Marc Hervé nous avait indiqué le 23 mars dernier qu’il reviendrait vers nous pour évoquer les sujets qui nous fâchent. Il n’a toujours pas jugé bon de le faire… Les nouvelles que nous avons à vous communiquer nous ont été transmises par d’aimables informateurs de la commission de quartier Francisco Ferrer/Landry/Poterie : sur l’emprise du 118-120 rue de Vern, un permis de construire a été déposé par Polimmo pour la construction de 14 logements ; il est « à l’étude ». Du 114 au 116 bis, un autre permis, également « à l’étude », a été déposé par Promo Ouest pour la construction de 29 logements et 1 commerce.
Voilà donc un total de 43 logements actuellement dans les cartons des promoteurs qui viendraient s’ajouter aux 200 déjà en voie de construction ou d’achèvement dans notre petit périmètre…. Nous exprimons à nouveau notre refus très net de cette densification brutale et excessive qui fait fi de tous les dégâts collatéraux pour les résidents : problèmes de stationnement, trafic automobile, pollution…
Le bulldozer municipal est prêt à faire de la rue de Vern (à l’instar des rues de Nantes et de l’Alma) un de ces « canyons urbains » aux effets délétères en termes de santé publique. L’expression « canyons urbains » désigne ces artères alignant de grands bâtiments, qui constituent des pièges à CO2 et sont responsables de redoutables « îlots de chaleur » en période de canicule. Le phénomène est bien connu dans toutes les métropoles du monde, mais il se trouve qu’un doctorant de l’Université de Rennes 2 a consacré une thèse à ce sujet en 2015. Il a mis en évidence les microclimats de l’agglomération rennaise et montré que les pics de chaleur des nuits d’été (jusqu’à + 6,5° au-dessus de la température enregistrée en campagne environnante) apparaissent surtout dans les quartiers sillonnés par les fameux canyons qui cumulent les handicaps : absence de végétation et imperméabilisation des sols, trafic automobile, hauteur des façades qui retiennent la chaleur. Depuis, une équipe de chercheurs de la même Université a indiqué que 2019 fut une année « faste » pour la fréquence et l’intensité du phénomène d’îlot de chaleur urbain dans notre chère cité…
La municipalité, qui n’ignore rien de cet état de fait, entend transformer les axes d’entrée de ville (Alma, Nantes, Vern, Chateaugiron…) en couloirs de béton, autrement dit en canyons urbains, tout en exposant sans vergogne dans son Plan Local d’Urbanisme de formidables vœux pieux en matière de développement durable : construire une « éco-métropole » au service du « bien-être » et de la « santé » « intégrer l’adaptation au changement climatique pour chaque projet, quelle que soit son échelle : végétalisation, réduction de l’îlot de chaleur, des inondations et de l’artificialisation des sols », etc., etc. On sait bien que la politique brille par l’art de dire tout et son contraire. Au-delà de Marc Hervé, on serait aussi curieux d’entendre nos élus écologistes au sujet des canyons urbains.
Collectif Vern-Poterie
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