J+1 SANS DOMICILE FIXE


Cette photo, ce sont simplement des serviettes qui sèchent sur une installation improvisée.
Rien de dramatique en apparence.
Et pourtant, elle raconte parfaitement ce que notre vie est devenue.
Depuis hier, nous n'avons plus de domicile fixe. Nous dépendons désormais de la bienveillance de ceux qui acceptent de nous ouvrir leur porte et de nous héberger provisoirement.
Nous allons au plus pressé. Dormir quelque part. Travailler. Laver notre linge. Nous organiser. Continuer à vivre normalement dans une situation qui, elle, ne l'est pas.
Car nous sommes propriétaires. Nous avons une maison.
Mais nous ne pouvons pas y vivre.
Pendant ce temps, son occupant, qui ne paie plus son loyer, reste dans nos murs. Sa dette continue d'augmenter et il bénéficie d'une procédure de surendettement portant sur plus de 100 000 € de dettes, dont une partie pourrait être effacée.
Et nous ?
Voilà le paradoxe que nous dénonçons depuis des mois :
Lui a un toit : le nôtre.
Nous avons une maison : mais nous n'avons plus de toit.
Il ne s'agit pas de remettre en cause la nécessité de protéger les personnes fragiles.
Il s'agit de poser une question beaucoup plus simple :
À partir de quel moment protéger une personne ne doit-il plus signifier en précariser une autre ?
Nous avons respecté les procédures. Nous avons attendu. Écrit. Alerté. Demandé de l'aide.
Aujourd'hui, le résultat est là.
Nous sommes sans domicile fixe alors que nous sommes propriétaires de notre maison.
Vous êtes déjà 898 a avoir décidé que cette situation méritait d'être entendue.
Continuez à signer. Continuez à partager. Continuez à en parler.
Parce que maintenant, notre combat ne consiste plus seulement à récupérer notre maison.
Il consiste à faire en sorte que demain, une autre famille n'ait pas à vivre ce paradoxe.
Merci a tous