Petition updateStop au bétonnage à Romainville, pour un projet urbain de qualité3è réponse au courrier des associations aux candidats - Daniel Guiraud (PS)
urba ROMAINVILLEFrance
Jun 7, 2017
A l'attention du collectif d'associations Les Lilas, le 30 mai 2017 Mesdames, Messieurs, J'ai bien reçu votre lettre ouverte en date du 22 mai dernier. Il me tenait à coeur de vous apporter plusieurs éléments de réponse tant les sujets que vous abordez sont essentiels et répondent à des préoccupations de plus en plus importantes au coeur de mon action d'élu. En tant que Maire des Lilas et vice-président de la Métropole du Grand Paris en charge de l'environnement, je promeus depuis toujours une vision apaisée, durable et humaine de l'urbanisme. Je suis d'abord soucieux de permettre à la ville de disposer des espaces verts indispensables pour la rendre agréable et durable. Aux Lilas, dès mon élection en 2001, j'ai lancé, après un dialogue nourri et fructueux avec la population et le tissu associatif, l'aménagement du parc Lucie Aubrac: nous avons souhaité en faire à la fois un « poumon vert» au coeur notre centre-ville mais aussi un lieu de rencontre et d'échanges entre tous les Lilasiens, quels que soient leur âge, leur quartier... Le nouveau PLU dont la ville des Lilas se dote, après une longue phase de concertation avec les habitants, devrait permettre d'étendre encore la superficie du parc Lucie Aubrac accessible au public. Par ailleurs, le parc des Bruyères sera totalement réaménagé dans les semaines à venir car il me semble indispensable que les espaces verts soient présents sur l'ensemble du territoire. Cette démarche, je la sais partagée par l'ensemble des villes de la circonscription. A terme, l'aménagement de l'Ile de Loisirs de la Corniche des Forts sera un véritable atout pour les loisirs des habitants. Cet espace est déjà le poumon vert du territoire, riche d'une biodiversité exceptionnelle. Je suis également très attaché à la végétalisation des villes. Les nouvelles orientations du PLU lilasien imposent d'ailleurs de laisser 30 % des espaces libres en pleine terre et 20 % de végétalisation avec au moins 60 cm de terre. Depuis 2001, nous avons veillé à multiplier la création de jardins partagés, qu'il s'agisse du potager du parc Lucie Aubrac ou des nombreux potagers pédagogiques créés dans les établissements scolaires. Nous avons l'intention d'aller plus loin encore et agissons activement, en appui de citoyens porteurs de ce projet, pour installer un potager partagé sur le toit du gymnase Liberté, en centre-ville: je crois aux vertus de l'agriculture urbaine pour favoriser une alimentation reposant autant que possible sur des produits de proximité, de qualité et respectueux de l'environnement. D'autres initiatives telles que la Tour maraichère ou encore les dispositifs Jardin'Emoi à Romainville ou les Friches ouvertes au Pré Saint-Gervais s'inscrivent dans cette dynamique. De même, j'ai toujours oeuvré pour préserver et renforcer la mixité sociale qui caractérise le territoire de la Seine-Saint-Denis, et notamment de la circonscription. La mixité sociale suppose, pour certaines villes, de renforcer le nombre de logements locatifs sociaux et notamment le nombre de logements locatifs dits « très sociaux» (de type PLAI). Pour d'autres communes, dans lesquelles les logements sociaux représentent près de 50 % du parc total, il faudra appuyer une diversification de l'offre à travers le développement de l'accession et de l'accession sociale à la propriété. Je suis donc convaincu que la réponse doit être adaptée aux spécificités de chaque ville. Enfin, il est nécessaire, et c'est le projet que je porte, d'assurer un rééquilibrage du parc de logements et de garantir la mixité sociale à l'échelle de la Métropole pour ne pas fragiliser nos territoires. Vous soulignez la construction « massive» dans certaines communes de la circonscription et alentours. Il faut toutefois prendre en compte le fait que l'offre de logement et la densité n'est pas la même sur l'ensemble des villes. En effet, si le PréSaint-Gervais (25 000 hab/km2) et Les Lilas (18 000 hab / km2) sont des communes denses alors que les villes de Romainville, Noisy le Sec et Bondy (de 7 000 à 9000 hab / km2) vont prochainement bénéficier de transports en commun structurants et disposent de surfaces foncières disponibles pour réaliser des logements mais aussi des équipements et locaux commerciaux ou d'activités attendus par les populations. Je souhaite également favoriser une politique des déplacements orientée vers la priorité donnée aux transports en commun et aux modes « doux» (vélos, marche). Aux Lilas, j'ai par exemple expérimenté d'abord, avant de généraliser progressivement, le double sens cyclable. Je me suis battu, en tant que Président de l'Association pour le prolongement de la ligne 11, pour obtenir de l'Etat les financements nécessaires au démarrage de ce chantier, indispensable au désenclavement du quartier des Sentes, et désormais effectif: je continue d'oeuvre désormais, en partenariat avec la RATP, pour réduire l'impact des travaux et assurer une bonne information des usagers et des riverains. Je soutiens avec fermeté les projets essentiels au territoire tels que le prolongement du T1 qui doit désormais s'engager dans les meilleurs délais, malgré les réticences du Maire de Noisy-le-Sec, ou encore du TZEN 3 le long de l'ex-RN3. J'ai souhaité qu'aux Lilas, à l'instar de Paris, des «journées sans voitures» permettent aux piétons de se réapproprier la ville: les deux premières éditions ont été de très belles réussites et nous envisageons d'instituer trois rendez-vous annuels de ce type. Je soutiens ainsi les villes de la circonscription (Romainville par exemple) qui peuvent désormais s'inscrire dans le développement de l'offre Vélib afin de prolonger vers l'est du département ce service. Je porte avec force d'autres projets allant dans la même direction, notamment la création d'un téléphérique permettant de relier le pôle de la Folie, au quartier de l'Avenir en désenclavant certains secteurs de Noisy et de Romainville, ou encore l'extension des « zones 30» ou des « zones partagées» pour favoriser une cohabitation harmonieuse entre automobilistes et utilisateurs des modes de circulation «douce» (piétons, cyclistes ... ). Je suis favorable à la réduction de la place de la voiture en ville: à ce titre, en tant qu'élu départemental, j'ai agi pour que la requalification de la rue de Paris se traduise par un élargissement des trottoirs plutôt que la création de voies de circulation automobile supplémentaires. Ce combat me semble essentiel au regard des conséquences sanitaires dramatiques de la pollution, notamment imputable à l'automobile. J'ai signé une tribune en ce sens le 17 janvier de cette année dans le journal Le Monde. Il n'est plus acceptable de connaitre des épisodes de pollution atmosphérique mortels, et de plus en plus rapprochés, comme c'est le cas depuis plusieurs années. Je suis également soucieux de préserver la biodiversité au sein de nos villes. A titre d'exemple, lorsque le Fort de Romainville, situé aux Lilas, a été reconnu d'intérêt métropolitain et qu'a été lancée la réflexion quant à son aménagement futur, la ville des Lilas a exigé que dans le « cahier des charges» figure la préservation de la remarquable diversité de la faune et de la flore qui s'est développée dans cet espace largement inoccupé depuis de nombreuses années. Ce projet s'inscrira dans une continuité avec l'île de loisir de la Corniche des Forts et l'éco quartier Youri Gagarine. Nous devons continuer à préserver cette « trame verte» depuis Les Lilas jusqu'à Noisy-le-Sec, tout en renforçant la « trame verte et bleue» vers le Canal de l'Ourcq, en intégrant comme prévu des espaces végétalisés. Enfin, je suis convaincu que nos villes doivent être exemplaires en matière de transition énergétique. Nous avons déjà fait beaucoup en ce sens. Mais pour ne prendre qu'un projet parmi ceux que nous envisageons à l'avenir en la matière, je souhaite que la ville des Lilas mette à disposition de l'association « Electrons solaires 93 », le plus rapidement possible, dans le cadre d'un partenariat qui a commencé de se dessiner, une ou plusieurs toitures de bâtiments publics afin que puisse débuter la pose de panneaux solaires permettant de produire de l'électricité « propre». Nous devons aussi soutenir les OPAH, renouveler le parc de logements locatifs sociaux construits dans les années 60-70, etc. La construction de nouveaux programmes immobiliers sur les villes de la circonscription répond à des exigences fortes en matière de qualité architecturale, de confort thermique et d'usage pour limiter l'impact sur l'environnement mais aussi diminuer de manière conséquente les charges des locataires ou des propriétaires. Dans les cahiers des charges, ou comme dans la « charte promoteur» de la ville de Romainville, ces exigences sont portées avec fermeté. Si je suis élu député, je continuerai d'oeuvrer dans ces directions aux Lilas toujours, mais plus largement à l'échelle de notre circonscription et de la Seine Saint-Denis. A ce titre, je serai attaché à promouvoir des politiques permettant de répondre aux enjeux locaux. A titre d'exemple, je porte le projet que les « autoroutes urbaines» qui maillent notre territoire (boulevard périphérique, autoroute A 3, RN 3) soient repensées pour que la circulation y soit apaisée et favorise des circulations douces dans un cadre plus arboré. De même, je souhaite accentuer l'effort pour développer les circulations douces, notamment le fret sur le canal de l'Ourcq. En matière d'urbanisme, les évolutions apportées par les lois ENE (ou Grenelle Il) et ALUR ont été positives, notamment en matière de lutte contre l'artificialisation des sols et l'étalement urbain. Il faudra continuer à accompagner les avancées législatives pendant cette nouvelle mandature. Au regard de l'accord de Paris qui engage à maitriser le réchauffement climatique, grâce à la mobilisation des collectivités locales, mais aussi de tous, plusieurs chantiers me semblent prioritaires (peut-être même davantage encore depuis que le Président des Etats-Unis a fait sortir son pays de l'Accord de Paris) : - augmenter le soutien financier de l'Etat aux collectivités en matière de déplacements et de constructions durables, permettant de lutter contre la pollution atmosphérique et le réchauffement climatique; - introduire des objectifs de végétalisation (notamment en façade et en terrasse) dans tous les projets d'aménagements permettant localement les îlots de chaleur urbains tant par l'ombre des arbres que par l'évapotranspiration de la végétation qui permet de rafraîchir le sol; - favoriser la co-construction en renforçant les obligations de concertation dans le cadre des projets d'aménagement et offrir un cadre légal facilitant les projets d'habitat partagé; - renforcer les dispositifs existants de soutien aux commerces de centre-ville: là encore, la Métropole du Grand Paris peut jouer un rôle en inventant un dispositif permettant d'aider les communes à assurer le dynamisme et la variété des commerces dans leurs centres villes. En matière de réduction des disparités territoriales, je partage votre souci de rééquilibrage dans la qualité de ville entre l'est et l'ouest parisien: je suis convaincu qu'à terme, la Métropole du Grand Paris devra se saisir de cette question plus fortement encore et proposer des solutions. Comme député, dès lors que nous aurons à examiner la loi sur le Schéma d'aménagement de la région lIe-de-France, je porterai ces problématiques. J'espère que ces éléments seront de nature à répondre aux interrogations que formule votre lettre ouverte. J'ai bien conscience que sur un sujet aussi vaste, il est difficile de prétendre à l'exhaustivité. C'est pourquoi je reste à votre disposition pour toute demande de précisions ou d'informations complémentaires. Je vous prie de croire, Mesdames, Messieurs, à l'expression de mes sentiments respectueux. Daniel GUIRAUD Candidat aux élections législatives gème circonscription de Seine-Saint-Denis
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