Retrait du nouvel arrêté contre les artistes de rue à Rennes

Retrait du nouvel arrêté contre les artistes de rue à Rennes

Signataires récents:
Elie LEMAIRE et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

Lundi 4 mai La mairie de Rennes à sortie un nouvel arrêté concernant la musique de rue.

Prestation limité à une heure avec interdiction de revenir dans la journée à une distance de moins de 200 mètres. Cette nouvelle réglementation, résultante d’une gentrification galopante, vise à limiter et à éloigner les artistes de rue du centre et notamment de la rue Le Bastard, artère piétonne principale de notre ville. C’est un recul flagrant de nos libertés dans l’espace publique.

Rennes est une ville musicale, Rennes est une ville résistante.

Nous demandons le retrait de cet arrêté 

 

LETTRE OUVERTE A MADAME LA MAIRE DE RENNES

 

Depuis plus de trente ans, je chante dans les rues de Rennes. C’est mon métier. Il sert à faire plaisir aux gens, à rendre l’espace publique plus humain. Il crée du lien social en ravivant justement cet espace publique qu’est la rue. Un arrêté municipal en vigueur depuis plus de 50 ans réglemente cette pratique afin de garantir le droit d’exercer ce métier, en le limitant à une pratique considéré comme tolérable par tous.

De ce fait, même s’il y a toujours eu, et il y aura toujours des gens à râler, le compromis est clair et juste : des contraintes à respecter du coté des musiciens de rue (intérêt publique), en échange d’une tolérance de la part des commerçants et des riverains (intérêt privé).

 

En trente ans, j’ai construit quelque chose. Quelque chose d’assez indéfinissable. Une présence poétique, apaisante, immuable. Comme une petite veilleuse dans la nuit. «  qu’il pleuve ou qu’il vente »,«  Vous faites partie de la rue », combien de fois ai-je entendu ces phrases?

Ce quelque chose que j’ai construit, j’en suis fier, par ce que je sais qu’il est utile et beau.

Un beau petit château de sable. Fragile, mais beau.

Je ne laisserais personne le piétiner.

Je la connais bien, la poignée de gens que ça énerve, et qui rêvent de le détruire à coup de pelle.

Les insultes, les menaces, les humiliations, les crachats de riverain du haut de leur fenêtre.

Je connais bien tout ça. C’est contre ça justement que je construit mon petit château de sable.

Quand cela arrivent à vos oreille, ça n’entre pas dans la catégorie « agression d’un individu qui chantait en respectant les règles que nous avons nous-même fixées. »

Non, ça va directement dans la case «  plaintes de riverains excédés. »

Quand il y en a trop, vous vous dites à juste titre: « il y a des abus ».

Et de la manière la plus naturelle qu’il soit, vous vous dites que celui qui abuse, c’est celui qui respecte l’arrêté municipal. Pas une seconde, ça ne vous est venu à l’esprit que c’était peut-être celui qui crachait du haut de sa fenêtre. Vous agissez de manière honteuse et lâche en décidant de virer celui qui se fait cracher dessus. Car venons-en au fait, c’est bien à cela que sert le nouvel arrêté qui oblige à se déplacer de 200 m au bout d’une heure et de ne plus pouvoir y revenir de la journée. Longueur du haut de la rue Le Bastard à la place de la mairie: 200m. Bien vu.

Le résultat de cet arrêté est simple: je ne peux plus exercer mon métier. Il va de soit que je le combattrais de toute mes forces.

 

J’aimerais ramener votre attention sur le fait que ça me parait quand même un peu gros de considérer que c’est moi le problème. Je chante dans la rue, et au bout de 32 ans exactement : ça pose un problème ! Comment expliquer que la plupart des riverain me disent « bonjours », discute avec moi ou me donne une pièce de temps en temps en disant « merci » ? La vie normal quoi. Pas celle ou on se fait cracher dessus.

Il ne vous est peut-être pas non plus venu à l’esprit que peut-être que la population se renouvelle, que les mentalités changent, que l’individualisme se développe, que l’intolérance grandit, et qu’il est difficile de ne pas y voir un parallélisme avec la monté du fascisme.

On observe depuis quelques années de riches citadins arriver dans les villages et faire taire les cloches des églises ou le chant du coq. Il semblerait que la gentrification rennaise tende à faire taire les chanteurs de rue.

 

Vous êtes notre élue de gauche, représentante des citoyens rennais, il vous incombe de défendre la bonne santé de l’espace publique, l’intérêt commun, et les beaux petits châteaux de sable. Pas de voler au secours des bottes qui les écrasent, de ceux qui insultent, menacent, humilient, et crachent.

Pour ces raisons je vous demande de faire honneur à nos valeurs de gauche, celles pour lesquelles nous vous avons élu, et de retirer ce nouvel arrêté indigne de notre commune.

 


Rodrigue PAILHES

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Rodrigue PAILHESLanceur de pétitionChanteur de rue

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Le problème

Lundi 4 mai La mairie de Rennes à sortie un nouvel arrêté concernant la musique de rue.

Prestation limité à une heure avec interdiction de revenir dans la journée à une distance de moins de 200 mètres. Cette nouvelle réglementation, résultante d’une gentrification galopante, vise à limiter et à éloigner les artistes de rue du centre et notamment de la rue Le Bastard, artère piétonne principale de notre ville. C’est un recul flagrant de nos libertés dans l’espace publique.

Rennes est une ville musicale, Rennes est une ville résistante.

Nous demandons le retrait de cet arrêté 

 

LETTRE OUVERTE A MADAME LA MAIRE DE RENNES

 

Depuis plus de trente ans, je chante dans les rues de Rennes. C’est mon métier. Il sert à faire plaisir aux gens, à rendre l’espace publique plus humain. Il crée du lien social en ravivant justement cet espace publique qu’est la rue. Un arrêté municipal en vigueur depuis plus de 50 ans réglemente cette pratique afin de garantir le droit d’exercer ce métier, en le limitant à une pratique considéré comme tolérable par tous.

De ce fait, même s’il y a toujours eu, et il y aura toujours des gens à râler, le compromis est clair et juste : des contraintes à respecter du coté des musiciens de rue (intérêt publique), en échange d’une tolérance de la part des commerçants et des riverains (intérêt privé).

 

En trente ans, j’ai construit quelque chose. Quelque chose d’assez indéfinissable. Une présence poétique, apaisante, immuable. Comme une petite veilleuse dans la nuit. «  qu’il pleuve ou qu’il vente »,«  Vous faites partie de la rue », combien de fois ai-je entendu ces phrases?

Ce quelque chose que j’ai construit, j’en suis fier, par ce que je sais qu’il est utile et beau.

Un beau petit château de sable. Fragile, mais beau.

Je ne laisserais personne le piétiner.

Je la connais bien, la poignée de gens que ça énerve, et qui rêvent de le détruire à coup de pelle.

Les insultes, les menaces, les humiliations, les crachats de riverain du haut de leur fenêtre.

Je connais bien tout ça. C’est contre ça justement que je construit mon petit château de sable.

Quand cela arrivent à vos oreille, ça n’entre pas dans la catégorie « agression d’un individu qui chantait en respectant les règles que nous avons nous-même fixées. »

Non, ça va directement dans la case «  plaintes de riverains excédés. »

Quand il y en a trop, vous vous dites à juste titre: « il y a des abus ».

Et de la manière la plus naturelle qu’il soit, vous vous dites que celui qui abuse, c’est celui qui respecte l’arrêté municipal. Pas une seconde, ça ne vous est venu à l’esprit que c’était peut-être celui qui crachait du haut de sa fenêtre. Vous agissez de manière honteuse et lâche en décidant de virer celui qui se fait cracher dessus. Car venons-en au fait, c’est bien à cela que sert le nouvel arrêté qui oblige à se déplacer de 200 m au bout d’une heure et de ne plus pouvoir y revenir de la journée. Longueur du haut de la rue Le Bastard à la place de la mairie: 200m. Bien vu.

Le résultat de cet arrêté est simple: je ne peux plus exercer mon métier. Il va de soit que je le combattrais de toute mes forces.

 

J’aimerais ramener votre attention sur le fait que ça me parait quand même un peu gros de considérer que c’est moi le problème. Je chante dans la rue, et au bout de 32 ans exactement : ça pose un problème ! Comment expliquer que la plupart des riverain me disent « bonjours », discute avec moi ou me donne une pièce de temps en temps en disant « merci » ? La vie normal quoi. Pas celle ou on se fait cracher dessus.

Il ne vous est peut-être pas non plus venu à l’esprit que peut-être que la population se renouvelle, que les mentalités changent, que l’individualisme se développe, que l’intolérance grandit, et qu’il est difficile de ne pas y voir un parallélisme avec la monté du fascisme.

On observe depuis quelques années de riches citadins arriver dans les villages et faire taire les cloches des églises ou le chant du coq. Il semblerait que la gentrification rennaise tende à faire taire les chanteurs de rue.

 

Vous êtes notre élue de gauche, représentante des citoyens rennais, il vous incombe de défendre la bonne santé de l’espace publique, l’intérêt commun, et les beaux petits châteaux de sable. Pas de voler au secours des bottes qui les écrasent, de ceux qui insultent, menacent, humilient, et crachent.

Pour ces raisons je vous demande de faire honneur à nos valeurs de gauche, celles pour lesquelles nous vous avons élu, et de retirer ce nouvel arrêté indigne de notre commune.

 


Rodrigue PAILHES

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