#payetaphoto

0 a signé. Allez jusqu'à 15 000 !


La photographie ne s’est jamais aussi bien portée en France, les photographes jamais aussi mal.


Face à une situation très critique et plus qu’inquiétante pour la création photographique française, les photographes - indépendants, membres d’agences ou de collectifs - se sont réunis pour alerter le gouvernement et notamment Françoise Nyssen, Ministre de la Culture, du risque de disparition de leur métier.Un début de dialogue semble s’être amorcé, mais la liste des points critiques est longue et il y a urgence !

  • En préambule 

Le 15 juillet 2014, un Code des bonnes pratiques professionnelles était signé entre le ministère de la Culture, les syndicats d’éditeurs et les syndicats des agences de presse, d’illustration et de photographes. Après quatre années, l’échec est patent car seule une infime partie des éditeurs de presse le respecte.

Il y un an, nous avions publié une tribune dans le quotidien Libération au sujet de la situation critique des photographes en France. Depuis, aucune mesure concrète n’a malheureusement été prise pour défendre la photographie française.
Il est urgent de défendre les auteurs et acteurs de ce secteur culturel précieux, actif et rayonnant.

Les points qui suivent résument brièvement l’ensemble des points essentiels à l’avenir de la photographie française.

  • La photographie, un acteur culturel majeur oublié 

La photographie en marge de la politique culturelle de l’Etat :
De manière générale, nous déplorons le manque de soutien et d’aides aux photographes et à la création photographique française, alors que la majorité des arts en bénéficient : le Centre National de la Cinématographie pour les productions audiovisuelles, les subventions pour le théâtre, les obligations de quotas à la radio pour la musique, le statut des intermittents, etc. À l’heure où la photographie et l’image sont l’un des enjeux majeurs des décennies à venir, ce vide est incompréhensible et préjudiciable, tant pour nos métiers que pour le rayonnement culturel de la France.  En occultant ses besoins, la diversité de la production photographique s'assèche et les sources d’information et de contenus se réduisent. Si la démocratie s’accorde avec la pluralité, la responsabilité de l’Etat est de défendre notre diversité en adoptant une démarche politique citoyenne et responsable.
Nous demandons des aides à la création et à la production pour les photographes. Ainsi que l’instauration d’une unité de conception et de mise en œuvre de la future politique de l'État dans les domaines de la photographie comme le faisait le CNP par exemple.


La généralisation de la gratuité :
La photographie est trop souvent liée à la notion de gratuité.
De plus en plus de lieux ou d’évènements photographiques (musées, centres d’art, festivals, expositions, projections…) ne prévoient aucun droits d’auteurs pour les photographes. Pourtant fournisseur de la matière première de ces évènements ou lieux culturels – et alors que tous les autres postes sont rémunérés (du menuisier qui construit les cimaises au directeur du lieu ou du festival) – le photographe est trop souvent le seul à ne pas l’être. Cet état de fait est d’autant plus inacceptable que nombres de ces évènements reçoivent des subventions publiques.
Nous vous demandons de faire respecter le droit de présentation. Donc à ce que les obligations de rémunération des photographes soient effectives et à ce que les subventions soient conditionnées par l’application de celles ci.  Nous demandons également qu’un pourcentage non négligeable des subventions pour les événements photographiques soit obligatoirement alloué aux droits d’auteurs des photographes y participant.


L’absence de soutien à une photographie spécifiquement française :
Contrairement à de nombreux autres pays, l’Etat ou les institutions françaises  -pourtant financeurs de nombreux lieux d’expositions, d’événements photographiques et d’aides à la presse – n’imposent aucune mesure pour garantir la diffusion de la photographie française dans les institutions, les associations culturelles ou les médias.
Nous demandons donc à l’Etat, qui dispose de nombreux moyens d’action et de soutien, d’œuvrer en faveur de la production photographique française, ainsi qu’à sa diffusion.

 

  • La presse, une situation intenable pour les photographes 

Une presse hors la loi :
Le non-respect des délais légaux de paiement reste d’actualité. Plusieurs grands groupes de presse continuent à prolonger ces délais bien au-delà de ce que la loi leur impose. Plusieurs agences et collectifs de photographes ont dû déposer le bilan cette année, de nombreux autres sont au bord de l’asphyxie.
De son côté, l’Urssaf n’attend pas, elle nous applique immédiatement des pénalités et nous envoie les huissiers quand nous ne réglons pas nos cotisations sociales dans les délais.
Nous demandons à l’Etat d’obliger les groupes de presse à signer enfin les conventions cadre prévues par le Code des bonnes pratiques en 2014 et qui conditionnent leurs subventions au respect des délais légaux de paiements.
Nous demandons également d'interdire formellement à ces groupes de presse de contraindre les photographes ou de conditionner leurs commandes à une rediffusion de leurs images par ces mêmes groupes de presse ou une agence mandatée par eux.

Chutes des tarifs :
Profitant d’une situation économique générale critique, de nombreux commanditaires réduisent d’année en année le taux de rémunération des commandes passées aux photographes (souvent le seul corps de métier à devoir subir cette baisse de revenus), ainsi que les tarifs de publication des photographies issues de leurs archives.
Les photographies sont donc actuellement achetées en dessous de leur coût de production. En effet, au-delà du temps de travail, les frais des photographes sont nombreux (matériel, post-production, ceux des agences et collectifs également, serveurs numériques, moyens humains, etc.). Le tarif minimum de la pige journalière mis en place par décret il y a un an est ridicule et irréaliste (demande-t-on à un technicien de surface d’acheter son balai ?) !
Nous demandons la mise en place d’une régulation des tarifs basée sur les coûts réels de production des photographies.


Concurrence déloyale :
L’Etat français soutient financièrement l’AFP (Agence France Presse), lui permettant de réduire ses tarifs et de proposer aux journaux et magazines des forfaits d’utilisation que les structures indépendantes ne peuvent pratiquer.
Cet état de fait contribue grandement à la précarité des photographes et à l’extinction des agences et collectifs indépendants.
Nous demandons que cette concurrence déloyale et illégale cesse.

 

  • En conclusion

D’une façon générale, les photographes sont les parents pauvres de la discipline artistique la moins considérée par les Institutions françaises. Et cela, malgré la richesse de leur production et bien que la photographie soit née en France, que les événements photographiques les plus emblématiques (Paris Photo, le Mois de la Photo, les Rencontres d’Arles, Visa pour l’image…) s’y déroulent, que l’image et la photographie soient l’un des enjeux majeurs des années à venir et que ce secteur génère une réelle économie (de l’autre côté de l’Atlantique, les Américains ne s’y sont pas trompés…).

Nous, photographes français – actifs, créatifs et producteurs d’une photographie originale et de grande qualité – indépendants ou membres d’agences, de collectifs ou de syndicats, vous sollicitons pour qu’elle puisse continuer à vivre, à se développer et à enrichir le pays où elle est née.

 

 



Mouvement compte sur vous aujourd'hui

Mouvement PHOTOGRAPHES a besoin de votre aide pour sa pétition “#payetaphoto”. Rejoignez Mouvement et 14 596 signataires.