
Demain, cela fera un mois, jour pour jour, nuit pour nuit, que Sadam est enfermé au Centre de rétention administrative de Coquelles et qu'il attend de savoir, dans la peur, ce qu'il adviendra de lui. Demain, Sadam comparaîtra devant un juge. C'est la loi. Une comparution par mois pour confirmer la détention. Nous n'attendons rien de cette comparution.
Sadam pourrait être libéré sur base des irrégularités dans son arrestation et dans la formulation de son Ordre de quitter le territoire. Concrètement cela veut dire que la loi n'aurait pas été respectée. Mais trois juges déjà ont jugé que cela n'était pas si important. Et qu'il valait mieux entériner des décisions illégales plutôt que de le libérer.
Il nous faut le comprendre et faire face courageusement, même si cela nous est difficile, l'Europe ne veut pas d'eux et est prête à payer le prix fort pour s'en débarrasser. Quelle qu'ait été leur histoire. Quel que soit le risque qu'ils encourent. Tous les moyens sont bons pour les rejeter, à la mer, en Libye, dans les geôles des dictatures qu'ils fuient, sur les champs de bataille auxquels ils ont échappé.
S'en débarrasser. Les faire dégager. Ceci est la fin qui justifie les moyens. Et tous les moyens sont bons. Quel que soit le prix que nos démocraties aient à payer. Décision arbitraire, violence policière, violence administrative, déni de droits, manipulation d'état, mauvaise foi. Je n'ai pas besoin de vous faire un dessin.
Demain, Sadam comparaitra devant un juge. Et bien que celui-ci devrait être en possession de tous les éléments qui devraient nécessairement conduire à sa libération, nous n'attendons rien de cette comparution.
Nous n'attendons rien de cette comparution mais nous croyons dans la force de notre mobilisation. Dans la puissance de notre désaccord. Dans notre foi dans la démocratie. Et surtout dans la magie de notre solidarité. Sans frontière, sans préjugé. Nous pouvons changer les choses. Nous changeons les choses.
A nous de jouer.