Soutenons les Missions Locales et l'accompagnement des jeunes !

Le problème


                  Monsieur le Président de la République, 


    Il y a maintenant plus de 40 ans, les Missions locales ont été créées par un gouvernement soucieux d’avoir une politique efficace en réponse à la crise économique qui frappait durement les jeunes. Depuis, les Missions locales se sont développées en s’inscrivant dans une approche transversale, coordonnée et concertée de leur intervention à l’échelle de chaque territoire. L’on dénombre aujourd’hui 436 structures, 6800 lieux d’accueil et d’accompagnement, 15 animations régionales. Ensemble les Missions locales accompagnent plus de 1 100 000 jeunes par an. 


Tout comme au début des années 1980, les jeunes de 2023 doivent à leur tour faire face aux crises qui s’imposent à eux. Conscientes de l’importance d’être mobilisées à vos côtés pour dépasser la crise, Monsieur le Président de la République, les Missions locales ont répondu présent et rempli leur part des objectifs ambitieux qui leur ont été alloués. Aujourd’hui, nous devons le reconnaître ensemble, les jeunes qui ont traversé ces épreuves récentes, ne sont pas si différents de ceux des années 1980. Au-delà des dispositifs d’insertion, ils espèrent être pris en considération dans toutes leurs dimensions, sans jugement, sans stigmatisation. Oui, la question de l’emploi est fondamentale ; cependant elle n’est pas la seule dimension pour laquelle nous devons nous mobiliser. La formation, le logement, la santé, la mobilité, l’inscription dans la vie citoyenne… une combinaison d’éléments participe à l’approche globale.


Dans nos structures, les jeunes se voient proposer d’être acteurs de leur parcours et d’exercer leur libre arbitre sereinement. Sur ce point, notre philosophie d’action diffère pleinement de celles d’autres opérateurs. Aussi, par exemple, nous pensons que ce n’est pas une interface numérique qui doit dicter la progression des jeunes, mais bien un dialogue de deux êtres humains. À la lecture de l’ensemble des éléments en notre possession, nous mesurons, en particulier, le risque d’augmentation du non recours aux droits qu’engendrerait une trop grande mobilisation des outils numériques. La richesse de la jeunesse, c’est aussi de pouvoir parler des jeunesses, des parcours singuliers et de maintenir les espaces où ces jeunesses peuvent se parler, échanger, s’épauler. Ces espaces, ce sont les Missions locales, qui participent pleinement à la cohésion sociale que vous risquez de fragiliser en voulant distinguer les jeunes qui sont proches de l’emploi des autres. 


Une Mission locale est un service public qui vit en symbiose avec  son territoire. Elle déploie ses antennes pour être au plus proche des jeunes. Les élus locaux qui sont investis dans leurs gouvernances, participent au repérage des jeunes dits invisibles, créent du lien avec les acteurs du bassin d’emploi, font remonter des besoins afin d’adapter les outils aux réalités de terrain. Les services de l’Etat, les acteurs économiques, de l’action sociale et de la vie associative participent pleinement à la gouvernance de nos structures, véritable richesse et lieu d’une vision partagée sur la situation des jeunes, des ressources du territoire, dans le but d’orienter l’action des Missions locales mais aussi des acteurs du territoire en direction des jeunes. 


S’il est important de conserver aux Missions locales leur autonomie ; celle-ci doit être renforcée par une relation égalitaire avec le futur opérateur de France-Travail (Pôle emploi). Cela doit se concrétiser notamment  par une présence automatique de nos structures à toutes les échelles de gouvernance, au sein des comités de pilotage de France travail. Au-delà de la participation aux instances, une saine gouvernance se manifeste également par un financement stabilisé et pluriannuel de notre fonctionnement. Il devient important d’inscrire dans la loi la répartition du financement par niveau de territoire, et le montant associé. Il s’agit là de garantir notre indépendance. 


Aujourd’hui une question se pose : comment conserver l'efficacité de nos structures lorsque le spectre de la concurrence entre structures vient rompre la sérénité des interactions entre les acteurs qui agissent sur un territoire. Certains dispositifs nous contraignent à lier l’engagement des jeunes à nos ressources. Il en découle naturellement une tension quand d’autres acteurs sont investis de la même mission. L’action en concertation sur un territoire, se mue en une situation concurrentielle dans laquelle les jeunes ne trouvent rien à gagner. 


Nous élus locaux, acteurs, actrices, partenaires et soutiens des Missions locales, pensons que les jeunes pourraient trouver de l’intérêt à une nouvelle organisation, et donc à France travail, si les Missions locales sont positionnées comme opérateur principal pour les moins de 26 ans ; si la structure a les moyens de pouvoir venir à leur rencontre ; si le rapport aux outils numérique est limité ; et si tous les jeunes ont le sentiment de pouvoir exercer leur libre arbitre tout au long de leur parcours y compris sur la question du choix de l’opérateur qui l’accompagne. Pour aller plus loin, nous pourrions ajouter que nos structures adhéreraient à votre projet si elles avaient le sentiment que leur expertise était reconnue par une présence automatique de ses représentants à la gouvernance de France travail à l’échelle locale, régionale et nationale ; si il n’y avait pas le sentiment d’être interchangeable avec des opérateurs privés dont on sait l’arrivée sur le marché du “aller-vers”, démarche à laquelle nous tenons et pour laquelle nous manquons de moyens et non de savoir-faire ; si l’approche globale était reconnue par un renforcement des dotations socles de nos structures. 

 

Nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre haute considération. 

 

 

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Wendy LAFAYELanceur de pétition

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Le problème


                  Monsieur le Président de la République, 


    Il y a maintenant plus de 40 ans, les Missions locales ont été créées par un gouvernement soucieux d’avoir une politique efficace en réponse à la crise économique qui frappait durement les jeunes. Depuis, les Missions locales se sont développées en s’inscrivant dans une approche transversale, coordonnée et concertée de leur intervention à l’échelle de chaque territoire. L’on dénombre aujourd’hui 436 structures, 6800 lieux d’accueil et d’accompagnement, 15 animations régionales. Ensemble les Missions locales accompagnent plus de 1 100 000 jeunes par an. 


Tout comme au début des années 1980, les jeunes de 2023 doivent à leur tour faire face aux crises qui s’imposent à eux. Conscientes de l’importance d’être mobilisées à vos côtés pour dépasser la crise, Monsieur le Président de la République, les Missions locales ont répondu présent et rempli leur part des objectifs ambitieux qui leur ont été alloués. Aujourd’hui, nous devons le reconnaître ensemble, les jeunes qui ont traversé ces épreuves récentes, ne sont pas si différents de ceux des années 1980. Au-delà des dispositifs d’insertion, ils espèrent être pris en considération dans toutes leurs dimensions, sans jugement, sans stigmatisation. Oui, la question de l’emploi est fondamentale ; cependant elle n’est pas la seule dimension pour laquelle nous devons nous mobiliser. La formation, le logement, la santé, la mobilité, l’inscription dans la vie citoyenne… une combinaison d’éléments participe à l’approche globale.


Dans nos structures, les jeunes se voient proposer d’être acteurs de leur parcours et d’exercer leur libre arbitre sereinement. Sur ce point, notre philosophie d’action diffère pleinement de celles d’autres opérateurs. Aussi, par exemple, nous pensons que ce n’est pas une interface numérique qui doit dicter la progression des jeunes, mais bien un dialogue de deux êtres humains. À la lecture de l’ensemble des éléments en notre possession, nous mesurons, en particulier, le risque d’augmentation du non recours aux droits qu’engendrerait une trop grande mobilisation des outils numériques. La richesse de la jeunesse, c’est aussi de pouvoir parler des jeunesses, des parcours singuliers et de maintenir les espaces où ces jeunesses peuvent se parler, échanger, s’épauler. Ces espaces, ce sont les Missions locales, qui participent pleinement à la cohésion sociale que vous risquez de fragiliser en voulant distinguer les jeunes qui sont proches de l’emploi des autres. 


Une Mission locale est un service public qui vit en symbiose avec  son territoire. Elle déploie ses antennes pour être au plus proche des jeunes. Les élus locaux qui sont investis dans leurs gouvernances, participent au repérage des jeunes dits invisibles, créent du lien avec les acteurs du bassin d’emploi, font remonter des besoins afin d’adapter les outils aux réalités de terrain. Les services de l’Etat, les acteurs économiques, de l’action sociale et de la vie associative participent pleinement à la gouvernance de nos structures, véritable richesse et lieu d’une vision partagée sur la situation des jeunes, des ressources du territoire, dans le but d’orienter l’action des Missions locales mais aussi des acteurs du territoire en direction des jeunes. 


S’il est important de conserver aux Missions locales leur autonomie ; celle-ci doit être renforcée par une relation égalitaire avec le futur opérateur de France-Travail (Pôle emploi). Cela doit se concrétiser notamment  par une présence automatique de nos structures à toutes les échelles de gouvernance, au sein des comités de pilotage de France travail. Au-delà de la participation aux instances, une saine gouvernance se manifeste également par un financement stabilisé et pluriannuel de notre fonctionnement. Il devient important d’inscrire dans la loi la répartition du financement par niveau de territoire, et le montant associé. Il s’agit là de garantir notre indépendance. 


Aujourd’hui une question se pose : comment conserver l'efficacité de nos structures lorsque le spectre de la concurrence entre structures vient rompre la sérénité des interactions entre les acteurs qui agissent sur un territoire. Certains dispositifs nous contraignent à lier l’engagement des jeunes à nos ressources. Il en découle naturellement une tension quand d’autres acteurs sont investis de la même mission. L’action en concertation sur un territoire, se mue en une situation concurrentielle dans laquelle les jeunes ne trouvent rien à gagner. 


Nous élus locaux, acteurs, actrices, partenaires et soutiens des Missions locales, pensons que les jeunes pourraient trouver de l’intérêt à une nouvelle organisation, et donc à France travail, si les Missions locales sont positionnées comme opérateur principal pour les moins de 26 ans ; si la structure a les moyens de pouvoir venir à leur rencontre ; si le rapport aux outils numérique est limité ; et si tous les jeunes ont le sentiment de pouvoir exercer leur libre arbitre tout au long de leur parcours y compris sur la question du choix de l’opérateur qui l’accompagne. Pour aller plus loin, nous pourrions ajouter que nos structures adhéreraient à votre projet si elles avaient le sentiment que leur expertise était reconnue par une présence automatique de ses représentants à la gouvernance de France travail à l’échelle locale, régionale et nationale ; si il n’y avait pas le sentiment d’être interchangeable avec des opérateurs privés dont on sait l’arrivée sur le marché du “aller-vers”, démarche à laquelle nous tenons et pour laquelle nous manquons de moyens et non de savoir-faire ; si l’approche globale était reconnue par un renforcement des dotations socles de nos structures. 

 

Nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre haute considération. 

 

 

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Wendy LAFAYELanceur de pétition

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