

Pas un fait divers. Jamais.
Le problème
La presse française doit cesser de classer les violences sexuelles sur mineurs, les féminicides, les violences vicariales et les infanticides en "faits divers"
Le 4 juin 2026, Lyhanna, 11 ans, a été retrouvée morte dans le Gers. Sept signalements concernant le principal suspect avaient été transmis à la justice. Sept alertes ignorées. C'est à sa mémoire, et à celle de toutes les victimes invisibilisées avant elle, que cette pétition est dédiée.
Pourtant, dans la quasi-totalité des rédactions françaises, cette affaire a été classée sous la rubrique "faits divers."
Ce classement n'est pas anodin. Il n'est pas neutre. Il est le symptôme d'un problème profond.
La catégorie "faits divers" individualise ce qui est collectif. Elle anecdotise ce qui est structurel. Elle transforme en événements isolés, consommables, oubliables des violences qui ont un nom, des causes, des mécanismes documentés :
- Les féminicides : des femmes tuées parce qu'elles sont des femmes
- Les violences sexuelles sur mineurs : des enfants victimes de prédateurs que les institutions ont trop souvent les moyens d'identifier et pas la volonté de stopper
- Les violences vicariales : ces violences exercées sur les enfants pour atteindre et détruire leur mère, prolongement direct des violences conjugales
- Les infanticides : des enfants tués, le plus souvent dans un contexte familial, dans un silence que la rubrique "faits divers" contribue à maintenir
Ces violences ne sont pas des accidents. Ce sont des phénomènes systémiques, genrés, documentés, en grande partie évitables. Les ranger sous "faits divers" permet à la société française de se dispenser de se regarder en face.
Dans d'autres pays européens, ces violences ont leurs propres catégories éditoriales. En Espagne, "violencia de género" est une rubrique à part entière, ancrée dans un cadre légal et politique qui nomme explicitement le problème. En France, un féminicide et un accident de voiture partagent la même rubrique.
Ce n'est pas un détail technique. C'est un choix éditorial qui dit quelque chose de profond sur la façon dont notre société regarde — ou refuse de regarder — ces violences.
Lyhanna aurait dû être protégée. Elle ne l'a pas été. La moindre des choses est que sa mort ne soit pas, elle aussi, rangée dans une case qui empêche de comprendre pourquoi.
Nous demandons à l'ensemble des rédactions françaises :
- De retirer les violences sexuelles sur mineurs, les féminicides, les violences vicariales et les infanticides de la rubrique "faits divers"
- De créer des catégories éditoriales qui nomment ces violences comme ce qu'elles sont : des enjeux de société majeurs
- D'engager une réflexion publique sur les effets du cadrage médiatique sur la perception collective de ces violences
- De former leurs journalistes aux spécificités de ces violences systémiques pour en améliorer le traitement éditorial
Ce que la presse nomme, la société peut le voir. Ce qu'elle range dans les "faits divers", elle continue de ne pas vouloir regarder en face.
Nommer autrement, c'est un acte politique. Ce n'est pas une question de sensibilité ou de bienséance — c'est un choix de cadrage qui déplace ces violences de l'intime vers le collectif, de l'accident vers la structure, de l'émotion passagère vers la responsabilité durable. Une rubrique, ce n'est pas un détail typographique : c'est une façon de dire à la société ce qui mérite d'être compris, pas seulement déploré.
Signez. Partagez. Nommez.
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Le problème
La presse française doit cesser de classer les violences sexuelles sur mineurs, les féminicides, les violences vicariales et les infanticides en "faits divers"
Le 4 juin 2026, Lyhanna, 11 ans, a été retrouvée morte dans le Gers. Sept signalements concernant le principal suspect avaient été transmis à la justice. Sept alertes ignorées. C'est à sa mémoire, et à celle de toutes les victimes invisibilisées avant elle, que cette pétition est dédiée.
Pourtant, dans la quasi-totalité des rédactions françaises, cette affaire a été classée sous la rubrique "faits divers."
Ce classement n'est pas anodin. Il n'est pas neutre. Il est le symptôme d'un problème profond.
La catégorie "faits divers" individualise ce qui est collectif. Elle anecdotise ce qui est structurel. Elle transforme en événements isolés, consommables, oubliables des violences qui ont un nom, des causes, des mécanismes documentés :
- Les féminicides : des femmes tuées parce qu'elles sont des femmes
- Les violences sexuelles sur mineurs : des enfants victimes de prédateurs que les institutions ont trop souvent les moyens d'identifier et pas la volonté de stopper
- Les violences vicariales : ces violences exercées sur les enfants pour atteindre et détruire leur mère, prolongement direct des violences conjugales
- Les infanticides : des enfants tués, le plus souvent dans un contexte familial, dans un silence que la rubrique "faits divers" contribue à maintenir
Ces violences ne sont pas des accidents. Ce sont des phénomènes systémiques, genrés, documentés, en grande partie évitables. Les ranger sous "faits divers" permet à la société française de se dispenser de se regarder en face.
Dans d'autres pays européens, ces violences ont leurs propres catégories éditoriales. En Espagne, "violencia de género" est une rubrique à part entière, ancrée dans un cadre légal et politique qui nomme explicitement le problème. En France, un féminicide et un accident de voiture partagent la même rubrique.
Ce n'est pas un détail technique. C'est un choix éditorial qui dit quelque chose de profond sur la façon dont notre société regarde — ou refuse de regarder — ces violences.
Lyhanna aurait dû être protégée. Elle ne l'a pas été. La moindre des choses est que sa mort ne soit pas, elle aussi, rangée dans une case qui empêche de comprendre pourquoi.
Nous demandons à l'ensemble des rédactions françaises :
- De retirer les violences sexuelles sur mineurs, les féminicides, les violences vicariales et les infanticides de la rubrique "faits divers"
- De créer des catégories éditoriales qui nomment ces violences comme ce qu'elles sont : des enjeux de société majeurs
- D'engager une réflexion publique sur les effets du cadrage médiatique sur la perception collective de ces violences
- De former leurs journalistes aux spécificités de ces violences systémiques pour en améliorer le traitement éditorial
Ce que la presse nomme, la société peut le voir. Ce qu'elle range dans les "faits divers", elle continue de ne pas vouloir regarder en face.
Nommer autrement, c'est un acte politique. Ce n'est pas une question de sensibilité ou de bienséance — c'est un choix de cadrage qui déplace ces violences de l'intime vers le collectif, de l'accident vers la structure, de l'émotion passagère vers la responsabilité durable. Une rubrique, ce n'est pas un détail typographique : c'est une façon de dire à la société ce qui mérite d'être compris, pas seulement déploré.
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Pétition lancée le 7 juin 2026