Pas de diffusion du film "Tu ne tueras point" sur France 2


Pas de diffusion du film "Tu ne tueras point" sur France 2
Le problème
En tant que personne autiste membre du bureau de l'association La Neurodiversité France, je suis profondément dégoûtée par la présentation médiatique d'un film prévu à la diffusion sur France 2 en avril prochain, Tu ne tueras point.
Ce film met en scène une mère filicide qui assassine sa fille autiste par noyade. Les articles média soutiennent le point de vue de la meurtrière et de son avocat, appelant le grand public à la compassion envers des tueuses d'enfants handicapés. L'enfant assassinée est déshumanisée, réduite à "une autiste sévère" dans un article de presse, à "un enfant, atteint de polyhandicap et de troubles autistiques sévères" dans un autre, présumé souffrant de son état et non de la manière dont la société le considère.
Pire, ces articles et ce film présentent le meurtre de personnes handicapées comme une solution au désespoir de leurs parents.
Le site Handicap.fr a fermé ses commentaires dès la publication, empêchant les personnes autistes, ou plus largement handicapées, de s'exprimer. Seul compte le point de vue de la meurtrière, toujours dépeinte comme une victime. Ce film se conclut par une vibrante plaidoirie d'avocat (joué par Samuel Le Bihan) en sa faveur. L'article du média Handicap.fr est d'autant plus problématique qu'il fait la promotion du "don de la mort" aux enfants handicapés le même jour qu'à l'ouverture de débats sur l'euthanasie, tout en propageant une fake news sur le nombre de meurtres d'enfants autistes par leurs parents :
Un auticide parental par jour serait une estimation plus réaliste, le site web Disability memorial répertoriant, sur la base de la presse, deux meurtres successifs d'enfants autistes présumés par leur famille le 13 et le 14 octobre 2023.
L'ouvrage War on autism documente le mécanisme à l'œuvre derrière ces crimes. Rien ne justifie de minimiser ou relativiser les auticides. Il est essentiel que nous soyons conscients de l'effet du message mieux vaut être mort(e) qu'handicapé(e), diffusé dans des médias relevant du service public comme France 2.
Ce film et les articles qui le promeuvent renforcent des stéréotypes nuisibles, et valident l'idéologie eugéniste selon laquelle une vie en tant que personne autiste ne vaudrait pas la peine d'être vécue. Le tout, dans un contexte où la France a été condamnée à de multiples reprises pour non-respect des droits humains fondamentaux des personnes handicapées (la dernière fois en 2023).
L'existence de ce film interroge aussi celle d'un agenda politique visant à obtenir l'adhésion du grand public en faveur d'un dépistage prénatal, sans jamais laisser la parole aux personnes autistes.
Comble du mépris, sa diffusion est prévue en France le lendemain de journée mondiale de sensibilisation à l'autisme du 2 avril, qui devrait être une journée d'expression de personnes autistes dans les médias, et non une journée de compassion pour tueuses d'autistes. Une journée en particulier pour donner la parole aux victimes de ces meurtres, les adultes autistes non-oralisant(e)s qui écrivent via des outils numériques.
Nous demandons à France 2 de prendre position contre le risque de meurtre auticide, et de ne pas diffuser "Tu ne tueras point".
La valeur de la vie d'une personne autiste n'est pas un sujet de débat
Signez cette pétition pour soutenir notre appel à une représentation juste et respectueuse des personnes autistes dans les médias.

Le problème
En tant que personne autiste membre du bureau de l'association La Neurodiversité France, je suis profondément dégoûtée par la présentation médiatique d'un film prévu à la diffusion sur France 2 en avril prochain, Tu ne tueras point.
Ce film met en scène une mère filicide qui assassine sa fille autiste par noyade. Les articles média soutiennent le point de vue de la meurtrière et de son avocat, appelant le grand public à la compassion envers des tueuses d'enfants handicapés. L'enfant assassinée est déshumanisée, réduite à "une autiste sévère" dans un article de presse, à "un enfant, atteint de polyhandicap et de troubles autistiques sévères" dans un autre, présumé souffrant de son état et non de la manière dont la société le considère.
Pire, ces articles et ce film présentent le meurtre de personnes handicapées comme une solution au désespoir de leurs parents.
Le site Handicap.fr a fermé ses commentaires dès la publication, empêchant les personnes autistes, ou plus largement handicapées, de s'exprimer. Seul compte le point de vue de la meurtrière, toujours dépeinte comme une victime. Ce film se conclut par une vibrante plaidoirie d'avocat (joué par Samuel Le Bihan) en sa faveur. L'article du média Handicap.fr est d'autant plus problématique qu'il fait la promotion du "don de la mort" aux enfants handicapés le même jour qu'à l'ouverture de débats sur l'euthanasie, tout en propageant une fake news sur le nombre de meurtres d'enfants autistes par leurs parents :
Un auticide parental par jour serait une estimation plus réaliste, le site web Disability memorial répertoriant, sur la base de la presse, deux meurtres successifs d'enfants autistes présumés par leur famille le 13 et le 14 octobre 2023.
L'ouvrage War on autism documente le mécanisme à l'œuvre derrière ces crimes. Rien ne justifie de minimiser ou relativiser les auticides. Il est essentiel que nous soyons conscients de l'effet du message mieux vaut être mort(e) qu'handicapé(e), diffusé dans des médias relevant du service public comme France 2.
Ce film et les articles qui le promeuvent renforcent des stéréotypes nuisibles, et valident l'idéologie eugéniste selon laquelle une vie en tant que personne autiste ne vaudrait pas la peine d'être vécue. Le tout, dans un contexte où la France a été condamnée à de multiples reprises pour non-respect des droits humains fondamentaux des personnes handicapées (la dernière fois en 2023).
L'existence de ce film interroge aussi celle d'un agenda politique visant à obtenir l'adhésion du grand public en faveur d'un dépistage prénatal, sans jamais laisser la parole aux personnes autistes.
Comble du mépris, sa diffusion est prévue en France le lendemain de journée mondiale de sensibilisation à l'autisme du 2 avril, qui devrait être une journée d'expression de personnes autistes dans les médias, et non une journée de compassion pour tueuses d'autistes. Une journée en particulier pour donner la parole aux victimes de ces meurtres, les adultes autistes non-oralisant(e)s qui écrivent via des outils numériques.
Nous demandons à France 2 de prendre position contre le risque de meurtre auticide, et de ne pas diffuser "Tu ne tueras point".
La valeur de la vie d'une personne autiste n'est pas un sujet de débat
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Pétition lancée le 12 mars 2024