Le respect des droits humains et le rétablissement de l’État de droit au Sénégal

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The Issue

              Depuis quelques jours, une série de violations notoires des droits humains les plus élémentaires sévit au Sénégal. Ces événements font suite à l’arrestation pour trouble à l’ordre public et allégations de viol contre l’opposant politique Ousmane Sonko. Des manifestations pacifiques de la société civile ont été sévèrement réprimées, par les forces de l’ordre et des milices non identifiées, causant la mort d’au moins 11 personnes, dont certaines tuées par balle, de graves blessés, des arrestations arbitraires et d’énormes dégâts matériels (bilan du 08 mars 2021). Il a aussi été constaté que les signaux de chaînes télévisées relayant les scènes de violences ont été temporairement coupés par la CNRA (Conseil national de la régulation de l’audiovisuel). L’accès aux services de messagerie privée (Whatsapp ou Telegram) et de diffusions de vidéos (Youtube) a également été restreint.

            Il est ainsi important de rappeler , que le droit à la vie est un droit fondamental et inaliénable consacré par l’article 1 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH). C’est dans ce sens que l’article 7 de la Constitution sénégalaise impose à l’Etat l’obligation du respect et de la protection du droit à la vie. Suite aux faits ci-dessus constatés, est violée une série de droits garantis par la législation sénégalaise et les conventions internationales de défense des droits humains auxquelles le Sénégal est partie: 

  • les droits de l'Homme portant sur la liberté d’expression garantis par l’article 8 de la Constitution du Sénégal et l’article 19 de la DUDH de 1948,
  • le droit d’accès à l’information défendu au titre de l’alinéa 1 de l’article 9  de la Charte Africaine des droit de l’Homme et des peuples de 1981, 
  • la liberté de presse garantie par l’alinéa k) de l’article 1 du Protocole  A/SP1/12/01 sur la  démocratie  et la bonne gouvernance additionnel au protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité de 2001,
  • la liberté d’association et de manifestation pacifique consacrée par les article 8 de la Constitution du Sénégal et l’article 21 du  Pacte international relatif  aux droits civils et politiques de 1966, 
  • la prohibition de détention arbitraire posée par l’article 6 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples  de 1981,
  • la promotion de la démocratie et de l’État de droit prévue à l’alinéa 1 de l’article 4 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la bonne gouvernance  de 2007.

En raison de ces flagrantes violations des droits humains: 

         Nous, citoyens sénégalais, invitons toute personne physique ou morale à user de sa capacité d’action auprès des parties impliquées et particulièrement auprès du gouvernement du Sénégal pour le retour au calme et la restauration des droits de l’Homme dans notre chère pays, terre d’hospitalité. Nous invitons également les instances multilatérales régionales et internationales  à  concourir à l’urgence de mettre fin aux violences et violations des droits de l’Homme avant que les tensions ne prennent une dimension plus désastreuse. 

                                                Par les citoyens du Sénégal.

(Auteurs : Mamadou Faye, Ahmadou Khadim Diop,  Fama Sakho, Souleymane Tidjiani, Ibrahima Diomaye Sarr)

 

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