
Sadam et Salah, je crois, n'auraient jamais imaginé que tant d'inconnus, tant d'inconnues se mobiliseraient pour leur sauver la vie. Un immense merci à vous tous qui avez pris ce temps de nous lire et de nous soutenir.
2646 personnes en deux jours... c'est énorme !
2646 personnes, ça fait rêver.
Rêver qu'un seul homme se laissera convaincre par la conviction de 2646 hommes et femmes et reviendra sur sa décision d'expulser Sadam et Salah dans un pays qui les a torturés et emprisonnés. Parce que c'est bien de cela qu'il s'agit. J'ai peur cependant que Fabien Sudry ne nous entende pas.
Nous lui avons envoyé un mail jeudi dernier pour lui demander de nous recevoir et de nous laisser lui expliquer Sadam, Salah, le Soudan, leurs larmes de peur dans nos bras à l'idée d'y être renvoyés. Il ne nous a pas encore répondu. Je vous le copie ci-dessous.
Sadam repasse au tribunal cette semaine. Il est encore temps de transformer cette vague de 2646 belles âmes en raz de marée. Je compte sur vous, nous comptons sur vous.
Sadam et Salah, je crois, ne savent pas encore qu'ils peuvent y compter.
Merci
Anne-Catherine, Edith, Isabelle, Céline & Virginie
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Copie du mail qui a été envoyé à Fabien Sudry, Préfet : fabien.sudry@pas-de-calais.pref.gouv.fr
Sans réponse jusqu'à présent. N'hésitez pas à le lui réenvoyer en mentionnant qu'il peut prendre contact avec nous - ankdeneve@yahoo.com - 0032472273886
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Monsieur le préfet,
Comme vous l'aurez certainement remarqué, nous vous avons adressé une pétition via la plateforme Change.org pour attirer votre attention sur la situation désespérée d'un jeune Soudanais, Sadam, qui est actuellement menacé d'expulsion vers le Soudan depuis le Centre de rétention de Coquelles. Il n'est pas le seul dans cette situation : à notre connaissance, deux autres le sont également, Salah et A. Ces menaces d'expulsion ne sont malheureusement pas des menaces en l'air puisque trois expulsions ont déjà eu lieu depuis votre préfecture ces dernières semaines, alors même que la situation au Soudan est décrite comme critique et instable par de nombreux experts et qu'il est avéré que le régime en place (l'ancien et le nouveau) utilise l'emprisonnement, la torture, le viol et la mort comme armes politiques dans son combat incessant contre les minorités.
La décision de renvoyer quelqu'un vers le pays qu'il a fui ne doit pas être une décision facile à prendre, nous en sommes conscientes. Si ce genre de décisions engage résolument la responsabilité de votre Préfecture et celle de la France, nous pensons que cela engage également la vôtre en tant qu'homme et citoyen.
C'est afin de vous fournir tous les éléments permettant de prendre une décision qui vous honore dans ces qualités, que nous tenons à nous mettre à votre entière disposition pour vous exposer le cas de Sadam et de ses deux amis et vous donner les arguments qui, nous n'en doutons pas, vous guideront vers l'arrêt complet des expulsions vers le Soudan depuis votre préfecture tant qu'un risque subsiste que les personnes qui y seraient renvoyées subissent des violences de quelque forme que ce soit.
S'il est de votre responsabilité de décider du risque qu'encourt Sadam au Soudan, nous estimons de la nôtre de le porter à la connaissance du plus grand nombre. Et nous inviterons le plus grand nombre à vous manifester son inquiétude et son opposition à de telles décisions.
Par ailleurs, nous tenons à vous alerter sur les "libertés" prises par certains membres de votre police pour exécuter les missions qui leur sont confiées. Ainsi, ce jour, les policiers chargés d'escorter Sadam vers l'aéroport lui ont délibérément caché le but de son déplacement en lui disant qu'ils l'emmenaient chez le juge. Vous n'êtes certainement pas sans savoir que ce faisant, ils lui dénient le droit de s'opposer à cette première tentative d'expulsion ainsi que celui de prévenir ses proches de son départ imminent.
Encore convaincues de la qualité démocratique de vos institutions, nous voulons croire qu’il s’agit d’un fait isolé et non concerté de la part de vos agents et que cela le restera. Nous voulons croire également que vous veillerez à mettre tout en œuvre pour que les droits des détenus et plus généralement des sans papiers présents ne soient pas bafoués sur le territoire de votre préfecture.
Dans l'attente d'une réponse de votre part, nous vous assurons, Monsieur le préfet, de nos sentiments respectueux.
Isabelle Fransolet, Edith Hesse, Céline Vanzandycke, Virginie Bodhuin, Anne-Catherine de Neve