L'enseignement de l'arabe dès le CP. Pour nous, c'est non !

Le problème

Najat Vallaud-Belkacem le 31 Mai 2016 sur RMC a dit : "L'enseignement de l'arabe se fera dès le CP." Alors que des millers d'écoliers arrivent au collège en ne maîtrisant même pas correctement la langue française, Belkacem a annoncé vouloir permettre l'enseignement de l'arabe en tant que langue vivante dès le CP ! Jusqu'où iront-ils pour attirer à eux l'électorat musulman au détriment de l'éducation de nos enfants ? Cette décision est inacceptable et conduira dans les faits à accroître le communautarisme. Avec nous, dites non à l'enseignement de l'arabe dès l'école primaire ! #StopBelkacem
Cette pétition avait 3 984 signataires

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Najat Vallaud-Belkacem le 31 Mai 2016 sur RMC a dit : "L'enseignement de l'arabe se fera dès le CP." Alors que des millers d'écoliers arrivent au collège en ne maîtrisant même pas correctement la langue française, Belkacem a annoncé vouloir permettre l'enseignement de l'arabe en tant que langue vivante dès le CP ! Jusqu'où iront-ils pour attirer à eux l'électorat musulman au détriment de l'éducation de nos enfants ? Cette décision est inacceptable et conduira dans les faits à accroître le communautarisme. Avec nous, dites non à l'enseignement de l'arabe dès l'école primaire ! #StopBelkacem

Pétition fermée

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Les décisionnaires

Najat Vallaud-Belkacem
Ancienne ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
Répondu
Mesdames, Messieurs, Vous avez joint votre signature à une pétition contre l’apprentissage d’une langue vivante dès le CP en estimant que cet apprentissage est dommageable à l’apprentissage du français. Je prends donc la plume pour mettre fin à certaines rumeurs et clarifier l’intérêt pour les élèves de ces choix. L'apprentissage précoce d'une langue vivante dans la scolarité permet aux enfants d’obtenir un meilleur niveau à terme dans cette langue, mais aussi de mieux maîtriser le français et même, d’obtenir de meilleurs résultats dans d’autres domaines. Dans ce domaine, comme dans bien d’autres, il est toujours délicat de raisonner sur le mode de l’exclusion systématique : ce n’est pas l’un ou l’autre, mais l’un et l’autre. La complémentarité est une force. Ça n’est d’ailleurs pas un hasard si la grande majorité des pays européens a fait ce choix, en débutant souvent à 6, 7 ou 8 ans la première langue vivante. En France, cette idée n’est pas nouvelle. En 1989, la première langue vivante fait son apparition dans nos écoles primaires en CM1 et CM2. Puis, au fil des années, les choses se sont ancrées : en 1995, François Bayrou crée « l’initiation aux langues vivantes » avec une première sensibilisation dès le CE1 ; en 2006, la pratique d’une langue vivante entre dans le socle commun des connaissances et compétences des cycles 2 et 3. Je poursuis donc cette dynamique en avançant la première langue vivante dès le CP et la deuxième langue vivante dès la 5e, une mesure que j’ai annoncée dès le mois de mars 2015. Quant à la maîtrise du français par les élèves, elle constitue évidemment, et, pour tout, dire, naturellement, la préoccupation centrale de la ministre de l’Éducation Nationale que je suis. De cette maîtrise dépend l’ensemble des apprentissages futurs, et j’entends et je partage vos inquiétudes sur ce sujet. C’est justement pour cette raison que dès mon arrivée au ministère de l’Éducation nationale, je me suis attelée à renforcer cet apprentissage. Le nouveau programme de français de l’école élémentaire, qui entrera en vigueur à la rentrée 2016, bénéficie à ce titre d’horaires renforcés en Français : en plus des 10 heures hebdomadaires consacrées au français du CP au CE2, 10 heures supplémentaires, prenant appui sur l’ensemble des champs disciplinaires, sont consacrées à des activités quotidiennes d’oral, de lecture et d’écriture. Dans les nouveaux programmes de français des cycles 2 et 3, la priorité à la maîtrise du langage se traduira par exemple par un entraînement quotidien à des travaux d’écriture et de dictée et la lecture à haute voix à l'école élémentaire. Ce sont des évolutions fondamentales que j’ai souhaitées. Enfin, vous m’interpellez sur l’enseignement de l’arabe. Propos tronqués ou volontairement mal interprétés, je veux ici mettre les choses au clair. L’enseignement de l’arabe existe en France depuis des années, il prend plusieurs formes. Quelques rares écoles le proposent sous la forme d’un enseignement de langue vivante au même titre que l’anglais, l’allemand ou l’espagnol. J’ai souhaité que l’offre de langues vivantes proposée aux élèves et à leurs parents à l’école élémentaire soit diversifiée : aujourd’hui, 91% des élèves apprennent l’anglais. A la rentrée, 1000 écoles supplémentaires proposeront de l’allemand, 80 de l’espagnol, 30 de l’italien, 20 du chinois, 15 de l’arabe, 10 du russe, 5 du portugais… La diversité des langues vivantes enseignées en France est une des forces de notre système scolaire. Par ailleurs, près de 50.000 élèves apprennent l’arabe à travers les ELCO, les enseignements de langue et de culture d’origine. Ces ELCO ont vu le jour dans les années 1970, lorsque la France accueillait de nombreux travailleurs migrants (arabe, turc, serbe, croate, italien, espagnol, portugais…). Cet enseignement, complémentaire aux 24 heures hebdomadaires de cours, est assuré par des personnels des pays partenaires dans le cadre de conventions bilatérales. Aucun de mes prédécesseurs ne s’était attelé à ce dossier alors même que tout le monde reconnaît qu’il fallait les faire évoluer. L’objectif est de créer des enseignements internationaux de langues étrangères et de passer d'un enseignement de « langues d'origine » à un enseignement de « langues étrangères ». Désormais, les personnels qui assureront ces enseignements seront forcément enseignants, maîtriseront systématiquement le français ; ils seront intégrés à l’équipe pédagogique, inspectés et mettront en œuvre des programmes de langues étrangères validés par le ministère français. C’est une véritable transformation que j’ai engagée car je préfère un cadre républicain pour l'apprentissage de l'arabe que le maintien d'un statu quo lié à des accords de 1970 dont tout le monde réclamait l'évolution. Vous le voyez, loin des caricatures dont ces débats font l’objet, nous renforçons l’apprentissage du français et des langues vivantes et nous donnons un cadre républicain à l’enseignement de langues étrangères. Il n’y a donc pas, contrairement à ce que vos propos laissent entendre, un remplacement de l’enseignement du français par l’enseignement de l’arabe. Il n’y a pas, non plus, d’obligation concernant l’apprentissage de l’arabe. Il y a par contre une réelle volonté politique d’apporter une réponse profondément républicaine aux questions soulevées par cet enseignement, et de rompre avec une passivité coupable qui n’a que trop duré. Vous trouverez plus d’informations sur le site du ministère à la rentrée 2016 : http://www.education.gouv.fr/cid102888/-infographies-l-apprentissage-des-langues-vivantes-a-la-rentree-2016.html Bien cordialement, Najat Vallaud-Belkacem Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Mises à jour sur la pétition