Pétition pour le cabinet vétérinaire de Belcaire

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Le problème

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Nous sommes plusieurs éleveurs à nous inquiéter des difficultés financières auxquelles le cabinet vétérinaire de Belcaire (11340) est confronté, et qui menace très sérieusement sa survie.  Les Dr Alberto Jorda Blanco et Carlos Sanchez Gines en ont notamment fait part dans un article du journal L’Independant en date du 19 juillet.

Le rapport établi par différents acteurs après 6 mois de travaux conjoints, suite à l’appel à manifestation d’intérêt lancé par le ministère de l’Agriculture en 2022 sur la désertification vétérinaire, en témoigne : « Trois territoires (le Sud de l’Ardèche, l’Aude, et dans une moindre mesure la Dordogne) sont eux en situation de crise ouverte : ces territoires sont face à une situation très dégradée, allant jusqu’à de réels problèmes à assurer les visites sanitaires, voire les prophylaxies ». 

Nous aimerions rappeler l’importance vitale des vétérinaires ruraux pour les animaux et l’élevage, l’économie et la population locale

Premièrement, s’il est de bon ton de  promouvoir une alimentation saine, locale, et durable, il faudrait encore que les territoires s’en donnent pleinement les moyens. Aucun élevage ne saurait subsister sans les conseils avisés et les actes sûrs des vétérinaires professionnels. Sans elles et sans eux, qui exécutera la césarienne sur une brebis en proie à une  mise-bas compliquée ?  Qui nous guidera dans l’utilisation efficace mais raisonnée des médicaments et produits vétérinaires ? Qui effectuera les prophylaxies obligatoires (prises de sang annuelles pour détecter et lutter contre les maladies épidémiques) sur les troupeaux de vaches, de brebis et de chèvres ? Rappelons que ce sont ces prises de sang qui conditionnent, entre autres, le départ des animaux en estive, et que c’est le pâturage sur nos espaces de moyenne montagne qui contribue à la production de viandes et de produits laitiers de qualité, mais aussi au maintien de paysages ouverts et à la biodiversité floristique chéris des touristes. 

Deuxièmement, une très grand part de la population, qu’elle consomme ou non des produits d’origine animale, se préoccupe du bien-être des animaux sauvages et d’élevage. Là encore, qui d’autre que les vétérinaires pour nous orienter dans le choix des meilleures conditions de vie et de mort pour les animaux ?

Troisièmement, soulignons le rôle social et humain joué par les vétérinaires ruraux dans le quotidien des éleveurs. Alberto, Carlos, et l’ensemble des vétérinaires ruraux ne ménagent pas leurs efforts et leurs kilomètres pour être présent aux côtés des éleveuses et éleveurs. Ils représentent souvent un soutien moral pour des agriculteurs aux conditions de travail difficiles, et à qui ils prêtent une oreille attentive, parfois la seule.

Voilà ce qu’incarne pour nous le métier de vétérinaire rural : une courroie de transmission entre des connaissances scientifiques et nos pratiques de la terre, qui nourrit les animaux et les hommes; mais surtout : un véritable service public, au même titre qu’un médecin généraliste dans un désert médical, ou un bureau de poste dans nos campagnes isolées. 

Nous sommes confrontés à un cercle vicieux : moins il y a de vétérinaires ruraux, plus le métier est difficile, avec de longues distances et des gardes de nuit, avec un risque de cessation d’activité comme c’est le cas à la clinique vétérinaire de Belcaire. Et un agriculteur qui n’a pas de vétérinaire à moins d’une heure de chez lui, perdra une première vache, une seconde, puis il arrêtera, lui aussi, son activité. C’est donc toute la filière élevage qui est menacée

Alors que faire ? La promulgation de la loi DDADUE du 3 décembre 2020 autorise les collectivités territoriales et leurs groupements à attribuer des aides aux vétérinaires et aux étudiants dans des zones rurales définies.

Grâce à ce dispositif législatif, trois départements aux attitudes volontaristes se sont lancés : la Corrèze (19) avec le plan « Corrèze santé animale », l’Isère (38) et son plan « Isère vétos », puis la Creuse (23) avec « Vétos 23 ». De nombreuses solutions sont à l’œuvre : tutorat, bourse aux étudiants, indemnité logement, aide forfaitaire à l’installation et à l’investissement, indemnité kilométrique. En Corrèze, c’est un budget d’1,2 million qui a été débloqué allant jusqu’à la création  d’un numéro unique d’appel, le SAVU 19, qui régule les urgences.

Pour le maintien de ce service essentiel, pour la survie du cabinet vétérinaire de Belcaire, nous demandons aux collectivités territoriales compétentes :

  • la communauté de communes des Pyrénées Audoises,
  • le département de l’Aude,
  • la région Occitanie ; 

la mise en place de mesures rapides d’ordre financier, mais également de mesures structurelles sur l’ensemble de la filière pour une amélioration durable de la situation.

 

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sixtine AZIERESLanceur de pétition

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