Pour que la classe défense soit une option et non une obligation au collège de Pouilly

Signataires récents:
Nadine PILLOT et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

La classe de défense en 4e au collège de Pouilly en Auxois a été imposée à tous les élèves de la classe de 4èA à la rentrée 2025 sans concertation, ni information, ni autorisation des parents pour un projet qui n’est pourtant pas anodin. L’année prochaine ou la suivante, ce sera peut-être votre enfant!

Les CDSG, c’est quoi ?
Les Classes Défense (CD) sont des conventions signées entre un établissement scolaire et une brigade militaire.
L’objectif affiché est de renforcer les «relations entre la défense et le système éducatif » par des interventions régulières de militaires au sein même des établissements scolaires (le programme complet est sur eclat). Concrètement, à Pouilly, c'est :

  • Une conférence au mois d'octobre sur le thème : "pourquoi une défense? Comment chacun peut s'engager?" dans laquelle (apparemment, car on a refusé de nous transmettre le contenu), le colonel aurait oublié d'expliquer que la défense à un rapport avec la guerre puisque ce sont les enfants qui ont fini par demander s'il avait tué des gens et s'il avait été blessé. La question de l'immigration de masse face au manque de ressources futurs auraient aussi été abordée pour justifier de la nécessité de défenses nationales fortes dans l'ensemble des pays du monde.
  • Une deuxième conférence le 10 novembre sur "le devoir de mémoire et les<cérémonies commémoratives". Quel a été le contenu? Mystère! Mais les enfants sont rentrés avec le livret « ma première cérémonie militaire » dont le financement provient d’industries marchandes d’armes et d'une association soutenue financièrement par des filières d’extrême droite (voir article du Canard enchaîné du 10/12/25)
  • Le 5 décembre, sortie scolaire en Alsace : alors qu'il avait été dit que " ce dispositif n'avait pas de contrepartie financière", le formulaire d'autorisation indiquait "grâce à des subventions extérieures, la journée revient à 5€". D'où proviennent ces subventions?

Et ensuite?

  • Visite de la gendarmerie de Pouilly : bon ok pourquoi pas mais ce n'est peut-être pas une priorité dans le parcours scolaire en 4è
  • Interventions sur les différents corps en uniforme en février en mettant en avant la place des femmes dans l'armée.
  • Et enfin, en avril, "activité décentralisée des CD du département" qui prend la forme d'un rallye proposant des ateliers « fouille d’une cellule pénitentiaire », ou encore des ateliers visant à « repousser des manifestants hostiles », initiation au tir, etc...

Source : Article France Bleu : À Dijon, l’armée organise des « rallyes défense et citoyenneté » à destination de certains collégiens

Interrogés sur ces dernières activités «pédagogiques », rectorat, enseignants et principal ne semblaient pas au fait de ces dérives. Manque de communication avec l’armée sur le contenu de leurs interventions ? Dissimulation volontaire de ces contenus par l’armée? 

Si certains semblent sincèrement choqués en découvrant ces actions, il n’y a pas eu, à ce jour, de changement de perspective sur l’avenir de la CD à Pouilly. Or, E. Macron a récemment annoncé son ambition de porter ces classes défense de 1 à 3 ans.

Au collège de Pouilly, en début d’année, des heures de trois professeurs ont été allouées à ce dispositif pour l’année 2025-26 alors même que:

  • Unanimement, les enseignants constatent une baisse significative du niveau de lecture des collégiens et qu’aucun projet n’est dédié à cette thématique (à part quelques heures en 6è) pourtant reconnu comme un problème de santé publique!
  • Le remplacement des profs absents ne peut pas être assuré dans les meilleures conditions

Présentées comme un dispositif de “citoyenneté”, les CD servent en réalité de porte d’entrée vers les métiers armés, parfois dès le CM2 (!) , et surtout en collèges et lycées. Ainsi, après seulement 3 mois en CD, une jeune fille en 2nd au lycée Charles De Gaulle à Dijon est rentrée un week-end en annonçant à ses parents qu'elle souhaitait être réserviste.

Au niveau national, le budget actuellement soumis à la discussion au parlement prévoit une augmentation substantielle du budget de la défense qui, pour la première fois, serait supérieur à celui de l’éducation nationale.

Il y a quelques semaines, le Chef d’État-major des armées, s’est adressé au congrès des maires de France pour leur demander,, « de préparer la population aux futurs conflits, devant une situation internationale qui se dégrade, pour que le pays soit prêt d’ici 3–4 ans et qu’il ait la force d’âme d’accepter le risque de perdre ses enfants, de souffrir économiquement ». Quelques jours plus tard, E. Macron se prononçait pour la mise en place d’un service militaire volontaire (- pour le moment -?), avec l'ambition de recruter 50 000 jeunes/an : les CD qui concernent déjà 30 000 enfants en 2025 ne seraient-elles pas l'outil idéal pour attendre cet objectif?

En Allemagne, 50 000 lycéens ont manifesté contre le rétablissement du service militaire.

Le 4 décembre dernier au Conseil supérieur de l’Éducation, le ministre de l’éducation déclarait : « les classes défense … font appel à une destinée commune …, le service national permet à des jeunes de se familiariser avec l’armée et de devenir réservistes. C’est une bonne chose ». Rappelons qu’il y a actuellement en France plus de 1064 classes défenses, dont 20 en Côte d’Or, qui ont pour but de nouer des partenariats entre des établissements scolaires et les forces de défense afin d'«acculturer les jeunes à la défense », comme le propose le guide publié par l’Éducation nationale en novembre 2025.

Des enseignant.es ont reçu il y a quelques jours cette proposition de formation de la part du rectorat de Paris : « l’EAFC propose aux enseignants de découvrir les enjeux contemporains de défense en rencontrant un des acteurs de l’économie de défense sur la scène mondiale : le groupe Thalès et sont invités à réfléchir au lien école-entreprise à travers la pédagogie de projet, à l’accompagnement de l’orientation des élèves et l’éducation à la défense". Rappelons que Thalès, dont le principal actionnaire est l’État français, a vendu, selon le site Disclose (média indépendant), des pièces d’armement destinées aux drones de combat de l’armée israélienne.

Ce n’est pas ainsi que l’on forme des citoyens responsables, éclairés et critiques, surtout en prévoyant de supprimer 4000 postes de plus dans le prochain budget.

Il est maintenant clair que ce dispositif n’est pas un simple outil banal mis à la disposition des profs pour palier au manque de moyens de l’Education nationale, il est aujourd’hui au service d’une stratégie bien plus large de «sensibilisation » des enfants à la défense nationale!

Le beau projet de séjour linguiste imaginé par nos professeurs sous le signe d'un poète "citoyen du monde, défenseur du dialogue entre les cultures et les langues" (extrait du coupon d'inscription) permettant aussi d'aborder la notion de devoir de mémoire, montre bien que nos professeur sont à même de dispenser ces contenus pédagogiques. Pourquoi faire appel à l'armée au risque de perdre de vue les belles valeurs initiales du projet derrière les notions de disciple, de hiérarchie et d'autorité inhérentes à l'institution militaire?

Les différentes organisations intersyndicales se mobilisent depuis quelques semaines pour affirmer leur refus de la « propagande guerrière à l’école et leur opposition totale à l’objectif avoué de se préparer à envoyer nos élèves se faire massacrer ! » (source : intersyndicale du collège Voltaire à Paris).

Nous soutenons donc que la classe défense :

  • n’est pas un projet anodin
  • qu'elle aurait dû faire l'objet d'une information auprès des parents

Nous exigeons qu’elle devienne une option dés la rentrée de janvier, en opposition au caractère obligatoire et coercitif qu'elle présente aujourd'hui, permettant ainsi aux élèves et à leurs parents de se positionner librement.

Nous appelons le collège de Pouilly en Auxois à prendre les mesures nécessaires pour rendre cette classe optionnelle. En signant cette pétition, vous soutenez le droit des élèves à un parcours éducatif éloigné de toute ambition politique.

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Barbara LIAGRELanceur de pétition

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Nadine PILLOT et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

La classe de défense en 4e au collège de Pouilly en Auxois a été imposée à tous les élèves de la classe de 4èA à la rentrée 2025 sans concertation, ni information, ni autorisation des parents pour un projet qui n’est pourtant pas anodin. L’année prochaine ou la suivante, ce sera peut-être votre enfant!

Les CDSG, c’est quoi ?
Les Classes Défense (CD) sont des conventions signées entre un établissement scolaire et une brigade militaire.
L’objectif affiché est de renforcer les «relations entre la défense et le système éducatif » par des interventions régulières de militaires au sein même des établissements scolaires (le programme complet est sur eclat). Concrètement, à Pouilly, c'est :

  • Une conférence au mois d'octobre sur le thème : "pourquoi une défense? Comment chacun peut s'engager?" dans laquelle (apparemment, car on a refusé de nous transmettre le contenu), le colonel aurait oublié d'expliquer que la défense à un rapport avec la guerre puisque ce sont les enfants qui ont fini par demander s'il avait tué des gens et s'il avait été blessé. La question de l'immigration de masse face au manque de ressources futurs auraient aussi été abordée pour justifier de la nécessité de défenses nationales fortes dans l'ensemble des pays du monde.
  • Une deuxième conférence le 10 novembre sur "le devoir de mémoire et les<cérémonies commémoratives". Quel a été le contenu? Mystère! Mais les enfants sont rentrés avec le livret « ma première cérémonie militaire » dont le financement provient d’industries marchandes d’armes et d'une association soutenue financièrement par des filières d’extrême droite (voir article du Canard enchaîné du 10/12/25)
  • Le 5 décembre, sortie scolaire en Alsace : alors qu'il avait été dit que " ce dispositif n'avait pas de contrepartie financière", le formulaire d'autorisation indiquait "grâce à des subventions extérieures, la journée revient à 5€". D'où proviennent ces subventions?

Et ensuite?

  • Visite de la gendarmerie de Pouilly : bon ok pourquoi pas mais ce n'est peut-être pas une priorité dans le parcours scolaire en 4è
  • Interventions sur les différents corps en uniforme en février en mettant en avant la place des femmes dans l'armée.
  • Et enfin, en avril, "activité décentralisée des CD du département" qui prend la forme d'un rallye proposant des ateliers « fouille d’une cellule pénitentiaire », ou encore des ateliers visant à « repousser des manifestants hostiles », initiation au tir, etc...

Source : Article France Bleu : À Dijon, l’armée organise des « rallyes défense et citoyenneté » à destination de certains collégiens

Interrogés sur ces dernières activités «pédagogiques », rectorat, enseignants et principal ne semblaient pas au fait de ces dérives. Manque de communication avec l’armée sur le contenu de leurs interventions ? Dissimulation volontaire de ces contenus par l’armée? 

Si certains semblent sincèrement choqués en découvrant ces actions, il n’y a pas eu, à ce jour, de changement de perspective sur l’avenir de la CD à Pouilly. Or, E. Macron a récemment annoncé son ambition de porter ces classes défense de 1 à 3 ans.

Au collège de Pouilly, en début d’année, des heures de trois professeurs ont été allouées à ce dispositif pour l’année 2025-26 alors même que:

  • Unanimement, les enseignants constatent une baisse significative du niveau de lecture des collégiens et qu’aucun projet n’est dédié à cette thématique (à part quelques heures en 6è) pourtant reconnu comme un problème de santé publique!
  • Le remplacement des profs absents ne peut pas être assuré dans les meilleures conditions

Présentées comme un dispositif de “citoyenneté”, les CD servent en réalité de porte d’entrée vers les métiers armés, parfois dès le CM2 (!) , et surtout en collèges et lycées. Ainsi, après seulement 3 mois en CD, une jeune fille en 2nd au lycée Charles De Gaulle à Dijon est rentrée un week-end en annonçant à ses parents qu'elle souhaitait être réserviste.

Au niveau national, le budget actuellement soumis à la discussion au parlement prévoit une augmentation substantielle du budget de la défense qui, pour la première fois, serait supérieur à celui de l’éducation nationale.

Il y a quelques semaines, le Chef d’État-major des armées, s’est adressé au congrès des maires de France pour leur demander,, « de préparer la population aux futurs conflits, devant une situation internationale qui se dégrade, pour que le pays soit prêt d’ici 3–4 ans et qu’il ait la force d’âme d’accepter le risque de perdre ses enfants, de souffrir économiquement ». Quelques jours plus tard, E. Macron se prononçait pour la mise en place d’un service militaire volontaire (- pour le moment -?), avec l'ambition de recruter 50 000 jeunes/an : les CD qui concernent déjà 30 000 enfants en 2025 ne seraient-elles pas l'outil idéal pour attendre cet objectif?

En Allemagne, 50 000 lycéens ont manifesté contre le rétablissement du service militaire.

Le 4 décembre dernier au Conseil supérieur de l’Éducation, le ministre de l’éducation déclarait : « les classes défense … font appel à une destinée commune …, le service national permet à des jeunes de se familiariser avec l’armée et de devenir réservistes. C’est une bonne chose ». Rappelons qu’il y a actuellement en France plus de 1064 classes défenses, dont 20 en Côte d’Or, qui ont pour but de nouer des partenariats entre des établissements scolaires et les forces de défense afin d'«acculturer les jeunes à la défense », comme le propose le guide publié par l’Éducation nationale en novembre 2025.

Des enseignant.es ont reçu il y a quelques jours cette proposition de formation de la part du rectorat de Paris : « l’EAFC propose aux enseignants de découvrir les enjeux contemporains de défense en rencontrant un des acteurs de l’économie de défense sur la scène mondiale : le groupe Thalès et sont invités à réfléchir au lien école-entreprise à travers la pédagogie de projet, à l’accompagnement de l’orientation des élèves et l’éducation à la défense". Rappelons que Thalès, dont le principal actionnaire est l’État français, a vendu, selon le site Disclose (média indépendant), des pièces d’armement destinées aux drones de combat de l’armée israélienne.

Ce n’est pas ainsi que l’on forme des citoyens responsables, éclairés et critiques, surtout en prévoyant de supprimer 4000 postes de plus dans le prochain budget.

Il est maintenant clair que ce dispositif n’est pas un simple outil banal mis à la disposition des profs pour palier au manque de moyens de l’Education nationale, il est aujourd’hui au service d’une stratégie bien plus large de «sensibilisation » des enfants à la défense nationale!

Le beau projet de séjour linguiste imaginé par nos professeurs sous le signe d'un poète "citoyen du monde, défenseur du dialogue entre les cultures et les langues" (extrait du coupon d'inscription) permettant aussi d'aborder la notion de devoir de mémoire, montre bien que nos professeur sont à même de dispenser ces contenus pédagogiques. Pourquoi faire appel à l'armée au risque de perdre de vue les belles valeurs initiales du projet derrière les notions de disciple, de hiérarchie et d'autorité inhérentes à l'institution militaire?

Les différentes organisations intersyndicales se mobilisent depuis quelques semaines pour affirmer leur refus de la « propagande guerrière à l’école et leur opposition totale à l’objectif avoué de se préparer à envoyer nos élèves se faire massacrer ! » (source : intersyndicale du collège Voltaire à Paris).

Nous soutenons donc que la classe défense :

  • n’est pas un projet anodin
  • qu'elle aurait dû faire l'objet d'une information auprès des parents

Nous exigeons qu’elle devienne une option dés la rentrée de janvier, en opposition au caractère obligatoire et coercitif qu'elle présente aujourd'hui, permettant ainsi aux élèves et à leurs parents de se positionner librement.

Nous appelons le collège de Pouilly en Auxois à prendre les mesures nécessaires pour rendre cette classe optionnelle. En signant cette pétition, vous soutenez le droit des élèves à un parcours éducatif éloigné de toute ambition politique.

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Barbara LIAGRELanceur de pétition

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