

Pour le retrait de la loi Bachelot - Défendons notre santé ensemble
Le problème
« Nous sommes bien souvent dans cet état de semi-attente de la part des autres tant qu’il ne nous arrive rien de grave dans la vie ».
Je ne travaille pas dans le médical, je ne fais pas de politique, je suis simplement une femme, qui a la chance d’avoir encore ses parents. Parce que les souffrances de ma mère m’ont révoltée lors de sa dernière hospitalisation, je me suis réveillée.
Alors mon premier message à tous est : N’attendez pas pour vous exprimer, que ce soit par la révolte ou bien tout simplement par le droit au partage.
Je vais essayer d’être concise et d’utiliser les mots les plus justes pour faire appel à vous tous, car je sais bien que des dizaines de pétitions viennent vous solliciter tous les jours, et c’est très bien. Elles nous concernent souvent tous, celle-ci vous concerne par conséquent autant que les autres car la maladie peut concerner hélas chacun un jour ou un autre. Mon appel ici n’étant pas de vous faire pleurer mais de vous dire que ce qui s’est passé l’été dernier pourrait aussi vous arriver.
Il y a trois ans et demi, ma mère apprenait qu’elle avait un cancer de la mandibule. Elle a subi comme beaucoup d’autres le retrait de cette tumeur, un traitement de radiothérapie, puis une greffe osseuse pour remplacer sa mâchoire. Échec de la greffe, échec de l’hôpital. Transfert dans un autre hôpital pour enlever la greffe. Puis deux années à vivre par alimentation entérale, deux années de souffrances innommables et que je ne souhaite pas détailler ici.
Enfin, nous rencontrons le Professeur Lantieri, chef du service de chirurgie reconstructrice et esthétique de l’hôpital Georges Pompidou, qui a réalisé en 2010 la première greffe totale de visage française, première mondiale à l’hôpital Henri Mondor à Créteil. Annexe 1 (Lien article Libération)
Il donne un nouvel espoir à ma mère, celui de lui reconstruire à nouveau la mâchoire. Nous sommes confiants et c’est le 22 Juin 2015 qu’une opération de la dernière chance est tentée. Dix heures au bloc opératoire, suivis de soins intensifs en réanimation où elle a été très bien soignée, grâce à la présence constante d’une infirmière pour trois patients.
Dix jours plus tard, elle est installée dans une chambre individuelle.
Il aura suffi de 48 heures pour que le travail du Professeur et de son équipe soit anéanti, en raison de la chaleur - les chambres étant non équipées de climatisation - et du sous-effectif des équipes soignantes dans ce service comme dans beaucoup d’autres. Annexe 2 (Lien bilan de la canicule)
Un abcès, puis une nécrose ont obligé le chirurgien à réopérer ma mère en urgence afin de limiter les dégâts. Au passage le Professeur a dû retarder son départ en vacances ; normal me direz-vous ? Non, juste concerné et consciencieux. Ma mère n’était pas la seule à pâtir des conditions climatiques et du sous-effectif.
J’ai pu constater à cette occasion que les infirmiers/ères restaient trop peu de temps dans chaque service, souvent quelques jours à peine, au détriment des patients mais aussi à leur propre détriment. Ce roulement éclair des équipes, alors que les suites opératoires sont lourdes et complexes, implique des passations de pouvoir quasi quotidiennes alors que le temps est si précieux.
Chaque jour ou presque, ma mère ou bien nous, ses filles, devions contribuer à réexpliquer le déroulement de certains soins ou de l’alimentation. Qu’en est-il lorsque les familles sont loin ou moins disponibles ? Aucune intention d’incriminer les équipes soignantes, ce sont les emplois du temps qui leur sont administrés qui rendent leurs tâches plus lourdes, de facto.
Ces complications ont remis en cause la pérennité de la greffe et ont prolongé son hospitalisation à six semaines durant lesquelles son état psychique s’est dégradé. Après moult péripéties, l’infection enfin jugulée, elle est enfin sortie en hospitalisation à domicile, mais considérablement fragilisée.
Nous espérons que la suite pour ma mère sera plus clémente, mais à quel prix?
La loi Bachelot en 2008 a donné les pleins pouvoirs aux directeurs des hôpitaux publics, qui sont brillants par leurs études - le plus souvent non médicales (ENA…), - mais qui ne sont pas des gens de terrains. Cette loi a donc renforcé la gouvernance des hôpitaux sous la forme « d’un seul patron à l’hôpital » qui définit la politique médicale, au détriment des médecins qui n’ont droit qu’à un avis consultatif au sein de la commission médicale d’établissement. En d’autres termes, la logique économique passe avant la logique médicale. Le Professeur Debré de l’hôpital Cochin dit de cette vision qu’elle est, je cite, « uniquement comptable ».
Ces directeurs à qui l’Etat impose des restrictions budgétaires, suppriment des postes primordiaux, comme ceux du personnel infirmier et aide-soignant, mettant en péril les exploits réalisés par les équipes médicales.
Hakim Bécheur nous livre une excellente analyse dans son ouvrage ‘Colère blanche à l’hôpital’ en réponse « au mal qui ronge le système de santé ». Annexe 3 (2 liens : Hakim Bécheur et Loi HPST dite Loi Bachelot)
Confrontée au manque de personnel, j’ai pensé un instant rendre visite à la directrice de l’hôpital pour lui demander de faire elle-même la distribution des bassins puis de les vider. Avouez que si vous ne déléguez plus, vous êtes obligés de faire par vous-même. Les directeurs devraient y penser. J’ai même proposé au Professeur, de les aider dans le service pour des tâches ingrates mais vitales.
J’imagine la réaction du Président de la République ou de la Ministre de la Santé, si le directeur d’hôpital devait leur apporter le bassin.
La France se vantait d’être LE modèle de santé par excellence, et ne le sera plus si nous ne défendons pas l’excellence des médecins et de leurs équipes. Kant a écrit: « Agis toujours de telle sorte que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen ». N'enlevons pas aux médecins cette liberté.
L’hôpital, devenu une entreprise, est malade du manque de budget, par conséquent de la diminution des moyens humains et matériels.
Le résultat tragique sera un exode des chirurgiens outre atlantique pour rejoindre d’autres structures, plus attractives. Ce jour-là voudra dire qu’ils ont perdu la foi en ce pour quoi ils se battent depuis longtemps. Nous pouvons encore les retenir, car leur volonté de défendre l’AP-HP est leur combat, mais pour combien de temps encore ?
Je fais un appel national à un rassemblement pour réclamer le retrait de la loi Bachelot, pour défendre nos hôpitaux, nos médecins et leurs équipes, pour défendre la recherche, pour retrouver cette excellence envolée tout simplement et défendre les valeurs de l'hôpital public.
En mai et juin dernier entre 6000 et 8000 agents des hôpitaux de Paris ont clamé leur colère sur la réforme du temps de travail, devant le siège de l’AP-HP et ils ont eu raison. Annexe 4 (Lien les 35h)
Cette réforme qui dégrade leurs conditions de travail met en péril la sécurité des patients. Il s’agit de nous, alors nous devons réagir et nous battre à leurs côtés. Comment voulez-vous qu’un hôpital malade soigne ses patients de façon optimale ?
En janvier dernier, nous étions quatre millions de Charlie, nous avons prouvé que nous en étions capables car nous étions tous concernés. SOYONS AUJOURD’HUI 4 MILLIONS D’AP-HP. SOYONS DES ‘APPRENTIS PROTECTEUR - HUMAINS ET PARTENAIRES’.
J’APPELLE A METTRE EN PLACE UNE JOURNEE DE RASSEMBLEMENT COMMUNE DANS TOUTE LA FRANCE ET AILLEURS.
Pour que le retrait de la Bachelot soit voté cette année, pour un rassemblement national dont la date reste à définir, signez s’il vous plait cette pétition :
Annexe 1
http://www.liberation.fr/societe/2010/07/08/une-greffe-totale-du-visage-reussie-a-creteil_664707
Annexe 2
Lire le bilan de la canicule 2015 de Marisol Touraine.
Annexe 3 (2 liens)
Lien Hakim Bécheur
https://colereblanchealhopital.wordpress.com/
Lien loi HPST
http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/vademecum_loi_HPST.pdf
Annexe 4
Le problème
« Nous sommes bien souvent dans cet état de semi-attente de la part des autres tant qu’il ne nous arrive rien de grave dans la vie ».
Je ne travaille pas dans le médical, je ne fais pas de politique, je suis simplement une femme, qui a la chance d’avoir encore ses parents. Parce que les souffrances de ma mère m’ont révoltée lors de sa dernière hospitalisation, je me suis réveillée.
Alors mon premier message à tous est : N’attendez pas pour vous exprimer, que ce soit par la révolte ou bien tout simplement par le droit au partage.
Je vais essayer d’être concise et d’utiliser les mots les plus justes pour faire appel à vous tous, car je sais bien que des dizaines de pétitions viennent vous solliciter tous les jours, et c’est très bien. Elles nous concernent souvent tous, celle-ci vous concerne par conséquent autant que les autres car la maladie peut concerner hélas chacun un jour ou un autre. Mon appel ici n’étant pas de vous faire pleurer mais de vous dire que ce qui s’est passé l’été dernier pourrait aussi vous arriver.
Il y a trois ans et demi, ma mère apprenait qu’elle avait un cancer de la mandibule. Elle a subi comme beaucoup d’autres le retrait de cette tumeur, un traitement de radiothérapie, puis une greffe osseuse pour remplacer sa mâchoire. Échec de la greffe, échec de l’hôpital. Transfert dans un autre hôpital pour enlever la greffe. Puis deux années à vivre par alimentation entérale, deux années de souffrances innommables et que je ne souhaite pas détailler ici.
Enfin, nous rencontrons le Professeur Lantieri, chef du service de chirurgie reconstructrice et esthétique de l’hôpital Georges Pompidou, qui a réalisé en 2010 la première greffe totale de visage française, première mondiale à l’hôpital Henri Mondor à Créteil. Annexe 1 (Lien article Libération)
Il donne un nouvel espoir à ma mère, celui de lui reconstruire à nouveau la mâchoire. Nous sommes confiants et c’est le 22 Juin 2015 qu’une opération de la dernière chance est tentée. Dix heures au bloc opératoire, suivis de soins intensifs en réanimation où elle a été très bien soignée, grâce à la présence constante d’une infirmière pour trois patients.
Dix jours plus tard, elle est installée dans une chambre individuelle.
Il aura suffi de 48 heures pour que le travail du Professeur et de son équipe soit anéanti, en raison de la chaleur - les chambres étant non équipées de climatisation - et du sous-effectif des équipes soignantes dans ce service comme dans beaucoup d’autres. Annexe 2 (Lien bilan de la canicule)
Un abcès, puis une nécrose ont obligé le chirurgien à réopérer ma mère en urgence afin de limiter les dégâts. Au passage le Professeur a dû retarder son départ en vacances ; normal me direz-vous ? Non, juste concerné et consciencieux. Ma mère n’était pas la seule à pâtir des conditions climatiques et du sous-effectif.
J’ai pu constater à cette occasion que les infirmiers/ères restaient trop peu de temps dans chaque service, souvent quelques jours à peine, au détriment des patients mais aussi à leur propre détriment. Ce roulement éclair des équipes, alors que les suites opératoires sont lourdes et complexes, implique des passations de pouvoir quasi quotidiennes alors que le temps est si précieux.
Chaque jour ou presque, ma mère ou bien nous, ses filles, devions contribuer à réexpliquer le déroulement de certains soins ou de l’alimentation. Qu’en est-il lorsque les familles sont loin ou moins disponibles ? Aucune intention d’incriminer les équipes soignantes, ce sont les emplois du temps qui leur sont administrés qui rendent leurs tâches plus lourdes, de facto.
Ces complications ont remis en cause la pérennité de la greffe et ont prolongé son hospitalisation à six semaines durant lesquelles son état psychique s’est dégradé. Après moult péripéties, l’infection enfin jugulée, elle est enfin sortie en hospitalisation à domicile, mais considérablement fragilisée.
Nous espérons que la suite pour ma mère sera plus clémente, mais à quel prix?
La loi Bachelot en 2008 a donné les pleins pouvoirs aux directeurs des hôpitaux publics, qui sont brillants par leurs études - le plus souvent non médicales (ENA…), - mais qui ne sont pas des gens de terrains. Cette loi a donc renforcé la gouvernance des hôpitaux sous la forme « d’un seul patron à l’hôpital » qui définit la politique médicale, au détriment des médecins qui n’ont droit qu’à un avis consultatif au sein de la commission médicale d’établissement. En d’autres termes, la logique économique passe avant la logique médicale. Le Professeur Debré de l’hôpital Cochin dit de cette vision qu’elle est, je cite, « uniquement comptable ».
Ces directeurs à qui l’Etat impose des restrictions budgétaires, suppriment des postes primordiaux, comme ceux du personnel infirmier et aide-soignant, mettant en péril les exploits réalisés par les équipes médicales.
Hakim Bécheur nous livre une excellente analyse dans son ouvrage ‘Colère blanche à l’hôpital’ en réponse « au mal qui ronge le système de santé ». Annexe 3 (2 liens : Hakim Bécheur et Loi HPST dite Loi Bachelot)
Confrontée au manque de personnel, j’ai pensé un instant rendre visite à la directrice de l’hôpital pour lui demander de faire elle-même la distribution des bassins puis de les vider. Avouez que si vous ne déléguez plus, vous êtes obligés de faire par vous-même. Les directeurs devraient y penser. J’ai même proposé au Professeur, de les aider dans le service pour des tâches ingrates mais vitales.
J’imagine la réaction du Président de la République ou de la Ministre de la Santé, si le directeur d’hôpital devait leur apporter le bassin.
La France se vantait d’être LE modèle de santé par excellence, et ne le sera plus si nous ne défendons pas l’excellence des médecins et de leurs équipes. Kant a écrit: « Agis toujours de telle sorte que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen ». N'enlevons pas aux médecins cette liberté.
L’hôpital, devenu une entreprise, est malade du manque de budget, par conséquent de la diminution des moyens humains et matériels.
Le résultat tragique sera un exode des chirurgiens outre atlantique pour rejoindre d’autres structures, plus attractives. Ce jour-là voudra dire qu’ils ont perdu la foi en ce pour quoi ils se battent depuis longtemps. Nous pouvons encore les retenir, car leur volonté de défendre l’AP-HP est leur combat, mais pour combien de temps encore ?
Je fais un appel national à un rassemblement pour réclamer le retrait de la loi Bachelot, pour défendre nos hôpitaux, nos médecins et leurs équipes, pour défendre la recherche, pour retrouver cette excellence envolée tout simplement et défendre les valeurs de l'hôpital public.
En mai et juin dernier entre 6000 et 8000 agents des hôpitaux de Paris ont clamé leur colère sur la réforme du temps de travail, devant le siège de l’AP-HP et ils ont eu raison. Annexe 4 (Lien les 35h)
Cette réforme qui dégrade leurs conditions de travail met en péril la sécurité des patients. Il s’agit de nous, alors nous devons réagir et nous battre à leurs côtés. Comment voulez-vous qu’un hôpital malade soigne ses patients de façon optimale ?
En janvier dernier, nous étions quatre millions de Charlie, nous avons prouvé que nous en étions capables car nous étions tous concernés. SOYONS AUJOURD’HUI 4 MILLIONS D’AP-HP. SOYONS DES ‘APPRENTIS PROTECTEUR - HUMAINS ET PARTENAIRES’.
J’APPELLE A METTRE EN PLACE UNE JOURNEE DE RASSEMBLEMENT COMMUNE DANS TOUTE LA FRANCE ET AILLEURS.
Pour que le retrait de la Bachelot soit voté cette année, pour un rassemblement national dont la date reste à définir, signez s’il vous plait cette pétition :
Annexe 1
http://www.liberation.fr/societe/2010/07/08/une-greffe-totale-du-visage-reussie-a-creteil_664707
Annexe 2
Lire le bilan de la canicule 2015 de Marisol Touraine.
Annexe 3 (2 liens)
Lien Hakim Bécheur
https://colereblanchealhopital.wordpress.com/
Lien loi HPST
http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/vademecum_loi_HPST.pdf
Annexe 4
Les décisionnaires
Message aux signataires
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Pétition lancée le 10 octobre 2015