Petition updateSauvons l'hôpital de Pontivy-LoudéacLe directeur de l’Agence Régionale de santé Bretagne : « l’hôpital ne fermera pas »
Gilles QUEFFÉLECNeulliac, France
Jan 8, 2022

A ma demande, le directeur de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Bretagne, Stéphane Mulliez, a accepté de me recevoir en tant qu’initiateur de la pétition qui réuni ce samedi 8 janvier 2022, 46 415 signatures. Notre échange, d’une durée d’ 1 heure, a eu lieu le vendredi 7 janvier dans les bureaux de la direction à Rennes.

Qu’en ressort-il ?

1 - L’ARS confirme que l’hôpital ne fermera pas.

Le directeur a été très surpris de l’ampleur de la pétition, mais aussi des autres actions menées sur place comme la manifestation ou les motions déposées par les élus locaux.

Surpris car « il est nullement question de fermer le centre hospitalier du Centre Bretagne. Il a aujourd’hui toute sa place » indique le directeur de l’ARS. « Nous poussons dans le même sens, l’objectif étant de faire en sorte que cet équipement perdure ».

2 - Mais l’hôpital de Pontivy-Loudéac est aujourd’hui fragilisé.

Le directeur de l’ARS confirme par ailleurs la fragilité de la structure « essentiellement dû à un manque de ressources médicales ». Pas assez de personnels donc avec de fortes difficultés pour attirer de nouveaux professionnels de santé mais également un obstacle supplémentaire avec la loi Rist qui plafonne les salaires des intérimaires. Et comme le CHCB fait appel à de nombreux intérimaires pour combler son manque de personnel…

3 - La stratégie de l’ARS pour maintenir l’offre de soins

Si le directeur de l’ARS ne remet pas en question l’existence du 8e secteur sanitaire (secteur du Centre Bretagne), c’est, pour lui, une autre instance qui pose problème : le Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) qui regroupe Pontivy et…Guémené. « il s’agit certainement de l’un des plus petits en France. Donc il attire peu les médecins ».

Pour le directeur de l’ARS, il faut donc le consolider à travers un regroupement avec le GHBS : autrement dit le Groupement Hospitalier de Bretagne Sud. On parle ici de l’hôpital de Lorient.

4 - Si la coopération avec Lorient se fait, l’hôpital peut-il perdre certaines services ?

L’ARS répond par la négative. « Il ne s’agit pas de demander aux équipes médicales de Pontivy de venir travailler à Lorient mais bien l’inverse. Concrètement, un chef de service gère un effectif global entre Pontivy et Lorient et établit son planning en fonction des besoins des deux établissements » explique Stéphane Mulliez.

Le directeur parle « d’équipe de territoire partagée ». Et de poursuivre : « cela permettait de consolider les équipes sur Pontivy ». Et de prendre exemple sur ce qui se fait entre Ploërmel et Vannes.

5 - Que peut-on retenir des deux entrevues avec le collectif de défense de l’hôpital et l’ARS ?

Que deux visions différentes s’opposent sur la façon de maintenir l’offre de soins en Centre Bretagne.

D’un côté, les équipes médicales de Pontivy souhaitent garder leur autonomie et continuer à coopérer avec tous les autres centres hospitaliers (Lorient, Vannes, St-Brieuc…) comme c’est le cas aujourd’hui. Elles refusent une coopération exclusive avec Lorient sous peine de voir une grosse partie de son activité basculer Là-bas : Pontivy perdrait alors des services. On peut parler de « fusion-absorption ».

De l’autre, l’ARS qui estime que seul (avec Guémené), l’hôpital de Pontivy-Loudéac aura du mal à subsister. Pour les instances régionales, il faut « repenser » l’organisation de l’offre de soins par territoire. Et que face à la pénurie des professionnels de santé (Numérus clausus, statut de la fonction publique qui n’attire plus…), il faut davantage « partager » les équipes. Et c’est ce qu’elle veut faire avec Lorient.

6 - Quel message ai-je passé au directeur de l’ARS ?

En tant que « simple » usager, il n’est pas de mon devoir ou du devoir des 46 400 pétitionnaires de réfléchir à la façon de conserver le CHCB. Nous n’avons ni les compétences et les connaissances pour avoir notre mot à dire dans ce qui sera le mieux pour notre hôpital. Aux décideurs de faire les bons choix.

Par contre, cette formidable mobilisation prouve que la population du Centre Bretagne sera très attentive aux orientations qui seront données pour maintenir cet équipement essentiel à nos yeux.

J’ai donc énormément insisté sur le poids que représente cette pétition. Et comme convenu, j’ai donné en mains propres au directeur de l’ARS, une sélection des nombreux commentaires déposés sur la plateforme Change.Org

Insisté sur le fait que cet élan ne s’arrêtera pas là si, demain, nous constations la fermeture de certains services au centre hospitalier du Centre-Bretagne.

Conclusion

Voilà. Comme d’habitude, j’en retire personnellement, que les administrés, vous et moi, les usagers de l’hôpital, sont « prisonniers » de choix politiques. De visions divergentes entre les équipes médicales du centre hospitalier et leur tutelle, l’ARS. Ce sont eux qui ont les clés qui permettront de maintenir l’offre de soins en Centre Bretagne. Pas nous.

Nul doute cependant que les deux parties ont pris note de notre action. Elles ont pleinement conscience désormais que les usagers de l’hôpital de Pontivy-Loudéac n’accepteront pas de perdre un service qui leur est essentiel pour demain.

Je vais donc ce samedi 8 janvier refermer ma pétition. Mais je compte sur vous pour que cette mobilisation ne meurt pas demain. Gardons un œil sur l’évolution de la situation. Et s’il faut de nouveau nous faire entendre, faisons en sorte d’être unis.

Merci

Encore merci pour votre participation à cette pétition qui aura eu le mérite de faire prendre conscience aux décideurs qu’ils ne doivent pas oublier l’usager. Celui des territoires ruraux qui a tout autant besoin de se faire soigner que celui des grandes métropoles.

Une dernière chose : seul, je ne pourrais rien faire. Si vous avez envie de vous investir dans ce combat, n’hésitez pas à me le faire savoir. Si vous avez d’autres idées pour agir demain…

Je reste à votre disposition.

Bien cordialement 

Gilles QUEFFÉLEC

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