Actualización de la peticiónSaint-Denis Ilot8 en grand danger Patrimoine Habitat social Architecture Renée GailhoustetHabitat social, réhabilitation, et patrimoine architectural contemporain
Hélène DEGOYFrancia
11 may 2025

                      Fête des Passerelles et des Amis de l'Ilot 8

                      Dimanche 15 juin à partir de 13h ( date à confirmer)

(Pique-nique festif, visite commentée de la promenade haute, et débat avec des architectes)

     Patrimoine historique et architecture contemporaine, réhabilitation et habitat social, libre accès au domaine public et sécurité, confiscation du pouvoir décisionnel et consultation des habitants  : ces questions sont inextricablement mêlées dans le statut actuel de l'Ilot 8, et des luttes qui s'y mènent.

Le bailleur Plaine Commune Habitat , la Mairie et les maîtres d'oeuvre sont visiblement en difficulté face au succès de la mobilisation à Saint-Denis, en France, dans les milieux d'architecture et d'urbanisme, universitaires et citoyens. Nous sommes attaqué.es par notre bailleur qui ferme sans raison donnée le local résidentiel Maison Jaune où le Collectif se réunit depuis 10 ans et nous en refuse désormais l'accès. Des déclarations récurrentes d'élus de la municipalité et du Président de PCH dénigrent la qualité architecturale du bâtiment de Renée Gailhoustet en déclarant les appartements peu attractifs de par leur conception elle-même, la promenade haute vérolée de trafics, et les terrasses frappées de mésusages. Sur les réseaux sociaux notre pétition est qualifiée de mensongère, dont les signataires seraient les victimes ignorantes. Affligeant paradoxe : l'architecte paysagiste Serge Renaudie beau-fils de Renée Gailhoustet s'auto-félicite de la «réhabilitation totalement respectueuse de son architecture». Il a en effet accepté l'association à la maîtrise d'oeuvre offerte par PCH et la Mairie en échange de sa caution morale à valider la destruction d'aspects pourtant essentiels de ce patrimoine. Argument autoproclamé qui n'exonère pas de la triste trahison de Renée Gailhoustet par les siens, qui auraient dus être nos alliés et les premiers à défendre son œuvre magistrale.

SR cherche donc à se défendre, ce qui est légitime, mais non pas en répondant aux graves critiques qui lui sont adressées, mais en attaquant la probité et la représentativité du Collectif Ilot 8 et en énonçant lui-même des affirmations pour le moins naïves ou douteuses. Il ne dément aucune des accusations graves qui lui sont portées et assume donc les démolitions et la résidentialisation. Comment la défiguration du bâtiment et la trahison de son sens peuvent-elle être qualifiées de «respectueuses» ?

Renée Gailhoustet de son vivant a toujours soutenu nos luttes pour en protéger son bâtiment, jusqu'à venir assister à une réunion de notre collectif. Il est triste que les ayants-droits qui sont sensés protéger son œuvre l'abandonnent ainsi à l'appétit du marché. Il n'est « pas question de déclassement des logements sociaux pour les vendre » nous affirme-t-on: pourtant l'intention a été publiquement et formellement énoncée par le Maire de St Denis et Président de Plaine Commune Mathieu Hanotin de faire baisser la part de logements sociaux dans le centre-ville sous couvert de favoriser une mixité sociale à ses yeux insuffisante. Si aucun projet ponctuel n'est encore concrétisé à ce jour, comment SR pourrait-il personnellement se porter garant de l'absence définitive d'un tel projet à venir, sauf à passer pour un grand naïf, à moins de complaisance ? Le déconventionnement de logements sociaux et leur passage au privatif est d'ailleurs le fil conducteur de bien des réhabilitations menées par l'ANRU.

« Les halls ne sont pas retournés mais conservés et agrandis » assure-t-on à ceux qui vivent loin d'ici. Il semblerait que SR n'ait pas consulté de près les plans de son collègue architecte pour RVA, structure à laquelle il s'est associé : quel autre terme que retournement propose-t-il pour un tour à 180°, quand un hall ouvert à l'ouest sur un passage commercial se retrouve ouvert à l'est sur une rue parallèle de l'autre côté du bâtiment ? Tous les halls devant ouvrir dorénavant sur les rues Walter et Vaillant sont concernés, soit 5 halls sur 10, ce qui provoque grande colère et désespoir des locataires à cause du caractère sinistré de ces rues, et qui le restera en raison de l'évacuation des ordures de marché qui ne s'évanouira pas, aucun projet à notre connaissance n'ayant (encore?) prévu de raser la grande halle historique de St Denis. Nous ne pouvons malheureusement pas présenter à SR ces plans tout à fait explicites mais apparemment inconnus de lui, puisqu'ils nous ont été confisqués par l'interdiction d'accès inouïe à la Maison Jaune où ils sont affichés. Mais nous pouvons lui proposer une visite de terrain de nos halls, actuels et supposés à venir, pour une meilleure connaissance du projet.

«De nombreuses réunions de travail avec les habitants ont eu lieu pour élaborer le projet de réhabilitation » veut-on encore faire croire à ceux qui n'a pas suivi l'historique de près. En entretenant sciemment une confusion : 3 réunions ont bien eu lieu avec les habitant.es, ( nous attendons la plus importante aux yeux des locataires, sur la rénovation des appartements, étrangement bloquée depuis 4 mois) mais aucune sur la résidentialisation, la fermeture de la dalle, la destruction des escaliers et des passerelles, la séparation des espaces commerciaux et résidentiels et des espaces hauts et bas dont l'entremêlement cher à Renée Gailhoustet faisaient l'esprit du projet. Toutes ces décisions ayant été prises au préalable au nouveau NPNRU sans aucune concertation, et même a contrario du 1er projet qui, lui, était concerté. SR et RVA ont pris acte de la commande, nous ont-ils eux-mêmes assurés, sans rien pouvoir y changer. Soit. Nous-mêmes de notre côté avons contesté cette non concertation en justice, c'est bien connu de tous. Nous recevons donc des informations à sens unique sur l'essentiel, et ne pouvons donner notre avis que sur la place de l'entrée des ordures ménagères, ou la place et la hauteur des végétaux du futur jardin dont nous contestons l'existence privée elle-même. 

Et du coup on nous reproche d'être « ce collectif autoproclamé de l'Ilot 8 (qui) a décidé d'empêcher toute expression libre des locataires » : une pétition est en cours de signature chez les locataires pour la rénovation urgente des logements et une vraie concertation, et contre la résidentialisation, les destructions d'escaliers et la fermeture de la dalle publique : 134 signatures sur 142 appartements déjà visités sur un total de 182. Des discussions que nous avons avec nos voisins il ressort leur soutien total souvent accompagné de vifs remerciements, leur exaspération, leur désarroi devant la cherté de leurs loyers et charges pour des appartement mal ou non entretenus par le bailleur, parfois dans un état honteux, pour l'abandon général de l'entretien et de l'hygiène des espaces publics, et leur crainte pour leur avenir dans cet espace social. Notre pétition nationale a recueilli à ce jour 770 signatures et dépassera à coup sûr le millier, sur un sujet qui n'est pas de grand public. Voilà pour ce qui est de la parole «phagocytée » et de « l'empêchement de toute expression libre des locataires ».


Notre collectif existe depuis 10 ans, toute une histoire de quartier méconnue par nos détracteurs pressés. Il a participé durant plusieurs années aux discussions avec l'ancienne municipalité, au Conseil Citoyen tant qu'il a été réuni par le Maire, a eu depuis toujours les clés du local résidentiel où il a tenu des dizaines de réunions de locataires, des débats, projections de cinéma, organisé des visites de la dalle, des fêtes pour lesquelles il a d'ailleurs été subventionné par le bailleur lui-même qui aujourd'hui nous fait la guerre en raison de notre opposition à la résidentialisation. L'un de nous est élu représentant des locataires pour le DAL et siège au Conseil d'Administration de PCH. Plusieurs articles sur notre lutte ont paru dans les médias, la presse locale et nationale et dans des revues spécialisées d'architecture, des professeurs d'université et d'école d'architecture nous interviewent... Voilà pour ce qui est du « Collectif autoproclamé ».

Cette structure informelle de « collectif » nous l'avons choisie pour la garantie d'indépendance entière et pérenne qu'elle nous offre à l'égard de tous les partis et organisations y compris ceux qui nous soutiennent, dans une toute autre démarche que le simpliste souci électoraliste immédiat qui nous animerait. Quel mépris dans cette critique pour la colère et l'angoisse des familles dans l'attente de la rénovation. Être ce collectif permet justement l'action de tous les habitant.es dans leur diversité ayant pourtant des engagements extrêmement différents, sur ce sujet qui nous réunit: exprimer notre immense reconnaissance à Renée Gailhoustet pour nous permettre de vivre en habitat social dans un lieu magnifique en défendant cet héritage exigeant contre toute trahison et en continuant à le faire vivre dans ses dimensions matérielles et immatérielles.

Cagnotte solidaire pour les frais juridiques de la procédure de recours et pour les frais de la lutte :  

 https://www.papayoux.com/fr/cagnotte/soutien-au-collectif-ilot8-frais-juridiques

 

Quelques contributions à l'enquête publique sur le déclassement d'espaces publics:

Contribution de Jean-Pierre Lefebvre
Quand j’ai repris le dossier en 1975, Lana et Magnen les en-chef avaient proposé un plan masse général avec sa maquette. Ils s’étaient adjoint un ABF pour faire avaler le dossier à la direction de l’architecture qui avait très peur de nouvelles polémiques après celles d’Amiens , etc. Les treize hectares devaient être construits selon le modèle repoussant des ZUP que Saint Denis avait largement utilisé jusque-là . :La direction de l’archi n’en voulait pas . Les ABF de l’époque ne songeaient qu’à préserver les royales sépultures et avaient criblé le territoire de la ZAC d’une foule de petites zones à préserver ( une ferme en ruine , l’ancienne usine d’impression de tissus en
ruine , des taudis , etc. j’ai alors proposé à la fraction éclairée de la DA ( M Baquet, Mlle Contenay) le remplacement des deux en chefs par treize architectes choisis parmi le meilleurs de l’époque ( y compris un certain et tout jeune BP , première oeuvre !) et mis en place une coordination. Le viaire nouveau s’inspirait du viaire médiéval ; l’épannelage restait bas malgré l’installation indispensable du supermarché et le dé[icit important. Une étude des couleurs du quartier ancien devait [ixer celles des
nouveaux bâtiments. La maison de arbalétriers était démontée et remontée à l’identique. La halle du XIXe siècle restaurée et maintenue.. L’extrados du métro créait un grand rectangle inconstructible qui devint la place du Caquet.. Une maquette générale fut installée dans le hall de la mairie pour que les habitants contrôlent la [idélité du bâti neuf aux intentions exprimées. Chaque permis était soumis au
bureau municipal et à la DA. Je persiste à penser qu’il fallait oser confronter la bonne archi contemporaine au premier bâ timent gothique plutô t que tenter de faire du pastiche. Je suis naturellement tout fait d’accord sur l’action engagée contre l’ANRU et sa résidentialisation qui vise surtout la ségrégation sociale quand les élus à l’époque avaient exigé du tout hlm pour garder le centre aux ouvriers !

 

Contribution d'Elisabetta Cereghini

L’ŒUVRE DE RENEE GAILHOUSTET DOIT ETRE PRESERVEE : NON A LA DEMOLITION DES ESCALIERS ET PASSERELLES, NON A LA FERMETURE DE LA DALLE !

Enquête publique déclassement d'espaces publics îlot 8 ZAC
Basilique SAINT-DENIS
Un processus de dégradation urbaine et sociale
ACTE 1/mots clefs :
Déclassement de la voie urbaine = enfermement
Résidentialisation= expulsion
Le déclassement des espaces publiques et la résidentialisation sont une solution
sans retour.
Elles induisent des limites à la mobilité des habitants de l’îlot 8, de ceux des îlots
limitrophes et, plus largement, des habitants de la ville.
Limiter la mobilité, c’est limiter la liberté de chacun dans la déambulation de la ville.
La perte de cette liberté ne concernera pas les actuels habitants : peux pourront y
rester, les autres seront expulsés car sans moyens pour acheter les logements
restaurés.
ACTE 2/mots clefs :
Projet dans son ensemble = Anti-ville
Déclasser les voies publiques, c’est déclasser l’ensemble de la ZAC, la priver de ses
réseaux de chemins et de voies sur lesquels elles se fonde.
Les raisons qui prétextent ces choix, la dégradation du bâti et le dysfonctionnement
lié à l’évolution du contexte urbain, ne constituent pas des conditions inéluctables.
C’est évident que les choix sont politiques et tiennent aux intérêts financiers de la
future spéculation immobilière des logements restaurés puis mis en vente.
Et par-dessous tout, la volonté de changer ses habitants.
Par le déclassement des espaces publics, la résidentialisation, la
privatisation, la suppression des passerelles, le barriérage, puis la
surveillance, se prépare l’uberisation de la ville.
C’est pourquoi ce projet de l’Etablissement Public Territorial Plaine
Commune est à considérer non pas comme une réhabilitation, mais comme
un processus de dégradation urbaine et sociale.
Elisabetta Cereghini, architecte, paysagiste, historienne
Membre du Collectif des architectes de urbanistes de la ZAC
Basilique

 

Contribution de Nicole Picquart

Je suis habitante de La Maladrerie à Aubervilliers, très heureuse de vivre dans cette architecture innovante de Renée Gailhoustet, qui a permis une autre approche du logement social pour des populations aux revenus modestes. Elle privilégie les relations sociales au repli sur soi avec une cité ouverte sur son quartier, que les habitants refusent de fermer face à cette obsession de « résidentialisation » chère aux institutions comme l’ANRU et à certains politiques, sous prétexte d’améliorer le cadre de vie et la sécurisation de l’espace public. Dans le cadre du programme de rénovation urbaine nous avons banni le mot « résidentialisation », synonyme de fermeture, de notre vocabulaire.

Mais que savent-ils de la façon dont les gens vivent s’ils ne sont jamais concertés, si on ne fait jamais attention à leur avis ? Ils sont à la fois « experts » de leur quotidien et de leur quartier, quand ça arrange les politiques, et deviennent gênants quand ils ont leurs mots à dire ! C’est ainsi qu’on nomme aujourd’hui « concertation » une réunion d’information sur un projet qui va avoir un impact durable sur la vie des habitants et le fonctionnement du quartier, ou qu’on procède à une enquête publique parce que la législation l’exige, alors que les décisions sont déjà prises avant et que l’avis des habitants importe peu. C’est ce qu’on peut réellement penser de celle-ci qui se fait dans un délai extrêmement court d’à peine trois semaines : en fait 5 jours si on enlève la période des congés de Pâques !

D’autre part les arguments avancés pour démontrer que l’ilot 8 est insécure et doit être fermé se base sur une étude de sûreté pour zone prioritaire de la Préfecture de Seine-Saint-Denis de 2013, que les services de la police nationale auraient confirmée ! Mais qu’en est-il de la période actuelle ? Il a dû se passer beaucoup de choses en douze ans et on aurait aimé avoir une étude beaucoup plus récente sur le ressenti et la perception des habitants du quartier Basilique.

Les problèmes rencontrés (dalles cassées, insécurité, mésusages, trafics) ne sont pas liés à l’architecture, ou même au flou sur la propriété du site, comme le prétend le document de l’enquête publique... A noter quand même la contradiction flagrante quand il est affirmé plus loin dans le document que les logements et l’espace de la dalle sont la propriété de PCH ! De quel flou s’agit-il donc ? Les problèmes viennent avant tout du manque d’entretien du bailleur depuis sa création et du déficit de prise en compte d’une gestion adaptée à une telle architecture, mais aussi du manque de solutions en matière de question sociale, de pauvreté et d’inégalités.

Sous couvert de défendre ce site patrimonial remarquable – « Le quartier Basilique est une pièce urbaine et architecturale unique en France « - le projet de restructuration de l‘Ilot 8 de Saint-Denis Basilique est en ce sens mensonger et tend à détruire une partie de ce patrimoine architectural contemporain du centre-ville, qui devrait au contraire trouver une meilleure protection dans le cadre du NPNRU et être un haut lieu du tourisme, comme le sont déjà d’autres sites du patrimoine architectural de la Seine-Saint-Denis et de l’Ile-de-France largement visités et documentés, y compris au niveau international.

Renée Gailhoustet était très fière du travail réalisé sur la ZAC Saint-Denis Basilique où elle a pu prendre en compte toutes les dimensions de la ville et des usages en milieu urbain où la vie des gens s’exprime entre habitat, commerces animés, équipements publics, circulations sans contrainte. Elle a donc relié le rez-de-chaussée commercial et le premier étage de la dalle où se situent les logements, en créant des ouvertures larges avec verrières pour laisser passer la lumière naturelle, des lieux de promenade sur la dalle permettant d’autres visions de la ville avec plusieurs escaliers différents joignant le bas et le haut, et des passerelles pour que les habitants puissent passer d’un ilot à l’autre sans avoir à descendre dans la rue ou à faire un grand tour, des terrasses de pleine terre où la végétation aurait dû prendre une place plus importante permettant de faire face au réchauffement climatique.

Il est dit page 35 de la notice que « Le besoin de cheminements piétons publics en hauteur, séparé des voitures, perd de sa nécessité » parce que la ville aurait décidé de développer une politique de mobilités douces et piétonnisation en centre-ville ?

Ces arguments destinés à privatiser la dalle, ne plus la considérer comme un espace public, casser les réalisations de l’architecte au niveau des escaliers et des passerelles, sont pour le moins insuffisants et contradictoires là aussi. Il y aurait vraiment besoin d’une discussion élargie avec la population du quartier sur tous les aspects développés dans ce projet, pour lequel des alternatives plus attrayantes pourraient être débattues avant toute mise en œuvre du programme de démolition.

Nicole Picquart – Aubervilliers - 21/04/2025

 

 

 

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