SAUVONS L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET UNIVERSITAIRE À GOMA ET BUKAVU

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Le problème

Pour la reprise des activités académiques, la liberté académique et la protection des universités dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu

Nous, enseignants, chercheurs, étudiants, cadres scientifiques et intellectuels engagés du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, lançons cette pétition face à la situation critique qui frappe l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) dans les villes de Goma et de Bukavu, en République démocratique du Congo.

Plus de 50 000 étudiants sont directement concernés par cette crise qui compromet la continuité de leur formation et l’avenir académique de toute une génération. La situation affecte également de nombreux membres du personnel scientifique et académique, notamment les enseignants Nouvelles Unités (NU) et Non Payés (NP).

POURQUOI CETTE PÉTITION ?

Le 7 août 2026, la coordination de l’AFC/M23 a désigné et nommé de nouveaux membres des comités de gestion dans plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu. Ces actes prolongent des nominations intervenues notamment à l’Université de Goma le 29 mai 2025 et à l’ISTM/Bukavu le 25 juin 2025.

En réaction, le Gouvernement de la République démocratique du Congo, par l’arrêté ministériel n° 239/MINESURSI/CAB.MIN/SASM/MMK/2026 du 20 août 2026, a suspendu jusqu’à nouvel ordre les activités académiques et para-académiques de l’année 2026-2027 dans onze établissements de Goma et Bukavu.

Cette situation place les étudiants, les enseignants et l’ensemble de la communauté universitaire dans une situation particulièrement préoccupante.

Nous refusons que les universités deviennent les victimes collatérales des affrontements politiques et militaires.

L’université doit demeurer un espace de savoir, de recherche, de formation, de dialogue, de liberté intellectuelle et de construction de la paix.

NOS DEMANDES URGENTES

Nous demandons :

1. À la coordination de l’AFC/M23

De retirer sans condition les actes de nomination pris les 29 mai 2025, 25 juin 2025 et 7 août 2026 au sein des comités de gestion des établissements concernés.

2. Au Gouvernement de la République démocratique du Congo

De rapporter sans condition l’arrêté ministériel n° 239/MINESURSI/CAB.MIN/SASM/MMK/2026 du 20 août 2026 afin de permettre la reprise des activités académiques et para-académiques dans les établissements concernés.

POUR UNE GOUVERNANCE UNIVERSITAIRE CONFORME À LA LOI

Nous proposons également :

L’organisation, dans chaque établissement concerné, de l’élection du Recteur et/ou du Directeur général par ses pairs, conformément à l’article 153, alinéa 1er, de la Loi-Cadre n° 14/004 du 11 février 2014, sous une supervision garantissant la sincérité du scrutin.
La nomination des autres membres des comités de gestion — Secrétaire général académique, Secrétaire général à la recherche, Secrétaire général administratif et administrateur du budget — par l’autorité de tutelle, en l’occurrence le Ministère de l’Enseignement Supérieur, Universitaire et de la Recherche Scientifique, conformément à l’article 153, alinéa 2, de la même loi.


POUR LA SANCTUARISATION DES UNIVERSITÉS

Nous demandons aux parties au conflit de reconnaître et de respecter le caractère sanctuarisé des campus universitaires de Goma et de Bukavu.

Les universités ne doivent être ni des espaces de conquête du pouvoir politique, ni des instruments des parties au conflit.

Comme le rappelle le Vademecum du gestionnaire d’une institution d’enseignement supérieur et universitaire, l’université est un lieu d’excellence, de savoir et de science.

Nous demandons donc un engagement conjoint des parties afin de préserver les établissements universitaires de toute instrumentalisation politique, militaire ou sécuritaire.

POUR LA CONTINUITÉ ACADÉMIQUE

Nous demandons la garantie de la continuité des activités académiques en faveur de tous les étudiants, particulièrement les étudiants finalistes.

Nous demandons également la validation intégrale des acquis de l’année académique 2025-2026 afin que les étudiants ne soient pas pénalisés par une situation qui ne relève pas de leur responsabilité.

POUR LES ENSEIGNANTS NOUVELLES UNITÉS ET NON PAYÉS

Nous demandons la prise en charge effective du personnel scientifique Nouvelles Unités (NU) et Non Payés (NP).

Ces enseignants participent au fonctionnement et à la formation des étudiants malgré une situation de précarité particulièrement difficile.

Nous demandons leur mécanisation et leur paiement, conformément à la nécessité de garantir un enseignement supérieur fonctionnel et durable.

APPEL AUX ORGANISATIONS INTERNATIONALES ET RÉGIONALES

Nous appelons également les institutions et organisations mentionnées dans cette pétition à user, chacune selon son mandat, de son autorité et de son influence pour contribuer au règlement de cette crise universitaire.

Nous sollicitons notamment l’attention et l’implication :

du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ;
du Secrétaire général des Nations Unies ;
du Président de la Commission de l’Union africaine ;
de l’UNESCO ;
de l’Association des Universités Africaines (AUA) ;
de la Conférence des Recteurs des Universités des Pays des Grands Lacs (CRUEGL) ;
du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) ;
de la MONUSCO ;
de la CEEAC ;
du Médiateur en Chef de l’Union africaine dans le conflit AFC/M23 contre le Gouvernement congolais ;
des facilitateurs du processus de Doha et de Washington ;
des Présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo.


LE RÔLE DU CICR

Nous appelons particulièrement le Comité international de la Croix-Rouge, en tant qu’intermédiaire neutre dans les conflits armés, à examiner la possibilité d’offrir ses services de bons offices auprès des deux parties afin de contribuer à limiter les conséquences humanitaires liées à la suspension des activités académiques pour l’année 2026-2027.

POURQUOI VOTRE SIGNATURE EST IMPORTANTE

Signer cette pétition, c’est soutenir :

le droit des étudiants à poursuivre leur formation ;
la liberté académique et intellectuelle ;
la protection des universités contre l’instrumentalisation politique et militaire ;
la continuité des activités académiques ;
la reconnaissance et la prise en charge des enseignants NU/NP ;
une gouvernance universitaire conforme au cadre légal ;
la préservation de l’université comme espace de savoir, de recherche, de dialogue et de paix.
Cette pétition n’est pas dirigée contre l’université ou contre les étudiants. Elle vise au contraire à protéger l’institution universitaire et à permettre à la communauté académique de poursuivre sa mission fondamentale.

NOTRE APPEL

Nous appelons les enseignants, chercheurs, étudiants, anciens étudiants, parents, cadres scientifiques, intellectuels, organisations de la société civile, acteurs de 

« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. » Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre

Les décisionnaires

António Guterres
Secretary General of the United Nations
Emmanuel Macron
Président de la République française.

Message aux signataires