RCA : Stop aux violations des droits humains et à l'effondrement de l'État de droit

Victoire

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Le problème

République centrafricaine : Vérité, Justice et Protection des Populations

Appel à la communauté internationale face aux violations des droits humains et au recul de l'État de droit en République centrafricaine.

Nous refusons le silence. Nous exigeons la vérité.

Nous, citoyens centrafricains, membres de la diaspora, organisations de défense des droits humains, acteurs de la société civile et amis de la République centrafricaine, lançons cet appel solennel afin que cessent les violences, l'impunité et les atteintes aux libertés fondamentales qui frappent notre pays.

Depuis l'arrivée au pouvoir du Président Faustin-Archange Touadéra en mars 2016 et le recours croissant à des forces de sécurité étrangères, notre pays connaît une détérioration profonde de sa situation politique, sécuritaire et sociale. De nombreuses organisations internationales ont documenté des violations graves des droits humains, notamment des exécutions sommaires, des disparitions forcées, des actes de torture, des violences sexuelles et d'autres abus commis contre les populations civiles. 

Aujourd'hui, les victimes et leurs familles attendent toujours la vérité, la justice et la fin de l'impunité.

1. Des centaines de victimes oubliées : nous demandons que justice soit rendue

Depuis plusieurs années, les témoignages d'arrestations arbitraires, de disparitions forcées, d'exécutions extrajudiciaires et de traitements inhumains se multiplient à travers le pays.

Parmi les dossiers qui ont profondément marqué les consciences figurent :

� Le cas de Wangai à Bambari ;

� Le cas de José et son frère à Bouca ;

- Le cas de Djamila, Issa Manou, Daouda, le sultan de Koui ;

� Le cas de Amza Bilal à Ndélé, commerçant arrêté puis exécuté avant que son corps ne soit abandonné ;

� Le cas d'un ressortissant tchadien à Sam-Ouandja, dont l'exécution et les conditions particulièrement cruelles de sa mise à mort ont suscité l'indignation de nombreux observateurs et habitants de la région. 

Ces victimes ne sont malheureusement que quelques noms parmi une longue liste de Centrafricains et d'étrangers qui ont perdu la vie dans des circonstances qui n'ont jamais donné lieu à des enquêtes transparentes ni à des poursuites judiciaires à la hauteur de la gravité des faits dénoncés.

Les Nations Unies, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, Human Rights Watch et d'autres organisations ont régulièrement alerté sur l'existence d'exécutions sommaires, de disparitions et d'autres violations graves des droits humains en République centrafricaine. 

Nous demandons que l'ensemble de ces dossiers soit réexaminé par des mécanismes indépendants afin d'établir les responsabilités et de rendre justice aux victimes.

2. Le meurtre du ressortissant suisse : la vérité doit être connue

Le 30 juillet 2026, près de Damara, un ressortissant suisse en mission de prospection minière ainsi que le sous-officier centrafricain chargé de sa sécurité ont été tués lors d'une attaque armée. Les autorités ont annoncé l'ouverture d'une enquête alors que les auteurs n'étaient pas formellement identifiés au moment des premières communications officielles. 

Cette affaire soulève de nombreuses interrogations.

Les circonstances exactes de cette attaque, les motivations des auteurs, ainsi que les éventuelles responsabilités directes ou indirectes doivent être établies dans le cadre d'une enquête indépendante et transparente.

Nous exigeons :

� La publication des conclusions de l'enquête ;

� L’identification des auteurs et des commanditaires éventuels ;

� Le respect des droits des familles des victimes ;

� La coopération des autorités centrafricaines avec toute investigation internationale qui pourrait être sollicitée 

3. Une démocratie fragilisée et un espace politique de plus en plus restreint

La République centrafricaine ne peut construire la paix sans pluralisme politique ni respect des droits fondamentaux. 

Plusieurs rapports internationaux ont exprimé des préoccupations concernant la réduction de l'espace civique, les pressions exercées sur l'opposition politique, ainsi que les difficultés rencontrées par certains acteurs politiques dans l'exercice de leurs droits. 

Le cas du député et ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé illustre les tensions actuelles entre le pouvoir et l'opposition. Après avoir renoncé à sa nationalité française afin de satisfaire aux exigences constitutionnelles en vue de l'élection présidentielle, il se trouve aujourd'hui confronté à un contentieux portant sur sa nationalité centrafricaine et la délivrance de documents administratifs, notamment son passeport. Ce dossier apparaît comme un instrument utilisé par les autorités pour limiter la liberté d'action politique de l'opposition et fragiliser la participation de certains de ses représentants à la vie démocratique. 

Nous demandons que tous les citoyens centrafricains, quelles que soient leurs opinions politiques, bénéficient d'un traitement égal devant la loi et du respect de leurs droits constitutionnels. 

4. L'impunité ne peut être le fondement de la paix

La paix durable ne peut exister sans justice.

Les mécanismes nationaux et internationaux chargés de lutter contre l'impunité doivent pouvoir travailler librement afin que toute personne soupçonnée de violations graves des droits humains puisse répondre de ses actes.

Nous appelons à une coopération renforcée entre :

� Les mécanismes des Nations Unies ;

� La Cour pénale internationale lorsque sa compétence est engagée.

Les crimes les plus graves ne doivent jamais rester impunis.

NOS EXIGENCES

Nous demandons :

1. L'ouverture d'une enquête internationale indépendante sur les violations graves des droits humains commises en République centrafricaine depuis 2021.

2. L'identification et la poursuite des auteurs, coauteurs, complices et commanditaires des exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées et actes de torture dénoncés par les victimes et les organisations de défense des droits humains. Un ressortissant camerounais, Eric, habitant le 6e arrondissement de Bangui, a été identifié pour avoir participé - aux côtés des mercenaires Wagner - à des exécutions sommaires et extrajudiciaires à Am-Dafock en juin 2026

3. La réouverture ou la poursuite des investigations concernant les dossiers de Wangai, José, Adama, du ressortissant tchadien de Bria et de toutes les autres victimes dont les familles continuent d'attendre justice.

4. La protection effective des populations civiles sur l'ensemble du territoire.

5. Le respect des libertés publiques, de la liberté de la presse, de la liberté d'association et du pluralisme politique.

6. Le respect des droits de l'opposition démocratique et des principes fondamentaux de l'État de droit.

7.La coopération totale des autorités centrafricaines avec les mécanismes internationaux chargés de la protection des droits humains.

8. La fin de l'impunité pour tous les auteurs de crimes graves, quelle que soit leur position, leur statut ou leur nationalité. 

Conclusion

La République centrafricaine mérite mieux que la peur. Elle mérite la vérité plutôt que le silence. Elle mérite la justice plutôt que l'impunité. Elle mérite la démocratie plutôt que les intimidations. Au nom de toutes les victimes connues et anonymes, au nom de Wangai, José, Adama, du ressortissant tchadien à Sam-Ouandja, du ressortissant suisse tué près de Damara, et de toutes les familles meurtries par la violence, nous appelons la communauté internationale à agir avant qu'il ne soit trop tard.

Pour la vérité.

Pour la justice. 

Pour la dignité humaine. 

Pour la République centrafricaine.

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