Séverine MFrance
Oct 17, 2017
Bonjour à tous, Si vous avez suivi l’actualité, vous avez dû voir qu’il est question de changer plusieurs éléments de loi, en 2018 pour deux choses : l'allongement du délai de prescription pour les victimes mineures passerait de 20 ans à 30 ans, et l'instauration d'un non-consentement présumé des enfants en matière de relation sexuelle. Ces propositions sont des suites directes des mobilisations citoyennes comme cette pétition, ce qui veut dire que nos actions peuvent aboutir à des résultats ! Donc, le délai de prescription concernant les victimes mineures de pédocriminels passerait de 20 à 30 ans. On dit « hourra » ? NON. Non, parce que nous demandons la disparition totale et sans condition de ce délai, j’ai expliqué pourquoi tout au long des mises à jour, et vos témoignages indiquent que ce délai ne sera de toute façon pas suffisant pour de nombreuses victimes. Laisser le temps aux victimes, c’est le laisser sans pression, sans date limite d’utilisation ! Que se passera-t-il pour la victime qui pourra parler au bout de 31 ans ? Que l’on ne nous avance plus le manque de preuves matérielles, il n’y a pas plus de preuves au bout de 20 ans qu’au bout de 30 ou de 50. Les témoins sont toujours indirects lorsqu’il y en a. C’est sur la base de la santé des victimes qu’il est possible de démontrer les violences subies et en réalité, plus le temps passe, plus les conséquences deviennent nettes, plus les traumatismes peuvent être mis en évidence, parce que, encore une fois, on met des décennies à prendre conscience de tout ce que l’on a subi et ensuite à faire le lien entre notre santé, nos difficultés sociales et professionnelles et ce que l’on a vécu. L’inceste et les agressions à caractère incestueux (par un beau-père par exemple) doivent également bénéficier de l’abolition de la prescription, car dans ces cas précis la libération de la parole peut prendre bien plus de temps encore. La pression familiale étant incommensurable, les victimes peuvent passer facilement 40 ans après leur majorité sans parvenir à tout raconter. Les témoignages en attestent. Autre élément important, retirer simplement le délai de prescription c’est lancer un message très fort sur l’aspect gravissime et inhumain de ces actes barbares. Et donc faire savoir aux victimes que ce qu’elles ont subi relève de l’innommable, et que la société les verra bel et bien comme des victimes du pire acte qui puisse être commis. Quel meilleur moyen de prévention que de clamer haut et fort que violer un enfant est un crime barbare qui ne relève d’aucune prescription ? Que de dire aux agresseurs que jamais ils ne dormiront tranquilles ! Et faire savoir aux personnes qui pourraient dénoncer à la place de la victime que c’est aussi de leur responsabilité de ne pas laisser un pédocriminel potentiel en liberté. Je pense à toutes ces familles qui refusent que les victimes s’expriment, ou aux institutions qui cachent des faits insupportables en mutant les coupables pour étouffer les « affaires »… NON, nous ne voulons PLUS JAMAIS ça. Plus jamais de déni, de prescription. Il y a une autre proposition de loi qu’il faut soutenir, c’est celle qui justement propose l’imprescriptibilité : proposition de loi N° 719 (2016-2017) tendant à rendre imprescriptibles les crimes et délits sexuels sur mineurs, écrite par Alain Houpert & Cyril Pellevat. Je vous propose de leur laisser vos témoignages en commentaires ou simplement le #MoiAussi. http://www.senat.fr/leg/ppl16-719.html Faites savoir que vous voulez cette imprescriptibilité. Je leur enverrai le dossier complet de la pétition, comme je le ferai pour Marlène Schiappa. Enfin, oui, il est temps de définir noir sur blanc qu’un enfant doit toujours bénéficier du doute (mais comment le doute peut-il exister de toute façon ?), et donc instaurer un non-consentement présumé pour tous les mineurs de 16 ans, et pour toute personne fragile n’ayant pas la possibilité d’anticiper les conséquences d’un acte sexuel ou ne pouvant se défendre devant la manipulation d’une personne malveillante. Cette mise à jour est encore une fois un peu longue, mais il y a toujours tant à dire. Et d’ailleurs, je n’ai pas fini. En ce moment, il est beaucoup question des violences faites « aux femmes ». Et c’est un véritable piège. Car en réalité, de nombreux hommes ont témoigné des agressions qu’ils ont subies. Oui, le viol, la pédocriminalité concerne AUSSI les garçons. Surtout, ne menons pas un faux combat qui laisserait des milliers de victimes sur le côté. Non, tous les agresseurs ne sont pas forcément des hommes, toutes les victimes ne sont pas de sexe féminin. Et que dire de ces mères qui ferment les yeux sur les douleurs de leur propre enfant ? Nous nous battons pour toutes les victimes de pédocriminalité, et nous devons ne faire qu’UN pour nous faire entendre, quelques soient nos parcours et tragédies respectifs. Parce que simplement : on ne viole pas un enfant, un enfant c’est Sacré ! N'oubliez pas que vous pouvez toujours m'envoyer votre témoignage ou la photo d'un papier ou vous aurez écrit (à la main) : votre prénom, votre nom, votre date de naissance et #MoiAussi #StopPrescription à : contact@severinemayer.com A très vite ! Séverine.
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