Pérennisation des cours de 45mn au Collège International de l'Est Parisien


Pérennisation des cours de 45mn au Collège International de l'Est Parisien
Le problème
Lettre ouverte à Monsieur Édouard Geffray,
Ministre de l’Éducation Nationale
Monsieur le Ministre,
Depuis plus de dix ans, le Collège International de l’Est parisien (CLIEP) Noisy le Grand mène, dans le cadre de son CVE, une organisation pédagogique fondée sur des cours de 45 minutes.
Il ne s’agit pas d’un simple aménagement horaire, c’est une véritable ingénierie du temps scolaire, pensée collectivement par les enseignants et mise au service de la réussite des élèves. Les dix minutes dégagées à chaque cours sont mutualisées pour constituer des plages de projets structurées : ateliers interdisciplinaires, parcours culturels, tutorat, projets scientifiques ou encore robotique.
Cette mutualisation n’est pas accessoire, elle est le cœur du dispositif, sa valeur ajoutée pédagogique et son moteur. Pour autant la Direction Départementale des Services de l’Education Nationale entend remettre en cause ce dispositif à la rentrée prochaine.
1. Un dispositif efficace, attentif aux élèves et soutenu par les équipes
Depuis une décennie, l’équipe enseignante du CLIEP fait preuve d’un engagement exceptionnel. Elle conçoit, anime et évalue des projets qui renforcent l’autonomie, l’interdisciplinarité, la concentration et le sens des apprentissages. Des projets emblématiques comme la RoboCup, plusieurs fois finaliste avec une équipe majoritairement féminine, illustrent concrètement cette capacité d’innovation pédagogique et scientifique.
Les résultats confirment cette cohérence pédagogique : 100 % de réussite au DNB 2025, une moyenne générale de 18,1/20, une majorité de mentions « Très bien » et « Félicitations du jury ». Une telle réussite invalide totalement l’idée que le dispositif pourrait fragiliser les apprentissages.
2. Des arguments administratifs infondés et contraires au droit
· « Le cours réglementaire est de 55 minutes » : faux. Aucun texte n’impose une durée de séance fixe. Le Code de l’éducation repose sur l’annualisation des volumes horaires et non sur un minutage uniforme des cours. Conformément à l’article L.401-1, l’établissement peut organiser les enseignements différemment dès lors que le volume global annuel est respecté, les programmes intégralement traités, et que l’organisation figure dans le projet d’établissement adopté par le conseil d’administration (article R.421-20).
· « Un risque contentieux existe » : sans fondement. Pour qu’un recours soit recevable, un élève devrait démontrer un préjudice personnel réel, directement imputable au format des 45 minutes, et non lié à d’autres facteurs. Aucune jurisprudence n’a jamais retenu qu’un aménagement conforme aux textes puisse constituer en soi un préjudice. Le CLIEP organise en outre des séances spécifiques de préparation au DNB rendues possibles par le dispositif.
· « Une expérimentation ne peut excéder dix ans » : inexact et juridiquement incomplet. Les textes prévoient 5 ans reconductibles 5 ans, mais l’article L.401-1 permet la pérennisation d’un dispositif évalué positivement. Aucun texte n’impose donc l’interruption automatique.
3. Une remise en cause contraire à vos priorités
Vous avez affirmé que la charge cognitive, la santé mentale et la qualité du temps scolaire étaient des priorités de votre action.Le dispositif du CLIEP y répond directement : journées plus soutenables, meilleure attention en classe, respiration pédagogique, motivation renforcée.
À l’inverse, un retour aux 55 minutes créerait un effet mécanique : si les projets étaient maintenus, les journées s’étendraient jusqu’à 18h30, ce qui est difficilement soutenable pour des collégiens comme pour les équipes.
Si l’on refuse ces journées interminables, il faudrait alors réduire puis supprimer progressivement les projets. Prétendre conserver les projets tout en revenant à 55 minutes constitue une contradiction manifeste.
3 bis. Une remise en cause d’autant plus incompréhensible que le collège s’ouvre aux élèves du secteur
Cette remise en cause intervient précisément au moment où le CLIEP s’ouvre davantage à son secteur. Pour ces nouveaux élèves, l’attractivité repose sur l’identité du collège : 45 minutes, projets structurants, climat scolaire exigeant et bienveillant.
Supprimer le dispositif au moment où ils arrivent créerait une inégalité manifeste. Cela enverrait malgré soi un signal négatif : qu’ils ne seraient pas capables de réussir dans une organisation exigeante fondée sur des cours de 45 minutes, alors même que ce format permet de maîtriser les compétences du socle.
4. La Convention citoyenne confirme la pertinence des 45 minutes
Le rapport final de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant, comporte une recommandation explicite consacrée à la durée des cours.
La Proposition n°4 du rapport (“Réduire les cours à 45 minutes effectives dans le secondaire”) préconise clairement d’adopter des cours de 45 minutes, accompagnés de pauses régulières, pour améliorer la concentration, réduire la fatigue et rendre les journées plus soutenables .
Cette proposition, soutenue par plus de 69 % des citoyens votants, s’inscrit dans le prolongement direct des travaux du panel d’enfants et d’adolescents, qui avaient eux-mêmes identifié comme « proposition coup de cœur » le format des cours de 45 minutes pour les matières du tronc commun, avec pauses régulières pour favoriser l’attention (Proposition jeunesse n°4) .
Autrement dit, le format expérimenté depuis plus de dix ans au CLIEP correspond exactement aux recommandations officielles de la Convention citoyenne voulue par le Président de la République.
Pérenniser le dispositif revient donc à inscrire le collège dans les orientations nationales les plus récentes, fondées sur les besoins des élèves et les données scientifiques de la chronobiologie.
En conclusion
Monsieur le Ministre, nous vous demandons solennellement de permettre la poursuite du dispositif des 45 minutes au CLIEP, en rendant possible, si telle est la volonté de l’équipe éducative et du conseil d’administration qui adopte le projet d’établissement conformément à l’article R.421-20, son inscription pérenne dans l’organisation pédagogique du collège.
Il serait paradoxal, et contraire aux orientations nationales désormais formalisées par la Proposition n°4 de la Convention citoyenne, qu’un établissement qui applique déjà les 45 minutes depuis plus de dix ans soit empêché de les pérenniser.
Le CLIEP est déjà un établissement pilote, permettre la pérennisation du dispositif renforcerait son rôle moteur et offrirait un modèle inspirant pour d’autres collèges désireux de conjuguer exigence, innovation et respect des rythmes d’apprentissage.
Respectueusement,
Des citoyens et des parents du Collège International de l’Est parisien.

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Le problème
Lettre ouverte à Monsieur Édouard Geffray,
Ministre de l’Éducation Nationale
Monsieur le Ministre,
Depuis plus de dix ans, le Collège International de l’Est parisien (CLIEP) Noisy le Grand mène, dans le cadre de son CVE, une organisation pédagogique fondée sur des cours de 45 minutes.
Il ne s’agit pas d’un simple aménagement horaire, c’est une véritable ingénierie du temps scolaire, pensée collectivement par les enseignants et mise au service de la réussite des élèves. Les dix minutes dégagées à chaque cours sont mutualisées pour constituer des plages de projets structurées : ateliers interdisciplinaires, parcours culturels, tutorat, projets scientifiques ou encore robotique.
Cette mutualisation n’est pas accessoire, elle est le cœur du dispositif, sa valeur ajoutée pédagogique et son moteur. Pour autant la Direction Départementale des Services de l’Education Nationale entend remettre en cause ce dispositif à la rentrée prochaine.
1. Un dispositif efficace, attentif aux élèves et soutenu par les équipes
Depuis une décennie, l’équipe enseignante du CLIEP fait preuve d’un engagement exceptionnel. Elle conçoit, anime et évalue des projets qui renforcent l’autonomie, l’interdisciplinarité, la concentration et le sens des apprentissages. Des projets emblématiques comme la RoboCup, plusieurs fois finaliste avec une équipe majoritairement féminine, illustrent concrètement cette capacité d’innovation pédagogique et scientifique.
Les résultats confirment cette cohérence pédagogique : 100 % de réussite au DNB 2025, une moyenne générale de 18,1/20, une majorité de mentions « Très bien » et « Félicitations du jury ». Une telle réussite invalide totalement l’idée que le dispositif pourrait fragiliser les apprentissages.
2. Des arguments administratifs infondés et contraires au droit
· « Le cours réglementaire est de 55 minutes » : faux. Aucun texte n’impose une durée de séance fixe. Le Code de l’éducation repose sur l’annualisation des volumes horaires et non sur un minutage uniforme des cours. Conformément à l’article L.401-1, l’établissement peut organiser les enseignements différemment dès lors que le volume global annuel est respecté, les programmes intégralement traités, et que l’organisation figure dans le projet d’établissement adopté par le conseil d’administration (article R.421-20).
· « Un risque contentieux existe » : sans fondement. Pour qu’un recours soit recevable, un élève devrait démontrer un préjudice personnel réel, directement imputable au format des 45 minutes, et non lié à d’autres facteurs. Aucune jurisprudence n’a jamais retenu qu’un aménagement conforme aux textes puisse constituer en soi un préjudice. Le CLIEP organise en outre des séances spécifiques de préparation au DNB rendues possibles par le dispositif.
· « Une expérimentation ne peut excéder dix ans » : inexact et juridiquement incomplet. Les textes prévoient 5 ans reconductibles 5 ans, mais l’article L.401-1 permet la pérennisation d’un dispositif évalué positivement. Aucun texte n’impose donc l’interruption automatique.
3. Une remise en cause contraire à vos priorités
Vous avez affirmé que la charge cognitive, la santé mentale et la qualité du temps scolaire étaient des priorités de votre action.Le dispositif du CLIEP y répond directement : journées plus soutenables, meilleure attention en classe, respiration pédagogique, motivation renforcée.
À l’inverse, un retour aux 55 minutes créerait un effet mécanique : si les projets étaient maintenus, les journées s’étendraient jusqu’à 18h30, ce qui est difficilement soutenable pour des collégiens comme pour les équipes.
Si l’on refuse ces journées interminables, il faudrait alors réduire puis supprimer progressivement les projets. Prétendre conserver les projets tout en revenant à 55 minutes constitue une contradiction manifeste.
3 bis. Une remise en cause d’autant plus incompréhensible que le collège s’ouvre aux élèves du secteur
Cette remise en cause intervient précisément au moment où le CLIEP s’ouvre davantage à son secteur. Pour ces nouveaux élèves, l’attractivité repose sur l’identité du collège : 45 minutes, projets structurants, climat scolaire exigeant et bienveillant.
Supprimer le dispositif au moment où ils arrivent créerait une inégalité manifeste. Cela enverrait malgré soi un signal négatif : qu’ils ne seraient pas capables de réussir dans une organisation exigeante fondée sur des cours de 45 minutes, alors même que ce format permet de maîtriser les compétences du socle.
4. La Convention citoyenne confirme la pertinence des 45 minutes
Le rapport final de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant, comporte une recommandation explicite consacrée à la durée des cours.
La Proposition n°4 du rapport (“Réduire les cours à 45 minutes effectives dans le secondaire”) préconise clairement d’adopter des cours de 45 minutes, accompagnés de pauses régulières, pour améliorer la concentration, réduire la fatigue et rendre les journées plus soutenables .
Cette proposition, soutenue par plus de 69 % des citoyens votants, s’inscrit dans le prolongement direct des travaux du panel d’enfants et d’adolescents, qui avaient eux-mêmes identifié comme « proposition coup de cœur » le format des cours de 45 minutes pour les matières du tronc commun, avec pauses régulières pour favoriser l’attention (Proposition jeunesse n°4) .
Autrement dit, le format expérimenté depuis plus de dix ans au CLIEP correspond exactement aux recommandations officielles de la Convention citoyenne voulue par le Président de la République.
Pérenniser le dispositif revient donc à inscrire le collège dans les orientations nationales les plus récentes, fondées sur les besoins des élèves et les données scientifiques de la chronobiologie.
En conclusion
Monsieur le Ministre, nous vous demandons solennellement de permettre la poursuite du dispositif des 45 minutes au CLIEP, en rendant possible, si telle est la volonté de l’équipe éducative et du conseil d’administration qui adopte le projet d’établissement conformément à l’article R.421-20, son inscription pérenne dans l’organisation pédagogique du collège.
Il serait paradoxal, et contraire aux orientations nationales désormais formalisées par la Proposition n°4 de la Convention citoyenne, qu’un établissement qui applique déjà les 45 minutes depuis plus de dix ans soit empêché de les pérenniser.
Le CLIEP est déjà un établissement pilote, permettre la pérennisation du dispositif renforcerait son rôle moteur et offrirait un modèle inspirant pour d’autres collèges désireux de conjuguer exigence, innovation et respect des rythmes d’apprentissage.
Respectueusement,
Des citoyens et des parents du Collège International de l’Est parisien.

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Pétition lancée le 24 novembre 2025