SANTE MENTALE DES ENFANTS ET ADOLESCENTS : Ecoutons, prévenons, protégeons

Signataires récents:
Hakima BELLAGRA et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

L’avenir de la nation dépend de la santé mentale des jeunes générations

Nous, parents, psychologues, éducateurs, enseignants, professionnels de l’enfance et citoyens, lançons un appel commun et urgent :

il est temps de garantir à chaque enfant un accès réel, digne et équitable à la santé mentale.

 

Une bombe à retardement qui éclate aujourd’hui 

Le confinement lié au Covid-19 a agi comme un catalyseur. Il a fait exploser chez toute une génération, des fragilités émotionnelles et relationnelles sous l’effet combiné de l’isolement, de l’insécurité et des réseaux sociaux.

Comme le montrent régulièrement les faits divers tragiques, la France est aujourd’hui confrontée à une montée alarmante des violences adolescentes.

Enfants agressés, adolescents débordés par leurs émotions, jeunes dérivant vers la délinquance.

L’équilibre psychique et la santé mentale des jeunes citoyens sont les piliers centraux de la paix sociale et de l’avenir de notre pays.


Notre constat de la réalité du terrain

Depuis des années, nous intervenons dans des associations, des collèges, des lycées, ou au domicile des familles. Aux côtés d’enfants et d’adolescents confrontés à toutes sortes de souffrances.

Nous œuvrons chaque jour pour recevoir, écouter et soigner les paroles et les maux exprimés par les enfants. Certains, ayant des troubles du comportement, sont qualifiés de “perturbateurs”, “insolents” ou scolairement “désengagés”, alors qu’ils souffrent de symptômes ou de traumatismes non reconnus. Nous constatons des souffrances multiples :

- Harcèlement scolaire,
- Anxiété,
- Troubles du comportement,
- Troubles du neurodéveloppement,
- Isolement,
- Violences intrafamiliales,
- Abus sexuels…

Beaucoup de troubles et de handicaps « invisibles », ne sont ni diagnostiqués, ni pris en charge, ni pansés, ni compensés. Et trop de tentatives d’adaptations scolaires sont encore réalisées sans identification claire des causes psychologiques ou neurodéveloppementales des difficultés.

Comment accepter qu’un enfant traverse toute sa scolarité sans qu’aucun adulte côtoyé, éducatif ou médical, n’ait su, ou voulu, poser les mots précocement malgré des bilans obligatoires ?

Comment accepter qu’un enfant passe entre les mailles du filet jusqu’à l’effondrement, jusqu’à intenter à sa vie ou à celle d’autrui ?

 

Une chaîne cassée dès le départ

Même lorsqu’un professionnel de terrain identifie des signes cliniques préoccupants et recommande un bilan ou un suivi, le parcours est semé d’obstacles :

                • Trouver un pédopsychiatre ? Presque mission impossible.

                • Accéder à un psychiatre pour valider un pré diagnostic ? Rare et saturé.

                • Trouver un pédiatre formé à la santé mentale ? Trop peu nombreux.

Les enseignants, professeurs et accompagnants éducatifs sont eux aussi :

- Sous-payés,
- Débordés,
- Déstabilisés par des conditions d’exercice de plus en plus précaires,
- Et confrontés eux-mêmes à des risques psychosociaux majeurs.

Ce n’est pas une question de bonne volonté ni de vocations, car heureusement, elles sont encore nombreuses.
C’est un système sous-doté, mal articulé, incapable d’absorber les besoins de soins générés par notre société multidysfonctionnelle.

Le manque d’investissement dans la santé et dans l’éducation aujourd’hui, décuple pourtant le coût de la détresse et de l’exclusion demain.

 

Un dispositif “Mon Soutien Psy” bien intentionné mais insuffisant

Aujourd’hui, le programme “Mon Soutien Psy” rembourse 12 séances par an, à 50€, pour les enfants dès 3 ans.

Mais :

  • Il exclut les enfants présentant des troubles sévères.
  • Il ne prend pas en charge les bilans psychologiques, cognitifs ou émotionnels, pourtant indispensables aux diagnostics.
  • Il propose une rémunération très basse, qui ne reconnaît pas les charges, le niveau d’études et la formation continue des psychologues.

Résultat :

  • Trop peu de psychologues participent.
  • Les enfants en plus grande détresse sont laissés de côté.
  • Les psychologues qui souhaitent accompagner malgré tout — par éthique et humanité — sont rapidement submergés et épuisés, piégés entre leur devoir de soin et les limites administratives.

Nous refusons de continuer à dire aux parents :

“Votre enfant souffre trop pour bénéficier d’une aide ici. Attendez deux ans au CMP surchargé, cherchez un psychiatre introuvable, ou payez un bilan plutôt que votre loyer”

La majorité des parents qui se tournent vers « Mon Soutien Psy » le font en effet par contrainte financière, dans l’espoir de pouvoir enfin offrir une aide à leur enfant, mais les professionnels se retrouvent trop souvent dans une impasse éthique et les familles dans une impasse socio-économique.

C’est intenable. Professionnellement. Déontologiquement.  Humainement.

Ce que nous demandons — avec une voix unie

  • Un investissement massif et immédiat dans la santé mentale des enfants et adolescents.
  • Le remboursement intégral de 20 séances annuelles, sans condition de gravité, chez le psychologue de leur choix. Car la progression dépend d’abord de l’alliance thérapeutique.
  • La prise en charge effective des bilans psychologiques, cognitifs et émotionnels.
  • La création d’un parcours national de prévention psychologique, avec des bilans gratuits aux âges clés : 3, 6, 9, 12, 15 et 18 ans. Car ces âges correspondent à des transitions scolaires, émotionnelles et sociales majeures. (Exemple : la loi protège les mineurs jusqu’à 15 ans ; à 15 ans et un jour, le risque de prédation augmente.)
  • Une politique de santé mentale ambitieuse pour le XXIe siècle, incluant :
  1. La formation renforcée des enseignants, pédiatres, éducateurs à la détection des signaux d’alerte psychique.
  2. La revalorisation des conditions de travail et de rémunération des professionnels de l’enfance.
  3. La construction de passerelles solides entre psychologie cognitive, neuropsychologie et psychiatrie, pour compenser le déficit critique de psychiatres et pédopsychiatres, dans les quartiers populaires comme dans les ruralités.

 

Un enfant psychologiquement accompagné aujourd’hui est un adulte plus libre et épanoui demain

  • Parce que chaque retard de diagnostic, chaque renoncement au soin est un coût humain, social et financier colossal et que prévenir est toujours plus juste et moins coûteux que réparer.
  • Parce que la santé mentale est un droit fondamental, pas un privilège et que celle des enfants doit être la priorité de tous.
  • Parce que nous, professionnels du terrain, ne pouvons ni ne voulons plus porter seuls le poids de plus en plus pesant d’un système bancal.
  • Parce qu’un parent mieux guidé et informé, peut mieux protéger, mieux aimer, mieux éduquer.
  • Parce que l’avenir et la grandeur d’une société dépend du soin qu’elle porte aux jeunes générations.
     

Agissons ! 

Nous appelons les parents, les enseignants, les psychologues, les médecins, les travailleurs sociaux, les citoyens conscients à signer massivement cette tribune.

Pour que plus jamais un enfant ne soit abandonné dans sa souffrance.
Pour que la France arme psychologiquement la jeunesse, aujourd’hui.
 

Lettre portée par l’association : L’inclusion Ensemble, en faveur de l’égalité des chances et l’accessibilité universelle pour les personnes en situation de handicap (www.inclusionensemble.fr)

Rédigée par : Nadège Guillard — Psychologue de la cognition - Membre active de l’association l’Inclusion Ensemble - Autrice (Le meilleur pour mon enfant - Faire grandir avec ses origines et les neurosciences, Éditions First) 

Et Olivier Paolini, enseignant spécialisé – Président de l’association l’Inclusion Ensemble 

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Signataires récents:
Hakima BELLAGRA et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

L’avenir de la nation dépend de la santé mentale des jeunes générations

Nous, parents, psychologues, éducateurs, enseignants, professionnels de l’enfance et citoyens, lançons un appel commun et urgent :

il est temps de garantir à chaque enfant un accès réel, digne et équitable à la santé mentale.

 

Une bombe à retardement qui éclate aujourd’hui 

Le confinement lié au Covid-19 a agi comme un catalyseur. Il a fait exploser chez toute une génération, des fragilités émotionnelles et relationnelles sous l’effet combiné de l’isolement, de l’insécurité et des réseaux sociaux.

Comme le montrent régulièrement les faits divers tragiques, la France est aujourd’hui confrontée à une montée alarmante des violences adolescentes.

Enfants agressés, adolescents débordés par leurs émotions, jeunes dérivant vers la délinquance.

L’équilibre psychique et la santé mentale des jeunes citoyens sont les piliers centraux de la paix sociale et de l’avenir de notre pays.


Notre constat de la réalité du terrain

Depuis des années, nous intervenons dans des associations, des collèges, des lycées, ou au domicile des familles. Aux côtés d’enfants et d’adolescents confrontés à toutes sortes de souffrances.

Nous œuvrons chaque jour pour recevoir, écouter et soigner les paroles et les maux exprimés par les enfants. Certains, ayant des troubles du comportement, sont qualifiés de “perturbateurs”, “insolents” ou scolairement “désengagés”, alors qu’ils souffrent de symptômes ou de traumatismes non reconnus. Nous constatons des souffrances multiples :

- Harcèlement scolaire,
- Anxiété,
- Troubles du comportement,
- Troubles du neurodéveloppement,
- Isolement,
- Violences intrafamiliales,
- Abus sexuels…

Beaucoup de troubles et de handicaps « invisibles », ne sont ni diagnostiqués, ni pris en charge, ni pansés, ni compensés. Et trop de tentatives d’adaptations scolaires sont encore réalisées sans identification claire des causes psychologiques ou neurodéveloppementales des difficultés.

Comment accepter qu’un enfant traverse toute sa scolarité sans qu’aucun adulte côtoyé, éducatif ou médical, n’ait su, ou voulu, poser les mots précocement malgré des bilans obligatoires ?

Comment accepter qu’un enfant passe entre les mailles du filet jusqu’à l’effondrement, jusqu’à intenter à sa vie ou à celle d’autrui ?

 

Une chaîne cassée dès le départ

Même lorsqu’un professionnel de terrain identifie des signes cliniques préoccupants et recommande un bilan ou un suivi, le parcours est semé d’obstacles :

                • Trouver un pédopsychiatre ? Presque mission impossible.

                • Accéder à un psychiatre pour valider un pré diagnostic ? Rare et saturé.

                • Trouver un pédiatre formé à la santé mentale ? Trop peu nombreux.

Les enseignants, professeurs et accompagnants éducatifs sont eux aussi :

- Sous-payés,
- Débordés,
- Déstabilisés par des conditions d’exercice de plus en plus précaires,
- Et confrontés eux-mêmes à des risques psychosociaux majeurs.

Ce n’est pas une question de bonne volonté ni de vocations, car heureusement, elles sont encore nombreuses.
C’est un système sous-doté, mal articulé, incapable d’absorber les besoins de soins générés par notre société multidysfonctionnelle.

Le manque d’investissement dans la santé et dans l’éducation aujourd’hui, décuple pourtant le coût de la détresse et de l’exclusion demain.

 

Un dispositif “Mon Soutien Psy” bien intentionné mais insuffisant

Aujourd’hui, le programme “Mon Soutien Psy” rembourse 12 séances par an, à 50€, pour les enfants dès 3 ans.

Mais :

  • Il exclut les enfants présentant des troubles sévères.
  • Il ne prend pas en charge les bilans psychologiques, cognitifs ou émotionnels, pourtant indispensables aux diagnostics.
  • Il propose une rémunération très basse, qui ne reconnaît pas les charges, le niveau d’études et la formation continue des psychologues.

Résultat :

  • Trop peu de psychologues participent.
  • Les enfants en plus grande détresse sont laissés de côté.
  • Les psychologues qui souhaitent accompagner malgré tout — par éthique et humanité — sont rapidement submergés et épuisés, piégés entre leur devoir de soin et les limites administratives.

Nous refusons de continuer à dire aux parents :

“Votre enfant souffre trop pour bénéficier d’une aide ici. Attendez deux ans au CMP surchargé, cherchez un psychiatre introuvable, ou payez un bilan plutôt que votre loyer”

La majorité des parents qui se tournent vers « Mon Soutien Psy » le font en effet par contrainte financière, dans l’espoir de pouvoir enfin offrir une aide à leur enfant, mais les professionnels se retrouvent trop souvent dans une impasse éthique et les familles dans une impasse socio-économique.

C’est intenable. Professionnellement. Déontologiquement.  Humainement.

Ce que nous demandons — avec une voix unie

  • Un investissement massif et immédiat dans la santé mentale des enfants et adolescents.
  • Le remboursement intégral de 20 séances annuelles, sans condition de gravité, chez le psychologue de leur choix. Car la progression dépend d’abord de l’alliance thérapeutique.
  • La prise en charge effective des bilans psychologiques, cognitifs et émotionnels.
  • La création d’un parcours national de prévention psychologique, avec des bilans gratuits aux âges clés : 3, 6, 9, 12, 15 et 18 ans. Car ces âges correspondent à des transitions scolaires, émotionnelles et sociales majeures. (Exemple : la loi protège les mineurs jusqu’à 15 ans ; à 15 ans et un jour, le risque de prédation augmente.)
  • Une politique de santé mentale ambitieuse pour le XXIe siècle, incluant :
  1. La formation renforcée des enseignants, pédiatres, éducateurs à la détection des signaux d’alerte psychique.
  2. La revalorisation des conditions de travail et de rémunération des professionnels de l’enfance.
  3. La construction de passerelles solides entre psychologie cognitive, neuropsychologie et psychiatrie, pour compenser le déficit critique de psychiatres et pédopsychiatres, dans les quartiers populaires comme dans les ruralités.

 

Un enfant psychologiquement accompagné aujourd’hui est un adulte plus libre et épanoui demain

  • Parce que chaque retard de diagnostic, chaque renoncement au soin est un coût humain, social et financier colossal et que prévenir est toujours plus juste et moins coûteux que réparer.
  • Parce que la santé mentale est un droit fondamental, pas un privilège et que celle des enfants doit être la priorité de tous.
  • Parce que nous, professionnels du terrain, ne pouvons ni ne voulons plus porter seuls le poids de plus en plus pesant d’un système bancal.
  • Parce qu’un parent mieux guidé et informé, peut mieux protéger, mieux aimer, mieux éduquer.
  • Parce que l’avenir et la grandeur d’une société dépend du soin qu’elle porte aux jeunes générations.
     

Agissons ! 

Nous appelons les parents, les enseignants, les psychologues, les médecins, les travailleurs sociaux, les citoyens conscients à signer massivement cette tribune.

Pour que plus jamais un enfant ne soit abandonné dans sa souffrance.
Pour que la France arme psychologiquement la jeunesse, aujourd’hui.
 

Lettre portée par l’association : L’inclusion Ensemble, en faveur de l’égalité des chances et l’accessibilité universelle pour les personnes en situation de handicap (www.inclusionensemble.fr)

Rédigée par : Nadège Guillard — Psychologue de la cognition - Membre active de l’association l’Inclusion Ensemble - Autrice (Le meilleur pour mon enfant - Faire grandir avec ses origines et les neurosciences, Éditions First) 

Et Olivier Paolini, enseignant spécialisé – Président de l’association l’Inclusion Ensemble 

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