
Ne reposant sur aucune base scientifique, le syndrome est souvent invoqué pour discréditer les mères, accusées d’instrumentaliser leurs enfants qu’elles tentent de protéger de leur père violent. La commission sur l’inceste, la Ciivise, s’en alarme.
Le SAP, «controversé et non reconnu»
«Les accusations d’aliénation parentale sont un moyen d’isoler, contrôler et contraindre le parent protecteur et l’enfant», estime Andreea Gruev-Vintila, docteure en psychologie sociale, spécialiste du contrôle coercitif. En 2018, le ministère de la Justice émet une note interne pour informer du caractère «controversé et non reconnu» du SAP. Ce syndrome n’a pas de fondement scientifique, il n’a d’ailleurs jamais été inscrit dans le registre américain des troubles mentaux qui fait référence. Paul Bensussan est aujourd’hui visé par une plainte collective au civil et devant le conseil de l’ordre portée par quatre structures spécialisées dans la lutte contre les violences sexuelles et la protection de l’enfance. Révélée par Mediapart et également consultée par Libération, cette plainte demande des sanctions disciplinaires à son égard et son retrait de la liste des experts près la cour d’appel de Versailles dans des dossiers de violences sur mineurs. Contacté par Libération, Paul Bensussan n’a pas souhaité s’exprimer, «préférant réserver ses réponses aux juridictions compétentes». Le 23 juin, l’audience de conciliation devant le conseil de l’ordre des médecins des Yvelines a échoué, et la plainte transmise à la chambre disciplinaire de l’ordre d’Ile-de-France. «Paul Bensussan se range du côté des pères, regrette Laurent Layet, président de la Compagnie nationale des experts psychiatres près les cours d’appel. Ce n’est pas la place d’un expert dont le rôle est d’éclairer une procédure.»