Petition updateStop au bétonnage à Romainville, pour un projet urbain de qualité1ère réponse des candidats aux législatives sur le développement urbain

urba ROMAINVILLEFrance
Jun 5, 2017
Bonjour,
Nous avons reçu plusieurs réponses des candidats aux élections législatives que nous avons interpellés via un courrier inter associations sur le développement urbain de notre territoire. Nous les publions une par une, dans l'ordre de leur arrivée et dans leur intégralité, à raison d'une par jour selon le rythme autorisé des mises à jour sur change.org. Elles seront aussi relayées sur les réseaux des associations qui, nous le rappelons, ne sont pas partisanes mais citoyennes.
La première réponse est celle de Sofia Dauvergne (PC)
Sofia DAUVERGNE
Candidate à l’élection législative 9ème circonscription
Olivier SARRABEYROUSE
Candidat remplaçant
Mesdames, Messieurs,
Tout d’abord permettez-nous de vous remercier d’être des citoyens impliqués dans la vie de leur cité. Pour nous, les associations contribuent à la vitalité de la démocratie au quotidien, il importe de prendre en considération la place qu’elles occupent dans l’action publique et notamment en matière d’amélioration du cadre de vie et de l’environnement.
Aussi, chacune des villes, forte de leur identité, le plus souvent vieilles de plusieurs siècles, possèdent un potentiel considérable. Elles vivent aujourd’hui et subissent parfois, du fait de leur position dans l’aire urbaine francilienne, une même dynamique de mutations, avec ses bénéfices, ses problèmes et ses défis.
Romainville, Noisy le Sec, Bondy, les Lilas, Le Pré saint Gervais sont les villes concernées par la 9ème circonscription, elles traitent la question de l’aménagement de leur territoire de façon diverse, alors même qu’elles ont décidé de se fédérer depuis 2010 autour d’un projet de territoire « Est Ensemble ».
L’urbanisme à visage Humain
Une ville se compose de son centre, de quartiers, de secteurs, d’îlots, chacun spécifique, mais devant constituer un tout cohérent. Si cette constatation semble évidente, il s’avère plus ardu d’énoncer les éléments permettant à un quartier d’acquérir une vie propre, des animations et surtout des relations avec son environnement. La richesse du vivant réside dans sa faculté à multiplier les échanges avec l’entourage. Lorsque l’aménageur intervient dans une ville, il rompt une partie de ces liens, bouleversant l’équilibre de la vie de ce lieu.
Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’en rasant un quartier ou une partie de celui-ci, ou des immeubles d’habitation, la vie sur place disparaît en partie et l’environnement se trouve gravement affecté. Pour redonner vie à un quartier la seule alternative est-elle, comme cela se pratique dans nos villes, la destruction de logements, en partie d’un quartier ? Des opérations accompagnées le plus souvent d’une sur-densification, de la disparition d’espaces et d’un manque criant de services publics.
Cette problématique est prégnante notamment à Romainville qui depuis maintenant une dizaine d’années entend le même leitmotiv de la part de sa majorité municipale : « nous mettons en œuvre un urbanisme à visage humain ». Pour l’essentiel cette formule réside le plus souvent dans l’annonce de l’abandon de l’aménagement sous format de grands ensembles des années 1960-1970.
Encore faudrait-il revenir sur le contexte d’alors ? Rarement dans les discours et jamais dans la concrétisation, « l’aspect humain » ne transparaît dans la démarche d’urbanisation. Le critère unique de choix reste le bilan économique à court terme. En un mot on s’occupe beaucoup des façades et du bâti, sans prendre suffisamment en compte que derrière il y a un environnement, des hommes, des femmes, des jeunes, des êtres humains.
Cette façon restrictive d’aborder l’urbanisme ne tient non seulement pas compte des conséquences humaines parfois dramatiques sur le bâti, mais néglige également d’en faire l’évaluation financière à long terme. S’il n’est pas évident de comptabiliser les gains d’une véritable approche humaine dans la pratique de l’urbanisme, il est en revanche aisé de constater les pertes provoquées par une intervention massive et aveugle.
Il est une autre problématique : l’aménagement de nos villes nous est présenté sous l’angle de la mixité sociale. Le plus souvent cette référence sert plutôt à justifier la récupération du foncier au profit des classes moyennes, comme c’est le également à Romainville.
La mixité sociale, ou plutôt l’équilibre social
Le discours sur la mixité ne répond pas au problème dont il tire pourtant sa légitimité, à savoir les concentrations de pauvreté qui s’enclosent toujours davantage par l’impossibilité des habitants d’accéder aux logements privés. En un mot il peut y avoir mixité dans l’habitat sans qu’il y ait mixité sociale.
La mixité sociale, ou plutôt l’équilibre social, au vrai sens du terme devrait s’appuyer sur trois leviers. Le logement, la solidarité et l’emploi. En matière d’habitat les constructions devraient être variées à la fois dans leur prix et dans leur style. En matière scolaire afin de se préserver de l’évitement en donnant davantage de moyens pour l’école et de favoriser la sortie du quartier par l’emploi.
Ainsi on pourrait résumer les problématiques de l’urbanisme de la manière suivante : il existe en matière d’urbanisme deux conceptions : « un urbanisme de l’immobilier » et un « urbanisme maîtrisé par les élus » qui se doivent de rendre compte à la population qui leur a confié un mandat. Pour notre part c’est ce second choix que nous privilégions.
Face aux logiques spéculatives, Réinventons l’action publique
Malheureusement c’est cet « urbanisme de l’immobilier » qui domine aujourd’hui. Et si ce sont les logiques spéculatives qui l’emportent c’est l’esprit même de nos villes qui mourront à petit feu et finira par disparaître. Si la politique, au sens noble du terme, l’emporte sur le marché nous pourrons préserver des villes populaires, fidèles à leur histoire.
Romainville, Noisy le Sec par exemple ne perd pas la mémoire, on la vend ! Pour l’heure ce sont les promoteurs immobiliers qui font et défont nos villes.
À peine une petite entreprise a-t-elle disparu, à peine une dent creuse apparaît, qu’elles font aussitôt place à une opération immobilière. À Romainville, le Plan Local d’Urbanisme est modifié au gré des demandes des promoteurs. Dans cette ville nous en sommes à la douzième modification depuis l’adoption du PLU en 2009. Des lieux chargés d’histoire, de convivialité, d’échanges et de relations irremplaçables disparaissent sous la pression des promoteurs. Pour notre part, nous sommes partisans de projets de ville maitrisés par les élu-e-s, qui s’inscrivent dans la fidélité à leur histoire, à la préservation de leur patrimoine et des lieux qui sont autant de repères familiers aux habitants.
A Noisy-le-sec, le parti communiste et le Front de gauche condamnent sans équivoque cette dérive mercantile, contraire aux intérêts des la population et à son bien-être environnemental. A ce titre, leurs élus et leurs militants se sont engagés dans une campagne d’information et de condamnation de cette politique d’aménagement qu’ils ont intitulée « Main basse sur la ville ». Au mois de novembre 2016, Olivier Sarrabeyrouse, mon candidat remplaçant, a adressé une lettre ouverte au Maire de sa commune et a organisé des débats sur la question (cf jointe). Les communistes œuvrent également aux côtés des associations et au sein des conseils de quartier pour que la population soit davantage partie prenante de la politique d’urbanisme et d’aménagement. Ils sont actifs contre la disparition du Square Truffaut au profit d’un promoteur. Ils étaient acteurs de la résistance à la coupe des arbres de la cité Pierre Feuillère. Nos élus noiséens interpellent régulièrement la majorité municipale de droite lors des conseils municipaux sur les questions, d’urbanisme, d’aménagement et de détérioration de notre environnement.
La politique de sur densification, la suppression des parcs et espaces verts (l’Organisation Mondiale de la Santé préconise la création de petits square à moins de 300 m de chaque habitation pour des moments de soupirs), le manque de services publics (écoles, crèches, CMS, postes…), l’implication citoyenne… sont autant de paramètres à aborder dans leur globalité et avec cohésion.
Alors est-il possible de s’opposer à cette spéculation sans entrave ? Oui, il suffit d’en avoir la volonté politique. Les Maires ne disposent-ils pas du droit de préemption ?
Ne peut-on imposer aux promoteurs des règles qui ne le permettent pas de faire la pluie et le beau temps ?
Ne peut-on pas leur imposer de participer au financement d’équipements publics dans le cadre d’opérations qui leur sont confiées ?
À voir le paysage de nos villes envahies par les grues, on pourrait se féliciter de voir autant d’opérations de logements sortir de terre, sauf que le parcours résidentiel dont on se réclame souvent n’est pas mis en œuvre dans sa totalité.
Combien sont-ils les jeunes à devoir décider de quitter leur ville faute de trouver un logement correspondant à leurs moyens ?
Il faut à notre sens, arrêter cette fuite en avant consistant à détruire des logements comme c’est le cas dans plusieurs quartiers de Romainville, de Noisy le Sec.
Il convient de créer des quartiers vivants, d’aménager les espaces, de redonner sa place à la nature dans notre cadre urbain, de redynamiser la vie commerciale, de créer des équipements publics. Il faut pour cela, autre chose qu’un simulacre de concertation. Il s’agit au contraire d’élever la capacité de pouvoir décisionnaire des habitants. Les citoyens doivent maîtriser le cours de leur vie. Par ailleurs le Grand Paris, sera-t-il une voie express pour la spéculation immobilière ?
De vastes projets urbains se préparent autour des gares du Grand Paris Express. Un chantier colossal qui pourrait ne pas profiter à tous. Si certaines collectivités encadrent le marché, d’autres le laissent faire. Au risque d’une explosion des prix qui repoussera plus loin les familles modestes. On peut également évoquer le projet, loin d’être enterré, concernant « l’Opération d’Intérêt National » dans le Parc Georges Valbon à La Courneuve. Ce projet du gouvernement de 24.000 logements viendrait bouleverser tout le territoire et priverait aussi les habitants de leur poumon vert. C’est un projet démesuré et non concerté avec le risque de voir ce formidable espace livré aux spéculateurs.
Dans les années 60, l’Etat, la ville de Paris ont imposé et implanté les 4.000 logements à La Courneuve. Va-t-on récidiver aujourd’hui avec ce projet ? 24.000 logements, 90.000 habitants, un « Central Park » à la Française… ! C’est inacceptable, nous nous y opposerons de toutes nos forces.
Les collectivités ont des armes pour agir, et peuvent aussi s’appuyer sur l’établissement foncier d’Île-de-France pour réserver certains terrains et créer des logements abordables aux abords des gares. Mais certaines d’entre elles choisissent délibérément de laisser faire le marché.
Elles sont soutenues par Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, qui a décidé d’arrêter de subventionner le logement social dans les villes qui en comptent déjà plus de 30 %, ce qui est le cas dans les villes de première couronne qui vont recevoir le Grand Paris Express. « Elle nous dit sans cesse qu’elle veut faire un “Grand Paris de l’innovation”.
Mais l’innovation, ce serait une métropole qui renforce les inégalités sociales et territoriales créées par le marché.
L’innovation, ce serait une métropole qui supprime des parcs, des squares, des espaces verts et qui sacrifie son environnement pour satisfaire l’appétit des promoteurs et de la spéculation immobilière.
En Seine-Saint-Denis, nous avons obtenu des gares pour désenclaver de nombreux quartiers, comme à Clichy-Montfermeil, Aulnay ou Sevran-Beaudottes. Il ne faudrait pas que ce projet repousse encore plus loin les populations les plus modestes ».
L’île des loisirs de la « la corniche des forts »
Nous sommes bien obligés de constater que sa réalisation décidée en 1993 est aujourd’hui en panne. Même si on s’emploie à longueurs de colonnes à nous faire croire le contraire. Sans parler des promesses de démarrage de travaux et d’ouverture d’équipement non tenues.
Cet équipement est-il encore nécessaire aujourd’hui ? Nous répondons oui à cette question. Il convient donc de réfléchir sur le sens à donner à cet équipement.
Nous proposons de lui donner un véritable contenu en recherchant un équilibre entre les 3 composantes : « le plein-air », « les loisirs et la culture », et la conservation du patrimoine naturel existant.
1. Ainsi le secteur Ouest, voisin du parc départemental et ayant un rapport direct avec le centre ville pourrait être traité en espace vert en accès libre. La partie basse de ce secteur pourrait accueillir un espace consacré à des activités de loisirs.
2. au Nord, les espaces voisins des Bas-Pays constituent un lieu idéal pour implanter une ferme et des terrains maraîchers, avec un double intérêt écologique et pédagogique.
3. le massif forestier situé à l’Est pourrait, dans un premier temps être conservé en l’état et entouré d’un sentier de découverte, jalonné de postes d’observation. Ce sentier pourrait avoir son point de départ dans le secteur du château puis, longer le cimetière (à la façon d’une coulée verte, créant une liaison directe entre le centre-ville et le quartier des Bas-Pays
Quant à la faisabilité : Une fois un nouveau projet établi, il conviendrait de diviser sa partie centrale en grandes zones pouvant être traitées séparément et accueillant chacune des composantes de la future base. Ce qui permettrait d’ouvrir l’équipement progressivement, notamment sa partie Ouest.
A condition d’attribuer les budgets nécessaires pour un démarrage sérieux des travaux, et particulièrement le comblement des carrières dont le coût est extrêmement élevé.
Dans le PLU : Pourquoi le volet patrimonial, est-il important ?
Nous sommes favorables à l’adjonction d’un volet patrimonial au nouveau Plan Local d’Urbanisme qui doit être modifié, si nous ne voulons pas voir disparaitre dans certaines de nos villes, l’âme du « village » et pour éviter des constructions qui conduisent à une densification préjudiciable.
Dans ce cadre et pour mettre en valeur l’architecture, le patrimoine, les espaces qui méritent d’être protégés tout permis de construire devra obtenir l’aval de l’architecte des bâtiments de France.
Nous croyons par exemple que l’aire de mise en valeur du patrimoine (APAV) est une disposition qui pourrait être envisagée pour le classement du centre historique de Romainville et pour l’espace concerné par la Corniche des forts.
Nous ne voyons aucune contradiction entre la nécessité de défendre une politique patrimoniale et la défense de la biodiversité et l’environnement.
C’est le cas lorsque nous nous opposons à l’implantation de l’usine TMB méthanisation. C’est également le cas concernant la Corniche des forts ou défendre les riverains victimes des sites pollués et qui dans une situation de danger permanent se sentent complètement abandonner par les pouvoirs publics.
En 2015 nous avons assisté à un recul démocratique et nous le devons essentiellement à la loi NOTRe qui donne compétence du PLU à l’intercommunalité. Nous n’avons eu de cesse de dénoncer les méfaits de cette loi qui éloignerait les citoyens des décisions. EST Ensemble qui a élaboré l’année, son Projet d’aménagement et de développement durable (PADD) devra construire maintenant son plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI).
Aussi, je vous joins pour exemple, une de nos interventions sur ces sujets et je vous invite à retrouver toutes nos actions pour favoriser le vivre ensemble sur nos sites : www.fdgnoisylesec www.facebook.com/RomainvilleEnsemble/?ref=aymt_homepage_panel
Hier, aujourd’hui et demain, vous nous trouverez à vos côtés pour agir ensemble afin que les habitants et les associations soient associés à toutes réalisations ou opérations programmées et se réapproprient l’espace urbain.
Vous nous trouverez à vos côtés pour défendre l’idée que notre banlieue doit évoluer au service de ses habitants dans le respect de leur environnement et non au service des spéculateurs qui profitent de la réforme territoriale.
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