ENSEIGNEMENT DE L’ITALIEN LVC : CHRONIQUE D’UNE MORT PROGRAMMÉE ?

ENSEIGNEMENT DE L’ITALIEN LVC : CHRONIQUE D’UNE MORT PROGRAMMÉE ?

Le problème

“Laissez toute espérance, vous qui entrez ici”, (“Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate”). Le célèbre vers de l’Enfer de Dante résume à lui seul le sort réservé à l’enseignement de l’italien dans l’académie de Rouen depuis la réforme Blanquer du lycée. Enseigné notamment en troisième langue (LVC) dans l’académie, l’italien a subi de plein fouet les effets dévastateurs d’une réforme mortifère.  

Cette option était pourtant largement plébiscitée il y a deux ans encore par les lycéens tant pour leur enrichissement culturel et personnel que pour la plus-value professionnelle et les points qu’elle garantissait au baccalauréat.

Combien d’élèves ont été sauvés du rattrapage grâce aux points bonus (anciennement coefficientés 2) obtenus lors de l’épreuve orale de baccalauréat ?

Combien de bacheliers ont été promus à une mention grâce à leurs excellents résultats dans cette discipline ?

Combien de témoignages d’anciens étudiants à leur professeur soulignent à quel point l’étude de l’italien à travers la découverte du génie de Dante, Michel-Ange et la Renaissance, Primo Levi … a été fondamentale dans leur parcours intellectuel ?

Combien d’anciens étudiants se disent toujours « amoureux de cette belle langue » longtemps après avoir quitté le lycée ?

Et pourtant, l’italien est en danger dans l’académie de Rouen. 

Depuis la réforme du lycée de nombreuses classes de LVC ont fermé, parfois des sections entières. L’offre linguistique se restreint : bientôt, les élèves ne pourront plus apprendre l’italien que dans de rares établissements publics de l’académie.

C’est ainsi que la réforme Blanquer, qui prône pourtant « l’Ecole de la confiance », a mis à mal en un temps record des décennies de travail patient et enthousiaste, tourné vers le rayonnement de notre discipline, l’ouverture d’esprit de nos élèves et l’enrichissement de leur culture. 

Loin du discours officiel sur l’épanouissement des jeunes et le libre choix qui leur serait laissé, c’est une école à deux vitesses qui semble se dessiner, entre des établissements privilégiés qui pourront garantir un large choix d’enseignements, et d’autres contraints à une offre minimum. L’écart se creuse entre public et privé, entre centre et périphérie, entre grandes métropoles et villes moyennes ou zones rurales. 

Au-delà de ce triste constat, qui ne peut que révolter celles et ceux qui comme nous savent ce qu’ils doivent à l’école publique et républicaine, où l’égalité n’était pas qu’un principe creux, comment ne pas s’interroger sur l’avenir des enseignants d’italien ?

Déjà bien malmenés par l’institution, souvent en poste sur plusieurs établissements, parfois nommés à des heures de trajet de leur domicile et en service partagé, seront-ils à présent contraints d’envisager une reconversion ?

Nous demandons au Rectorat de Rouen et au Ministère de l’Education nationale de s’engager dans une toute autre voie : celle d’une véritable politique d’éducation, ambitieuse et cohérente, et d’un soutien à la diversité linguistique et culturelle.  

Chers élèves, chers anciens élèves, chers parents, mesdames et messieurs les élus, nous en appelons à votre mobilisation! Amoureux de l'Italie et de l'italien nous comptons sur votre soutien!

Signez et commentez notre pétition!

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Collectif des professeurs d'italien de l'académie de RouenLanceur de pétition
Cette pétition avait 2 642 signataires

Le problème

“Laissez toute espérance, vous qui entrez ici”, (“Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate”). Le célèbre vers de l’Enfer de Dante résume à lui seul le sort réservé à l’enseignement de l’italien dans l’académie de Rouen depuis la réforme Blanquer du lycée. Enseigné notamment en troisième langue (LVC) dans l’académie, l’italien a subi de plein fouet les effets dévastateurs d’une réforme mortifère.  

Cette option était pourtant largement plébiscitée il y a deux ans encore par les lycéens tant pour leur enrichissement culturel et personnel que pour la plus-value professionnelle et les points qu’elle garantissait au baccalauréat.

Combien d’élèves ont été sauvés du rattrapage grâce aux points bonus (anciennement coefficientés 2) obtenus lors de l’épreuve orale de baccalauréat ?

Combien de bacheliers ont été promus à une mention grâce à leurs excellents résultats dans cette discipline ?

Combien de témoignages d’anciens étudiants à leur professeur soulignent à quel point l’étude de l’italien à travers la découverte du génie de Dante, Michel-Ange et la Renaissance, Primo Levi … a été fondamentale dans leur parcours intellectuel ?

Combien d’anciens étudiants se disent toujours « amoureux de cette belle langue » longtemps après avoir quitté le lycée ?

Et pourtant, l’italien est en danger dans l’académie de Rouen. 

Depuis la réforme du lycée de nombreuses classes de LVC ont fermé, parfois des sections entières. L’offre linguistique se restreint : bientôt, les élèves ne pourront plus apprendre l’italien que dans de rares établissements publics de l’académie.

C’est ainsi que la réforme Blanquer, qui prône pourtant « l’Ecole de la confiance », a mis à mal en un temps record des décennies de travail patient et enthousiaste, tourné vers le rayonnement de notre discipline, l’ouverture d’esprit de nos élèves et l’enrichissement de leur culture. 

Loin du discours officiel sur l’épanouissement des jeunes et le libre choix qui leur serait laissé, c’est une école à deux vitesses qui semble se dessiner, entre des établissements privilégiés qui pourront garantir un large choix d’enseignements, et d’autres contraints à une offre minimum. L’écart se creuse entre public et privé, entre centre et périphérie, entre grandes métropoles et villes moyennes ou zones rurales. 

Au-delà de ce triste constat, qui ne peut que révolter celles et ceux qui comme nous savent ce qu’ils doivent à l’école publique et républicaine, où l’égalité n’était pas qu’un principe creux, comment ne pas s’interroger sur l’avenir des enseignants d’italien ?

Déjà bien malmenés par l’institution, souvent en poste sur plusieurs établissements, parfois nommés à des heures de trajet de leur domicile et en service partagé, seront-ils à présent contraints d’envisager une reconversion ?

Nous demandons au Rectorat de Rouen et au Ministère de l’Education nationale de s’engager dans une toute autre voie : celle d’une véritable politique d’éducation, ambitieuse et cohérente, et d’un soutien à la diversité linguistique et culturelle.  

Chers élèves, chers anciens élèves, chers parents, mesdames et messieurs les élus, nous en appelons à votre mobilisation! Amoureux de l'Italie et de l'italien nous comptons sur votre soutien!

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Les décisionnaires

Madame la Rectrice de l'Académie de Normandie
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Rectorat de Rouen

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