Neuigkeit zur PetitionPluvigner (Morbihan) : NON à la zone commerciale dans une prairie de 10 hectares !Messire U et le soulèvement des gueux
Collectif BODEVENOPluvigner, Frankreich
19.09.2025

Voici une vieille histoire, que des anciens Bretons racontent encore parfois. Elle se passa il y a très longtemps… en tout cas bien avant l’abolition des privilèges.

Dans une contrée profonde d’Armorique, à quelques lieues des vieilles landes de Lanvaux, vivait une grosse poignée de villageois. Soucieux du destin de leur pays, ils se savaient pourtant sous le joug du Sieur U, du fief de Saint-Guigner. Si bien qu’au lieu de faire profiter à la communauté de la giboyeuse prairie de Bodevéno, Messire U l’acheta pour quelques mille écus. Maintenant installé sur ses terres, le Sieur U décida d’y emménager toutes les échoppes de Saint-Guigner, pour en tirer taxes et péages. Son ami Gérard Vollet, grand échevin de là, n’y trouva rien à redire, si ce n’est que du bon. Celui-ci rêvait en son for, de surpasser en prestige toutes les viles cités voisines. « Bientôt Saint-Guigner logera dix mille âmes, se disait-il. Et on respectera enfin autant le bouseux de nos landes que ces gens de la côte. ».

Tout gentilhomme qu’il fût, Sieur U laissa un lopin aux gueux du coin, non loin de la grand-route. Ceux-ci se mirent bientôt en tâche d’y construire, à grands frais, l’entrée d’honneur du parc. C’est alors que quelques manants considérèrent ensemble que tout cela étoy bien estrange. Presque tous nouveaux venus aux pays pour grossir la communauté de Saint-Guigner, selon le vœu de l’échevin Vollet, ils avaient chacun connu d’autres modes en d’autres lieux. C’est pourquoi certains osèrent imaginer que, là comme ailleurs, on puisse conduire les affaires au profit de plusieurs, plutôt que d’un seul, quoique seigneur en sa comté. La bande de félons entreprit de s’en remettre à la justice des estats de Bretagne, et au représentant du prince en son pays.

Fâché que des sans-dent s’enquièrent à ce point des affaires d’un des siens, au fallacieux prétexte de l’intérêt public, Vollet se dit qu’il faudroit laisser croire que des gens d’arme de la maréchaussée prendraient céans leurs quartiers. Le malicieux savoit que la foule indolente des ouailles de Saint-Guigner n’y verrait que mirage, au mépris des alouettes.

Par la suite, l’intendant des Vénètes tendit d’abord l’oreille au bien nommé notable Sieur U de Bodevéno. Quant à l’autre version, le bougre ne s’en laissa point vraiment conter. La justice des Bretagnes suivit le mouvement, plutôt que l’air du temps. Les magistrats de Nantes contentèrent le Sieur U et son compère Vollet. D’une telle sentence, les deux briscards pouvoient se réjouir, alors qu’assurément, comme disent ici les gens : « ils n’avoient point l’cul prop ! ».

Le seul espoir estoit d’en faire appel au conseil des estats, dans la capitale du pays des droits universels, les mêmes pour les puissants que pour les misérables. Les voilà donc partis, leur dossier sous le bras. Dans le vieux palais des rois Louis, à l’endroit même où, jadis, l’un d’eux rendait justice sous son célèbre chêne, le procureur entendit la complainte. À l’audience, celui-ci s’étonna fort des libertés prises par certains sujets en province, telles que, loin du pouvoir, la raison du plus fort sembloit toujours être la meilleure.

Les sages de Paris réfléchirent longuement, se posant ce dilemme : Faut-il laisser gagner le fait du petit prince, qui ressemble en tous points au mal fait accompli ? Ou plutôt s’en tenir à ce qui est écrit dans l’empilement des textes qui nous servent de droit ?

La balance pencha du côté du bon peuple. Et l’on raconte encore, par les landes de Lanvaux, que les gueux revinrent fiers d’avoir tant défendu leur prairie, leurs échoppes, et le bien du commun.

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