

Cette après-midi Sadam et Salah ont comparu devant le juge.
Le juge a confirmé leur détention. D'après Céline qui assistait à l'audience, c'était un bon juge. Il en a libéré plein d'autres, des Erythréens, si j'ai bien compris, pour irrégularités dans la procédure.
Mais pour Sadam et Salah, no way.
Au cours de l'audience, nous avons appris deux choses :
1/ la demande d'asile introduite par Sadam et Salah, bien que hors délai a été considérée comme recevable : l'ofpra a donc accepté de les entendre. C'était plutôt une bonne nouvelle même si les demandes d'asile introduite depuis un centre fermé n'ont que quelques tout petits pourcents de chance de réussite. On s'est dit qu'on avait encore une chance. Que son dossier, son histoire lui accorderait le droit d'asile. Nous l'avons entendu son récit : il parle de guerre, de pillage, de destruction et de mort. Il parle aussi de prison, de torture et de fuite. Il parle de 4 années de douleurs dans les geôles soudanaises et libyennes. Sadam sera entendu demain, le 3 mai, par vidéoconférence. L'entretien, si nous avons bien compris, devrait durer une demi-heure et le fonctionnaire qui le mènera devrait disposer de toutes les pièces que nous avons rassemblées dans son dossier pour prouver les dires de Sadam. Un vrai dossier, complet et circonstancié.
2/ un vol est réservé au nom de Sadam pour le Soudan. Son départ est prévu ce 9 mai. Je croyais qu'introduire une demande d'asile le mettait à l'abri d'une expulsion. Je me trompais. Le juge a expliqué qu'en attendant la décision de l'Ofrpa, le vol ne serait pas annulé. une décision pragmatique en somme. Il y a sans doute tellement peu de chance qu'on prenne son récit en considération, malgré ce qu'il a a raconté, malgré toutes les pièces rassemblées et qu'on lui attribue l'asile qu'annuler le vol serait un gâchis de temps. Si demain, pour Sadam et Salah, les dés sont jetés, ils seront pipés.
C'est, semble-t-il, la prefecture qui aurait réservé le vol ne tenant donc pas compte ni du principe de protection des demandeurs d'asile (on ne menace pas un demandeur d'asile d'expulsion) ni des plus de 5000 personnes (5000 personnes !) dont la voix s'est élevée pour défendre Sadam et Salah.
On s'en doutait. Mais on aurait tellement voulu y croire. Le prefet ne nous a pas entendus. Il ne nous a pas écoutés. Il n'a pas entendu notre requête. Je voudrais aujourd'hui qu'il entende notre révolte. Dites-lui.
Par mail : fabien.sudry@pas-de-calais.pref.gouv.fr
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