Pour un Nouveau Front Populaire sans Jean-Luc Mélenchon

Le problème

Nous désapprouvons la prise de fonction de Jean-Luc Mélenchon au sein du Nouveau Front Populaire.

  • Nous lui reprochons d'être une figure trop clivante pour une union qui se veut large, du fait, entre autres, de son incapacité au compromis, de son refus du pluralisme politique, et de ses positions quant à l’antisémitisme. 
  • Nous demandons un Front pluriel et uni, débarrassé des crispations passées, offrant un nouveau visage à une gauche plus à même de rassembler.

 

Ce que nous lui reprochons :


Compromis n'est pas compromission. Abattre n'est pas débattre. Encore moins au sein d'un même bord politique, encore moins au sein de son propre parti, et moins encore dans la genèse d'une union. Durant les années NUPES, et récemment encore, Jean-Luc Mélenchon a fait montre d’un irrespect du pluralisme politique de la coalition, gênant son élargissement et son fonctionnement. On rappellera certaines de ses immuables prises de position qui ont mis en danger et mettent en danger les formations à gauche :

Se placer en porte à faux vis-à-vis de son propre parti : refus de condamner Quatennens, reniant le principe n°4 de La France Insoumise excluant les comportements violents et sexistes. De manière générale, tout individu prétendant faire partie d'une coalition de gauche ne doit-il pas condamner toute violence à caractère sexiste et sexuel ? 
Quatennens a fini par céder son siège. On remerciera les voix féministes et les voix sensées qui l’y ont poussé. On notera le silence de Mélenchon.

Se placer en porte à faux des partis de gauche : refus de condamner les attaques du 7 octobre, initiant l'éclatement de la NUPES.

Se placer en porte à faux vis-à-vis de la coalition naissante : refus de présenter les députés Raquel Garrido, Alexis Corbière, Danielle Simonnet, Hendrik Davi et Frédéric Mathieu aux législatives. Refus du débat au sein du parti, de la démocratie dans la démocratie. Refus de l'esprit du Nouveau Front Populaire, aboutissement de discussions, de débats et de remises en question. Le Front Populaire est fort dans son pluralisme, où se reconnaissent alors toutes celles et ceux qui refusent leur conservatisme et l’inertie.

Jean-Luc Mélenchon n’a ni l’esprit qui a gouverné la construction de cette union, ni l’esprit qu’il lui faut pour sa campagne et son mandat à l’assemblée. Il ne s'agit évidemment pas de réclamer que toute différence soit éliminée. Loin de là. Le débat est constitutif et moteur dans une coalition. Mais les lignes qui en dessinent le contour, une fois définies, doivent être respectées. Et celles-ci excluent Jean-Luc Mélenchon


Il ne s'agit pas de tant de savoir si Jean-Luc Mélenchon est antisémite. L'important est ce que son attitude et ses propos véhiculent. Ne pas condamner l'attaque du 7 octobre - indépendamment de ce qui a précédé et de ce qui suivra - c'est laisser penser que ces meurtres et ces violences peuvent être justifiées. Qu’on peut, sans être entièrement en tort, ôter des vies juives. Cette pensée n'est peut-être pas celle de Jean-Luc Mélenchon. Le problème est qu'il ne la contredit pas.

Le problème est là : ne pas condamner les violences lorsqu'elles s'abattent sur des personnes de confession ou de traditions juives, minimiser leur souffrance et la discrimination que celles-ci subissent, c'est non seulement rendre légitime l'antisémitisme, le laisser vivre et grandir ; c'est également refuser de porter la lutte d'une minorité. Pour quelles raisons ?... 
Pour une figure de gauche, refuser un combat contre une haine, contre un racisme, est une sérieuse lacune.

 

Ce que nous appelons :

 

Nul n'est parfait, et tout le monde a le droit à l'erreur. Le devoir de se corriger surtout. La situation actuelle exige, de la part de la gauche, une rigueur sans précédent. Il est donc nécessaire d'apporter des figures neuves qui seront à même de rassembler les gauches ainsi que d'attirer un nouvel électorat. Nous voulons une gauche radicale à même de convaincre des plus modérés (et ce n'est pas contradictoire !...).

La gauche ne pourra gagner qu'en faisant corps, elle ne pourra faire face au RN trois ans durant qu’en demeurant soudée. Elle devra néanmoins être incessamment remuée de l'intérieur, en perpétuelle évolution. C'est ce qui la distingue de ce qu'elle combat. Il faudra donc de ses représentants un mouvement constant dans le sens de ses avancées. Il faudra que ceux-ci portent en eux ses nouvelles intégrités ainsi que les luttes sur lesquelles elle se sera ouverte.

Qui voudra la représenter ne pourra pas finasser sur ses acquis, ni ne pourra risquer de la morceler quand ces acquis seront plus menacés que jamais.

Nous manifestons donc notre désapprobation à voir Jean-Luc Mélenchon prendre fonction dans le Nouveau Front populaire. 

Nous nous opposons à ce qu'il vienne compromettre le travail qui a abouti au programme commun du Nouveau Front Populaire. 

Nous refusons qu'il y injecte ses clivages, ses positions et ses propos répréhensibles.


Bibliographie : 

Fabien Escalona, Nupes : aux racines du “problème” Mélenchon, Médiapart (18 octobre 2023)

Thomas Legrand, “Purge” de Jean-Luc Mélenchon : la petite mesquinerie face à la grande histoire, Libération (15 juin 2024)

Lénaïg Bredoux, Front populaire : la mobilisation des féministes entravée par le choix d’Adrien Quatennens, Médiapart (15 juin 2024)

Jean-Luc Mélenchon estime que “l’antisémitisme reste résiduel en France”, France Info (2 juin 2024).

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Benjamin LELOUCHLanceur de pétition

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Le problème

Nous désapprouvons la prise de fonction de Jean-Luc Mélenchon au sein du Nouveau Front Populaire.

  • Nous lui reprochons d'être une figure trop clivante pour une union qui se veut large, du fait, entre autres, de son incapacité au compromis, de son refus du pluralisme politique, et de ses positions quant à l’antisémitisme. 
  • Nous demandons un Front pluriel et uni, débarrassé des crispations passées, offrant un nouveau visage à une gauche plus à même de rassembler.

 

Ce que nous lui reprochons :


Compromis n'est pas compromission. Abattre n'est pas débattre. Encore moins au sein d'un même bord politique, encore moins au sein de son propre parti, et moins encore dans la genèse d'une union. Durant les années NUPES, et récemment encore, Jean-Luc Mélenchon a fait montre d’un irrespect du pluralisme politique de la coalition, gênant son élargissement et son fonctionnement. On rappellera certaines de ses immuables prises de position qui ont mis en danger et mettent en danger les formations à gauche :

Se placer en porte à faux vis-à-vis de son propre parti : refus de condamner Quatennens, reniant le principe n°4 de La France Insoumise excluant les comportements violents et sexistes. De manière générale, tout individu prétendant faire partie d'une coalition de gauche ne doit-il pas condamner toute violence à caractère sexiste et sexuel ? 
Quatennens a fini par céder son siège. On remerciera les voix féministes et les voix sensées qui l’y ont poussé. On notera le silence de Mélenchon.

Se placer en porte à faux des partis de gauche : refus de condamner les attaques du 7 octobre, initiant l'éclatement de la NUPES.

Se placer en porte à faux vis-à-vis de la coalition naissante : refus de présenter les députés Raquel Garrido, Alexis Corbière, Danielle Simonnet, Hendrik Davi et Frédéric Mathieu aux législatives. Refus du débat au sein du parti, de la démocratie dans la démocratie. Refus de l'esprit du Nouveau Front Populaire, aboutissement de discussions, de débats et de remises en question. Le Front Populaire est fort dans son pluralisme, où se reconnaissent alors toutes celles et ceux qui refusent leur conservatisme et l’inertie.

Jean-Luc Mélenchon n’a ni l’esprit qui a gouverné la construction de cette union, ni l’esprit qu’il lui faut pour sa campagne et son mandat à l’assemblée. Il ne s'agit évidemment pas de réclamer que toute différence soit éliminée. Loin de là. Le débat est constitutif et moteur dans une coalition. Mais les lignes qui en dessinent le contour, une fois définies, doivent être respectées. Et celles-ci excluent Jean-Luc Mélenchon


Il ne s'agit pas de tant de savoir si Jean-Luc Mélenchon est antisémite. L'important est ce que son attitude et ses propos véhiculent. Ne pas condamner l'attaque du 7 octobre - indépendamment de ce qui a précédé et de ce qui suivra - c'est laisser penser que ces meurtres et ces violences peuvent être justifiées. Qu’on peut, sans être entièrement en tort, ôter des vies juives. Cette pensée n'est peut-être pas celle de Jean-Luc Mélenchon. Le problème est qu'il ne la contredit pas.

Le problème est là : ne pas condamner les violences lorsqu'elles s'abattent sur des personnes de confession ou de traditions juives, minimiser leur souffrance et la discrimination que celles-ci subissent, c'est non seulement rendre légitime l'antisémitisme, le laisser vivre et grandir ; c'est également refuser de porter la lutte d'une minorité. Pour quelles raisons ?... 
Pour une figure de gauche, refuser un combat contre une haine, contre un racisme, est une sérieuse lacune.

 

Ce que nous appelons :

 

Nul n'est parfait, et tout le monde a le droit à l'erreur. Le devoir de se corriger surtout. La situation actuelle exige, de la part de la gauche, une rigueur sans précédent. Il est donc nécessaire d'apporter des figures neuves qui seront à même de rassembler les gauches ainsi que d'attirer un nouvel électorat. Nous voulons une gauche radicale à même de convaincre des plus modérés (et ce n'est pas contradictoire !...).

La gauche ne pourra gagner qu'en faisant corps, elle ne pourra faire face au RN trois ans durant qu’en demeurant soudée. Elle devra néanmoins être incessamment remuée de l'intérieur, en perpétuelle évolution. C'est ce qui la distingue de ce qu'elle combat. Il faudra donc de ses représentants un mouvement constant dans le sens de ses avancées. Il faudra que ceux-ci portent en eux ses nouvelles intégrités ainsi que les luttes sur lesquelles elle se sera ouverte.

Qui voudra la représenter ne pourra pas finasser sur ses acquis, ni ne pourra risquer de la morceler quand ces acquis seront plus menacés que jamais.

Nous manifestons donc notre désapprobation à voir Jean-Luc Mélenchon prendre fonction dans le Nouveau Front populaire. 

Nous nous opposons à ce qu'il vienne compromettre le travail qui a abouti au programme commun du Nouveau Front Populaire. 

Nous refusons qu'il y injecte ses clivages, ses positions et ses propos répréhensibles.


Bibliographie : 

Fabien Escalona, Nupes : aux racines du “problème” Mélenchon, Médiapart (18 octobre 2023)

Thomas Legrand, “Purge” de Jean-Luc Mélenchon : la petite mesquinerie face à la grande histoire, Libération (15 juin 2024)

Lénaïg Bredoux, Front populaire : la mobilisation des féministes entravée par le choix d’Adrien Quatennens, Médiapart (15 juin 2024)

Jean-Luc Mélenchon estime que “l’antisémitisme reste résiduel en France”, France Info (2 juin 2024).

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Benjamin LELOUCHLanceur de pétition

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