Pyrénées : Rouvrir la ligne Pau-Saragosse


Pyrénées : Rouvrir la ligne Pau-Saragosse
Le problème
Le CRÉLOC et la CREFCO lancent
le MANIFESTE POUR LA CRÉATION DE LA
« LIGNE FERROVIAIRE PAU-SARAGOSSE/ZARAGOZA-PAU »
Le fonctionnement de la ligne ferroviaire Pau-Saragosse/Zaragoza-Pau passe d’abord par la remise en service des 33 km encore fermés entre Bedous et Canfranc, mais aussi par la modernisation de bout en bout des 311 km du trajet. De cette double nécessité sortira un axe majeur de desserte de nombreux territoires, aussi bien sur le versant nord des Pyrénées, court et abrupt, que sur le versant sud, beaucoup plus étendu à travers l’Aragon.
Le tracé des 311 km de cette ligne à voie unique comporte un « point dur », sur le versant français au franchissement des Pyrénées, avec des pentes qui peuvent atteindre 4,3 % et dont l’existence fut trop souvent mise en avant pour disqualifier la reprise des circulations, après l’accident du pont de l’Estanguet le 27 mars 1970. En fait, de telles pentes à plus de 4% ne couvrent que 7,7 Km, répartis en 7 tronçons, eux-mêmes séparés par des paliers permettant aux locomotives de reprendre leur effort de traction. De plus les motrices électriques actuelles, de plus en plus performantes – à l’image des Eurodual 6000 de Stadler, des Smartron de Siemens, Traxx de Bombardier/Alstom, ou des Class 9000 Brush du tunnel sous la Manche –, rendent plus facile et plus fiable, le franchissement des montagnes. Il est donc possible, actuellement, de tracter des trains de 1 000 tonnes, à 50 km/h, sur les rampes de 4,3 % maximum, entre Bedous et Canfranc, même en intégrant la contrainte des conditions hivernales de circulation. Sur le restant du tracé, les profils permettent des circulations plus aisées.
Les atouts d’une telle liaison se déclinent au triple point de vue économique, géopolitique et socio-environnemental.
Au point de vue économique la liaison ferroviaire Pau-Saragosse/Saragosse-Pau captera le fret à plusieurs échelles. Au niveau régional, les échanges de part et d’autre des Pyrénées entre Aragon et Sud-Ouest français concernent le transport des céréales, principalement du maïs dans le sens Nord-Sud, des légumes et de fruits dans le sens Sud- Nord, produits destinés aux industries agroalimentaires. S’y ajoutent les produits chimiques échangés entre les pôles industriels du Béarn et d’Aragon, souvent constitués de matières particulièrement dangereuses. Ces trafics sont actuellement assurés par camionnage sur des routes de montagne étroites et sinueuses. Enfin les produits de la forêt (grumes, granules), les fourrages et la paille concernent les vallées et les plaines des piémonts nord et sud.
Au niveau national et européen, les trafics achemineront les productions de l’industrie automobile aragonaise vers le nord du continent et recevront dans l’autre sens les composants : bobines d’acier, pièces de moteurs et de freinage, garnitures… Les tunnels de la ligne sont au gabarit B+ et peuvent recevoir les conteneurs. Ces échanges qui concernent le fret, se complèteront par des trafics voyageurs, d’abord au niveau inter-valléen et interrégional, mais aussi par des liaisons intercités entre Paris, Toulouse et Bordeaux au nord, Saragosse, Valence et Madrid au sud. Il faut y ajouter les trains de nuit, en plein renouveau partout en Europe et les trains de pèlerinage à destination de Lourdes et de Saragosse.
La capacité de la ligne dument équipée (signalisation, poste de commande centralisé, croisements suffisants) devrait offrir une capacité quotidienne de 50 trains, avec comme objectif annuel à terme 300 000 voyageurs et 1,5 M de tonnes de marchandises.
Au point de vue géopolitique, la ligne Pau-Saragosse/Zaragoza-Pau contribue à enrichir d’un nouveau passage ferroviaire la charnière du Sud-ouest européen. De plus, les deux passages de l’Est (Cerbère–Port-Bou) et de l’Ouest (Hendaye-Irun) sont fragiles aussi bien au point de vue environnemental (risque d’érosion marine) que du peuplement à l’Ouest, avec une conurbation côtière basque qui manque de plus en plus de place. Un tel rôle de shunt servira les régions du centre de la péninsule et l’Aragon qui possèderont ainsi, avec cette ligne, une porte vers le nord de l’Europe, entre les entités basques et catalanes aux fortes tensions territoriales, en terme politiques.
Au point de vue socio-environnemental, la liaison ferroviaire PauSaragosse/Saragosse-Pau présente des atouts qui ne peuvent que s’accroître dans la nouvelle donne provoquée par le changement climatique. La ligne utilisera l’énergie électrique produite de part et d’autre du tracé (centrales hydroélectriques déjà installées, éolien, photovoltaïque). La largeur d’une ligne à voie unique – 8 m. en moyenne – s’avère réduite comparée à celle des infrastructures routières (16 m. pour une route nationale, 20 m pour une voie rapide, normes UE). Tandis que dans la partie haute montagne le passage ferroviaire comporte 34 tunnels, pour un total cumulé de 20 km entre Bedous et Jaca, soit 36 % du trajet. De tels dispositifs protègent aussi bien la faune sauvage que les troupeaux dans les espaces ruraux traversés ou les zones protégées (parc National des Pyrénées, zones Natura 2000...).
Dès lors l’inscription paysagère du chemin de fer – ouvrages d’art bien conservés, entrées de tunnels, murs de soutènement, gares – constitue un ensemble patrimonial de premier ordre, moteur de l’activité touristique et qui inscrit l’ensemble de la ligne – et tout particulièrement le bâtiment voyageur dorénavant rénové de l’ancienne gare de Canfranc –, dans les identités et l’imaginaire pyrénéens qu’ils soient aquitains, occitans ou aragonais.
Le processus de remise en service des 33 km entre Bedous et Canfranc est dorénavant engagé, mais avec toutes les lenteurs inhérentes au temps du ferroviaire et encore au flou quant au niveau des équipements. Il faut donc œuvrer à la fois pour accélérer le mouvement et obtenir d’emblée un chemin de fer conforme aux impératifs du siècle à venir : électrification, signalisation, croisements adéquats, gestion centralisée, opérateur unique. Le G.E.I.E. annoncé par les gouvernements français et espagnol, avec les Régions Nouvelle-Aquitaine et Aragon lors de la réunion quadripartite du 28 février 2022, devrait donner l’armature institutionnelle et opérationnelle nécessaire à une telle entreprise. D’ores et déjà, la mobilisation du plus large éventail d’acteurs -français, espagnols ou venus de la vaste UE-, représentant le monde des entreprises, des médias, de la science, de la politique ou de la vie associative, donnera tout son poids à l’entreprise, s’inscrivant ainsi dans une démarche économique à la fois rentable et soutenable.
C’est pourquoi nous vous serions reconnaissants, en adhérant à ce MANIFESTE, d’apporter votre appui à titre individuel ou à celui de l’entité que vous représentez, à la création de « Ligne ferroviaire Pau-Saragosse/Zaragoza-Pau ».
Le problème
Le CRÉLOC et la CREFCO lancent
le MANIFESTE POUR LA CRÉATION DE LA
« LIGNE FERROVIAIRE PAU-SARAGOSSE/ZARAGOZA-PAU »
Le fonctionnement de la ligne ferroviaire Pau-Saragosse/Zaragoza-Pau passe d’abord par la remise en service des 33 km encore fermés entre Bedous et Canfranc, mais aussi par la modernisation de bout en bout des 311 km du trajet. De cette double nécessité sortira un axe majeur de desserte de nombreux territoires, aussi bien sur le versant nord des Pyrénées, court et abrupt, que sur le versant sud, beaucoup plus étendu à travers l’Aragon.
Le tracé des 311 km de cette ligne à voie unique comporte un « point dur », sur le versant français au franchissement des Pyrénées, avec des pentes qui peuvent atteindre 4,3 % et dont l’existence fut trop souvent mise en avant pour disqualifier la reprise des circulations, après l’accident du pont de l’Estanguet le 27 mars 1970. En fait, de telles pentes à plus de 4% ne couvrent que 7,7 Km, répartis en 7 tronçons, eux-mêmes séparés par des paliers permettant aux locomotives de reprendre leur effort de traction. De plus les motrices électriques actuelles, de plus en plus performantes – à l’image des Eurodual 6000 de Stadler, des Smartron de Siemens, Traxx de Bombardier/Alstom, ou des Class 9000 Brush du tunnel sous la Manche –, rendent plus facile et plus fiable, le franchissement des montagnes. Il est donc possible, actuellement, de tracter des trains de 1 000 tonnes, à 50 km/h, sur les rampes de 4,3 % maximum, entre Bedous et Canfranc, même en intégrant la contrainte des conditions hivernales de circulation. Sur le restant du tracé, les profils permettent des circulations plus aisées.
Les atouts d’une telle liaison se déclinent au triple point de vue économique, géopolitique et socio-environnemental.
Au point de vue économique la liaison ferroviaire Pau-Saragosse/Saragosse-Pau captera le fret à plusieurs échelles. Au niveau régional, les échanges de part et d’autre des Pyrénées entre Aragon et Sud-Ouest français concernent le transport des céréales, principalement du maïs dans le sens Nord-Sud, des légumes et de fruits dans le sens Sud- Nord, produits destinés aux industries agroalimentaires. S’y ajoutent les produits chimiques échangés entre les pôles industriels du Béarn et d’Aragon, souvent constitués de matières particulièrement dangereuses. Ces trafics sont actuellement assurés par camionnage sur des routes de montagne étroites et sinueuses. Enfin les produits de la forêt (grumes, granules), les fourrages et la paille concernent les vallées et les plaines des piémonts nord et sud.
Au niveau national et européen, les trafics achemineront les productions de l’industrie automobile aragonaise vers le nord du continent et recevront dans l’autre sens les composants : bobines d’acier, pièces de moteurs et de freinage, garnitures… Les tunnels de la ligne sont au gabarit B+ et peuvent recevoir les conteneurs. Ces échanges qui concernent le fret, se complèteront par des trafics voyageurs, d’abord au niveau inter-valléen et interrégional, mais aussi par des liaisons intercités entre Paris, Toulouse et Bordeaux au nord, Saragosse, Valence et Madrid au sud. Il faut y ajouter les trains de nuit, en plein renouveau partout en Europe et les trains de pèlerinage à destination de Lourdes et de Saragosse.
La capacité de la ligne dument équipée (signalisation, poste de commande centralisé, croisements suffisants) devrait offrir une capacité quotidienne de 50 trains, avec comme objectif annuel à terme 300 000 voyageurs et 1,5 M de tonnes de marchandises.
Au point de vue géopolitique, la ligne Pau-Saragosse/Zaragoza-Pau contribue à enrichir d’un nouveau passage ferroviaire la charnière du Sud-ouest européen. De plus, les deux passages de l’Est (Cerbère–Port-Bou) et de l’Ouest (Hendaye-Irun) sont fragiles aussi bien au point de vue environnemental (risque d’érosion marine) que du peuplement à l’Ouest, avec une conurbation côtière basque qui manque de plus en plus de place. Un tel rôle de shunt servira les régions du centre de la péninsule et l’Aragon qui possèderont ainsi, avec cette ligne, une porte vers le nord de l’Europe, entre les entités basques et catalanes aux fortes tensions territoriales, en terme politiques.
Au point de vue socio-environnemental, la liaison ferroviaire PauSaragosse/Saragosse-Pau présente des atouts qui ne peuvent que s’accroître dans la nouvelle donne provoquée par le changement climatique. La ligne utilisera l’énergie électrique produite de part et d’autre du tracé (centrales hydroélectriques déjà installées, éolien, photovoltaïque). La largeur d’une ligne à voie unique – 8 m. en moyenne – s’avère réduite comparée à celle des infrastructures routières (16 m. pour une route nationale, 20 m pour une voie rapide, normes UE). Tandis que dans la partie haute montagne le passage ferroviaire comporte 34 tunnels, pour un total cumulé de 20 km entre Bedous et Jaca, soit 36 % du trajet. De tels dispositifs protègent aussi bien la faune sauvage que les troupeaux dans les espaces ruraux traversés ou les zones protégées (parc National des Pyrénées, zones Natura 2000...).
Dès lors l’inscription paysagère du chemin de fer – ouvrages d’art bien conservés, entrées de tunnels, murs de soutènement, gares – constitue un ensemble patrimonial de premier ordre, moteur de l’activité touristique et qui inscrit l’ensemble de la ligne – et tout particulièrement le bâtiment voyageur dorénavant rénové de l’ancienne gare de Canfranc –, dans les identités et l’imaginaire pyrénéens qu’ils soient aquitains, occitans ou aragonais.
Le processus de remise en service des 33 km entre Bedous et Canfranc est dorénavant engagé, mais avec toutes les lenteurs inhérentes au temps du ferroviaire et encore au flou quant au niveau des équipements. Il faut donc œuvrer à la fois pour accélérer le mouvement et obtenir d’emblée un chemin de fer conforme aux impératifs du siècle à venir : électrification, signalisation, croisements adéquats, gestion centralisée, opérateur unique. Le G.E.I.E. annoncé par les gouvernements français et espagnol, avec les Régions Nouvelle-Aquitaine et Aragon lors de la réunion quadripartite du 28 février 2022, devrait donner l’armature institutionnelle et opérationnelle nécessaire à une telle entreprise. D’ores et déjà, la mobilisation du plus large éventail d’acteurs -français, espagnols ou venus de la vaste UE-, représentant le monde des entreprises, des médias, de la science, de la politique ou de la vie associative, donnera tout son poids à l’entreprise, s’inscrivant ainsi dans une démarche économique à la fois rentable et soutenable.
C’est pourquoi nous vous serions reconnaissants, en adhérant à ce MANIFESTE, d’apporter votre appui à titre individuel ou à celui de l’entité que vous représentez, à la création de « Ligne ferroviaire Pau-Saragosse/Zaragoza-Pau ».
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Pétition lancée le 2 mai 2023