pour lui dire que l’Internat est un bâtiment de soin à part entière, et que sa gestion ne doit pas être transmise au privé.

Le financement de ce nouveau bâtiment doit être prévu sur le budget du CHU, avec l'aide de la Mairie, des Conseils Général et Régional et de l'Etat.

Il existe des solutions alternatives à l’ingérence du privé dans nos institutions publiques, qui sera, comme toujours dans les partenariats public-privé, défavorable au patient, au personnel, et au CHU.

La validation de ce projet, sa mise en marche, se soldera par une fuite des praticiens vers d’autres CHU, CH ou cliniques, une attractivité moindre pour les nouveaux internes arrivant chaque année, une baisse de la qualité des soins aux patients, et une perte sèche pour le CHU.

C’est pourquoi nous demandons à l’administration du CHU de repenser au mode de financement du projet, après avoir établi une estimation de son coût.