Pas de brevet dans des salles irrespirables !

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Le problème

Nous, enseignant.e.s du collège République à Bobigny, demandons le report de l'épreuve du brevet prévue le vendredi 26 juin au matin, ou sa tenue dans des locaux climatisés.

Voici plus d'une semaine que nous ne pouvons plus enseigner dans nos salles de classe, où il fait entre 30 et 36° d'après nos relevés datant du vendredi 19 juin. Certain.e.s d'entre nous ont essayé de faire cours, et manqué de perdre connaissance tant l'atmosphère y est suffocante. Pour préserver notre santé comme celle de nos élèves, nous les avons tant bien que mal "gardés" dans la cour de récréation, en les encourageant à rester à l'ombre et à s'hydrater régulièrement. Même dans ces conditions aménagées, les journées furent pénibles. Dans les salles de classe, alors que les nuits ne voient plus les températures baisser suffisamment et que le bâtiment piège la chaleur qui s'accumule, la situation empire de jour en jour. 

Pourtant, c'est dans ces mêmes salles qu'il est prévu que plus de 300 élèves de 3ème composent dans deux jours (vendredi 26 juin) pour l'épreuve de Français du Diplôme National du Brevet. La direction du collège nous a indiqué lundi dernier que 10 ventilateurs seraient fournis par le département, et que des bouteilles d'eau seraient mises à disposition des élèves et des enseignant.e.s. Ces mesures ridiculement insuffisantes (10 ventilateurs pour 300 élèves qui composeraient dans 16 salles !) ne changeront rien à la réalité : les températures avoisineront les 38° (ou plus). Comment justifier que des élèves aient à composer dans des salles où nous n'avons pas pu enseigner ? 

Nous considérons que le maintien des épreuves du brevet au collège République, et dans tous les établissements dont la situation est analogue à la nôtre, constitue une mise en danger pour les élèves et les enseignant.e.s qui les surveilleront. Nous refusons que nos élèves passent leur épreuve de Français, après quatre "nuits tropicales" consécutives, dans des conditions inadaptées qui compromettent leur réussite et donc leur avenir. 

Aujourd'hui, le ministre de l'Education Nationale Edouard Geffray annonce maintenir les épreuves du brevet, avec des pauses fraîcheur "pour permettre aux élèves de s'aérer". Mais où pourront-ils le faire ? Aucune salle, aucun couloir, aucun lieu de l'établissement ne leur permettra de se rafraîchir. L'hypocrisie de ces déclarations signale un mépris total pour les élèves qui auront à composer dans une atmosphère étouffante et irrespirable.

Nous exigeons que l'épreuve soit reportée, ou a minima qu'elle se tienne dans des lieux climatisés réquisitionnés pour l'occasion : bibliothèques municipales, locaux municipaux... À circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. "Les chefs d'établissement savent faire", nous assure d'ailleurs le ministre !

Nous appelons tous les personnels de l'Education Nationale, les parents d'élèves, et plus largement toutes les personnes solidaires à signer et à relayer notre pétition afin de s'opposer à ce que les épreuves se tiennent dans ces conditions dangereuses et inadmissibles. Nous demandons aux syndicats de se joindre à notre appel et de protéger la santé et la scolarité des élèves en exigeant des mesures d'urgence. 

Car l'urgence climatique est là, et nous savons que nos élèves des quartiers populaires seront particulièrement touché.e.s par ses conséquences. Il est irresponsable de se cacher derrière un discours vide sans prendre la moindre mesure concrète et matérielle qui soit à la hauteur de la situation. N'attendons pas qu'un drame survienne pour nous mobiliser ! 

Mises à jour sur la pétition