POUR UN VÉRITABLE STATUT SALARIÉ DE L'AIDANT

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Le problème

Pour un véritable statut salarié de l'aidant : l'aidance est un travail

Aujourd’hui, nous cessons de nous taire : l’aidance n'est pas qu'une simple situation familiale, c'est une activité  indispensable et utile à la société tout entière.

                 Le constat : une invisibilité dramatique et systémique

En France, près de 10 millions de personnes assument quotidiennement le rôle de proche aidant. Pourtant, aucun statut juridique ou professionnel global n’existe à la hauteur de la réalité. Les conséquences de cet abandon institutionnel sont lourdes et partagées :

  • Sacrifice professionnel : Pour pallier le manque cruel de places en structures  ou l’absence d'inclusion scolaire effective, les aidants doivent être ultra-flexibles ou renoncer à leur propre carrière.
  • Précarité financière et exclusion économique : Faute de fiche de paie, l'accès au logement (location, achat) ou l'obtention d’un prêt bancaire relèvent de l'impossible. Les indemnités actuelles (comme l'AJPA ou certains dédommagements) restent excessivement faibles, complexes d'accès et limitées.
  • Retraite sacrifiée : Consacrer des années de sa vie à aider un proche condamne aujourd'hui à une pension de retraite misérable ou à des décotes majeures.
  • Épuisement généralisé : Sans droit effectif et accessible au répit, les aidants assument une charge mentale et physique 24h/24, affectant gravement leur santé.

                     Nos 10 revendications majeures : 

  1. La création d’un véritable statut protecteur de « salarié aidant familial » 
    Reconnaissance sociale et administrative complète, matérialisée par un contrat de travail et l’attribution d’un référentiel national de temps d’aide objectivement évalué.
  2. Une rémunération décente et salariée, à la hauteur du temps passé (taux horaire SMIC minimum) 
    Transformation des dédommagements actuels en un véritable salaire versé directement à l’aidant pour lui garantir une indépendance financière, soumis à cotisations sociales.

  3. Une protection sociale complète et immédiate 
    Ouverture des droits aux congés payés, à la prévoyance et aux droits au chômage.

  4. La sécurisation absolue des droits à la retraite 
    Prise en charge intégrale des cotisations par la solidarité nationale pour que les années d'aidance ne pénalisent plus jamais la pension future.

  5. Une protection professionnelle réelle, sans pénalisation ni discrimination  
    Protection professionnelle  garantissant le maintien dans l’emploi, l’absence de discrimination et la préservation des droits sociaux lorsque l’aidance impose de réduire ou d’interrompre son activité.

  6. Un droit effectif, territorialisé et accessible au répit 
    Protéger et préserver la santé de l’aidant par la création d'un quota d'heures de remplacement à domicile et développement des professionnels au sein même des établissements existants.

  7. Une passerelle professionnelle de sortie (revalorisation des compétences) 
    Accès à des micro-formations diplômantes  pendant le parcours d'aidance, ou octroi d'un Congé de Reconversion Rémunéré (12 à 18 mois) avec CPF majoré lorsque l'accompagnement prend fin.

  8. Une simplification réelle des démarches 
    Identification claire d’un seul référent dans les  démarches simplifiées et une véritable coordination entre les administrations, les organismes sociaux et les professionnels.

  9. Une représentation des aidants dans les dispositifs qui les concernent 
    Représentation systématique des aidants dans l’élaboration, l’évaluation et la réforme des dispositifs qui affectent leur vie.

  10. Un engagement civique pour un véritable statut de l’aidant 
    Engagement national pour envisager une réforme complète et la création d’un statut protecteur de l’aidant, accompagné :
    - d’un calendrier précis 

    - de propositions concrètes 
    - d’objectifs vérifiables 
    - d’engagements mesurables


                 Notre appel à l'action : 

Notre réflexion s’appuie sur les constats, données et travaux issus notamment de la CNSA (2026), de la DREES (2023, 2025, 2026), de l’IGAS (2024), du HCFEA ainsi que des travaux parlementaires (rapport du Sénat n°96, projet de loi n°812). Ces travaux mettent en évidence les limites actuelles de notre système : dispositifs fragmentés, inégalités d’accès aux droits, insuffisance des solutions de répit, impact sur l’emploi et la vie sociale, et reconnaissance encore insuffisante du rôle des proches aidants.

Nous demandons formellement au Gouvernement et au Parlement de prendre en compte nos revendications et de créer un véritable statut salarié de l’aidant afin d’assurer et de sécuriser leur avenir. Être aidant ne doit plus être synonyme de condamnation sociale et de précarité.

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