Pétition fermée

Pour le maintien du projet associatif, artistique et culturel du Pub ADK à Roissy-en-Brie

Cette pétition avait 3 181 signataires


Mourir à 10 ans ?

Depuis 2006, l'association Arts de Kore gère les activités du Pub ADK, salle de concerts de Roissy-en-Brie caractérisée par une programmation intense de musiques actuelles, résolument tournée vers l’accompagnement et la promotion des artistes locaux. Adhérent et administrateur du réseau Pince-Oreilles, Le Pub ADK est devenu au fil du temps un acteur culturel local et régional incontournable. Mais tandis que notre association fête ce trimestre les 10 ans du Pub ADK, nous nourrissons de très sérieuses inquiétudes quant à l’avenir immédiat de ce projet artistique et culturel.

Que s’est-il passé ?
En juin dernier, le maire de Roissy-en-Brie, François Bouchart, nous a informés lors d’un rendez-vous puis par courrier de sa volonté de ne pas reconduire la convention liant la ville et notre association. Celle-ci, signée en février 2016, prévoit et organise la mise à disposition des locaux du Pub ADK jusqu’à la fin de cette année. Les motifs invoqués de cette non-reconduction ? Des travaux réclamés depuis 6 ans par notre association et qui peuvent donc attendre l’été prochain. A ceux-ci s’ajoute le souhait de « penser un nouveau projet » pour « développer une activité répondant plus aux attentes des Roisséens », via notamment la publication d’un appel à projets. Nous n’avons bien sûr jamais eu vent de la moindre étude de public ni de sondages réalisés à Roissy, jamais les 22 000 Roisséens ne se sont exprimés à ce sujet. Bien que les motivations réelles de tout ceci nous échappent, il nous semble évident que la majorité municipale ne veut tout simplement plus d’un projet culturel comme le nôtre dans sa ville.

Une méconnaissance profonde du projet du Pub ADK
Depuis son élection en 2014, la nouvelle majorité municipale n’a eu de cesse d’envoyer des signaux inquiétants pour notre structure et nos projets : baisse continue de la subvention municipale (plus de 30 % en moins depuis 2014), passage d’une convention de trois années à un an seulement… Nous avons longtemps pensé que ces choix résultaient d’une méconnaissance de notre projet associatif, artistique et culturel ; le secteur des musiques actuelles, parent pauvre de la culture, est peu médiatisé. Qu’à cela ne tienne : prenons le temps de présenter l’ensemble de ce projet, expliquons ses enjeux, accordons-nous sur ses problématiques, définissons des objectifs communs et réfléchissons ensemble à ses perspectives. Sauf qu’en dehors d’échanges avec l’élue à la culture, rien de tout ceci n’a été possible. Le maire n’est pas venu une seule fois au Pub ADK. En octobre 2014, aucun des élus de la ville n’a assisté à la réunion publique de présentation de notre projet à nos partenaires, alors que la date avait été convenue et validée avec eux. De même, en 2014 et 2015, aucun des comités de suivis semestriels, ces temps d’échanges et de discussion essentiels entre partenaires, pourtant prévus et rendus obligatoires par notre convention avec la ville, n’ont eu lieu et ce malgré nos demandes régulières. De notre côté, nous avons à plusieurs reprises interrogé la ville et ses élus sur leur politique culturelle, demandé à consulter le projet culturel municipal afin de comprendre ses orientations, de saisir leurs attentes et adapter notre projet aux leurs. Nos demandes sont restées lettre morte. Comment dans ces conditions pouvions-nous construire un projet qui répondrait mieux aux attentes des Roisséens ? Et comment développer de nouveaux projets lorsque l’on nous impose unilatéralement début 2016 une convention d’un an seulement ?

Un appel à projets en guise d’éviction ?
Difficile de croire donc que l’appel à projets annoncé par le maire de Roissy pour la mi-juillet soit vraiment ouvert à notre association et à notre projet. D’abord parce que nous sommes mi-octobre passé, qu’il n’a toujours pas été publié et que nous restons sans aucune nouvelle de la ville : nous ne connaissons ni son contenu, ni son calendrier, ni les moyens mis à disposition. Par contre, le service culturel de la ville s’invite la veille pour le lendemain au Pub ADK avec des entreprises pour établir des devis en remplacement de notre matériel. Comment ne pas croire que la ville prépare notre départ ?

Le mutisme du maire quant à cet appel à projets a des conséquences profondes pour notre association car il y a de l’humain en jeu, il y a de l’emploi, lié aussi à de l’insertion professionnelle. Sans lieu pas d’activité, sans activité pas de recettes, sans recettes pas de salariés : trois licenciements sont à prévoir pour 2017, dont deux concernent des emplois aidés. Surtout, que vont devenir tous ces bénévoles du Pub ADK, ces nombreux stagiaires et services civiques accueillis chaque année ? Au cœur même de notre projet, on retrouve cette logique d’insertion professionnelle : pendant 10 ans, ce sont des bénévoles qui ont créé, fait vivre et développé ce projet. On en compte plus de 200 dans l’histoire du Pub ADK, qui ont bénéficié d’un cadre d’apprentissage de métiers divers, sans distinction d’expérience ou de formation. Formés aux techniques du son, de la lumière, à l’accueil d’artistes, à la technique, la communication, la billetterie, la vie associative… certains ont même trouvé du travail grâce à cette transmission de savoirs et de savoir-faire qui s’opérait au Pub ADK. Si cette dynamique-là venait à s’arrêter, les conséquences humaines et sociales seraient donc particulièrement importantes ; une ironie lorsque l’on sait que le maire de Roissy-en-Brie est vice-président en charge de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelle de la nouvelle agglomération de Paris-Vallée de la Marne.

Un arrêt pur et simple des projets artistiques et culturels ?
Nous ne comprenons pas comment nous sommes parvenus à une telle situation, avec autant d’incompréhension et de non-communication. Le projet du Pub ADK n’a jamais été aussi professionnel, diversifié et abouti ; nos partenaires sont chaque année plus nombreux, à Roissy-en-Brie comme ailleurs. Les projets montés visent à développer les pratiques artistiques et culturelles des habitants de ce territoire, à sensibiliser chacun à la culture au-delà des différences culturelles, sociales et économiques. En 2016, nous travaillons avec plusieurs écoles primaires de la ville, les collèges, le lycée, le conservatoire, le service jeunesse de la ville, la Maison des Solidarités, l’association Cultures du CœurChaque week-end depuis 10 ans, Le Pub ADK ouvre ses portes à tous, simples curieux ou amateurs de musiques actuelles, au nom d’une culture de proximité. 75 ouvertures en 2015, plus de la moitié gratuites, pour près de 200 concerts. Les conséquences s’annoncent lourdes aussi pour la création artistique locale : plus de 80 % de ces 200 groupes provenaient de Seine-et-Marne et des trois départements limitrophes, avec plus de la moitié d’entre eux issus de notre département. Sans parler des résidences artistiques, des répétitions et des enregistrements réalisés, tout cet engagement pour que les artistes locaux puissent créer, s’exprimer, se développer. Tout cela serait donc fini ?

Comment manifester son soutien ?
Nous ne renonçons pas à notre projet associatif, artistique et culturel. Nous sommes convaincus de sa pertinence en Seine-et-Marne et déterminés à tout faire pour qu’il existe demain à Roissy-en-Brie. Nous avons besoin de réponses, d’un vrai dialogue avec la ville mais aussi d’un soutien partenarial et financier accru, qui va au-delà de la mise à disposition de locaux, de sa licence IV et de la minuscule subvention de 4 850 € attribuée en 2016. Nous souhaitons que la ville se positionne enfin comme un partenaire fort et incontournable, désireux de maintenir ce lieu de vie et de création sur leur territoire. Nous avons besoin d’être reconnu et considéré pour ce que nous sommes : un acteur de l’économie locale, un facteur important d’attractivité et de notoriété de la ville, une association locale incontournable dans le développement des pratiques artistiques et dans l’accès à la culture des populations de Roissy-en-Brie.

Parlez donc de la situation du Pub ADK autour de vous, à vos élus, à vos proches. Signez et diffusez cette pétition, partagez nos publications, participez à nos actions et surtout venez aux concerts programmés d’ici la fin de l’année !

La culture et les musiques actuelles sont un bien public d’utilité sociale, battons-nous pour les préserver !



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