Pétition apartisane pour la liberté d'étudier et de débattre au sein de Sciences Po

Le problème

Le pluralisme, la tolérance, l’ouverture d’esprit, la rigueur, la richesse des débats, l’esprit critique, voilà ce dont nous pensions bénéficier pendant nos années passées à Sciences Po et ce que nous continuerons d’espérer de cette institution.

Malgré ces valeurs auxquelles nous croyons, les sujets d’actualité ne cessent de cristalliser les tensions : le dialogue s’effrite, la parole s’étiole et la nuance n’a plus droit de cité. Une poignée d’élèves, pour la plupart partisans voire militants, rythme à présent la vie de notre institution. Ces étudiants s’approprient le conflit israélo-palestinien, discréditant rapidement par l’étiquette de fasciste toute personne remettant en cause leurs modes de fonctionnement. Par ailleurs, la succession des directions n’a pas permis de garantir un climat serein au sein de l’institution et a affecté la confiance des membres de la communauté étudiante. D’un scandale à un autre, le sort et l’image de notre Institution sont à nouveau remis entre les mains d’une instance de désignation. La multiplication des articles à charge témoigne en effet de la dégradation de l’image de l’école dans l’opinion publique, et ainsi, de la valeur de notre diplôme. 

Nous aspirons à retrouver le cadre serein de débat et de travail qui était celui de Sciences Po, malgré les divergences politiques qui existent entre les élèves. Les dernières manifestations organisées au sein de l’établissement empêchent le bon déroulement des cours et le calme nécessaire à l’apprentissage.  

En outre, la pluralité des idées qui règne entre les élèves et qui devrait être une chance pour tous se transforme aujourd’hui en ferment de discorde. Lorsque des voix divergentes, y compris modérées, se font entendre, certains élèves les stigmatisent et les font taire, par l’invective ou la moquerie. 

Pour illustrer le climat de tension voire de censure, nous tenons également à préciser l’attention portée à chacun de nos mots. Cette lettre n’a en effet pas vocation à donner naissance à une quelconque réappropriation politique. Nous voulons parler sans être affiliés. Dès lors, nous affirmons  que les massacres commis par le régime de Benjamin Netanyahou tout comme les attentats terroristes du Hamas sont intolérables et dramatiques. Toutefois, à Sciences Po, l'injonction faite à chacun de choisir entre deux camps très polarisés est éprouvante. Nous, étudiants pacifistes, mesurés et avides de débats, ne pouvons-nous pas soutenir les otages comme les civils palestiniens sans accuser notre école d'être complice d’un génocide ? Comment une institution telle que Sciences Po peut-elle lever les sanctions disciplinaires qui s'imposent lorsque des étudiants entravent le fonctionnement de l’école, confisquent le débat et s'accaparent le droit de définir ce qui est bon et mauvais, juste et injuste? Ne serait-il pas bénéfique que Sciences Po rappelle toutes les conférences organisées dans le cadre du conflit israélo-palestinien, et réaffirme la distinction entre un lieu d’enseignement et un lieu de manifestation ?

Nous restons convaincus que Sciences Po est un lieu unique en France et dans le monde, où les étudiants d’horizons distincts peuvent construire un avenir commun. Ensemble, nous avons participé à la définition de notre raison d’être : comprendre son temps pour agir sur le monde. Nous aspirons à ce que notre institution demeure un espace dédié à la transmission du savoir pour former des étudiants dotés d’un esprit libre, d’une conscience éclairée et d'une appréciation du monde enrichie d'une culture plurielle. La diversité des signataires de cette lettre l’illustre : nos idées politiques divergent en bon nombre de points. Toutefois, elles ne nous empêchent pas de nous unir pour défendre un objectif commun : la liberté du débat et la liberté d’étudier. 

Enfin, nous précisons que des étudiants n’ont pas voulu signer cette lettre pour ne pas “faire de vagues”, bien qu’ils soient en accord avec son contenu. Cette précaution est symptomatique du contexte dans lequel nous sommes contraints d’évoluer. Peut-on continuer à parler de liberté d’expression au sein de notre école quand c’est maintenant l’auto-censure qui y règne ? 

À ce titre, nous demandons : 
 1/ La construction d'un dialogue réel et effectif entre les différents partis, et la possibilité de débats sereins régis par les règles élémentaires du civisme et du respect d'autrui.
 2/ Le déroulement des enseignements et des examens dans un environnement serein et propice au travail.
 3/ Des sanctions fermes et adéquates pour les étudiants qui ont participé à l’occupation illégale des bâtiments de l’école ou à toute autre forme d’activité contrevenant au règlement intérieur de l’école.


Ces conditions de travail s’avèrent indispensables au maintien d’un enseignement de qualité, mais aussi et surtout à la richesse des débats et du pluralisme que l’école libre des Sciences Politiques a toujours mis en avant.

Nous espérons que cette lettre sera entendue et partagée. Nous comptons sur le bon sens de chacun, qu'il soit, ou non passé par Sciences Po. 

Le collectif apolitique “Expression et Modération”

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Clara CHEVRIERLanceur de pétition

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Le problème

Le pluralisme, la tolérance, l’ouverture d’esprit, la rigueur, la richesse des débats, l’esprit critique, voilà ce dont nous pensions bénéficier pendant nos années passées à Sciences Po et ce que nous continuerons d’espérer de cette institution.

Malgré ces valeurs auxquelles nous croyons, les sujets d’actualité ne cessent de cristalliser les tensions : le dialogue s’effrite, la parole s’étiole et la nuance n’a plus droit de cité. Une poignée d’élèves, pour la plupart partisans voire militants, rythme à présent la vie de notre institution. Ces étudiants s’approprient le conflit israélo-palestinien, discréditant rapidement par l’étiquette de fasciste toute personne remettant en cause leurs modes de fonctionnement. Par ailleurs, la succession des directions n’a pas permis de garantir un climat serein au sein de l’institution et a affecté la confiance des membres de la communauté étudiante. D’un scandale à un autre, le sort et l’image de notre Institution sont à nouveau remis entre les mains d’une instance de désignation. La multiplication des articles à charge témoigne en effet de la dégradation de l’image de l’école dans l’opinion publique, et ainsi, de la valeur de notre diplôme. 

Nous aspirons à retrouver le cadre serein de débat et de travail qui était celui de Sciences Po, malgré les divergences politiques qui existent entre les élèves. Les dernières manifestations organisées au sein de l’établissement empêchent le bon déroulement des cours et le calme nécessaire à l’apprentissage.  

En outre, la pluralité des idées qui règne entre les élèves et qui devrait être une chance pour tous se transforme aujourd’hui en ferment de discorde. Lorsque des voix divergentes, y compris modérées, se font entendre, certains élèves les stigmatisent et les font taire, par l’invective ou la moquerie. 

Pour illustrer le climat de tension voire de censure, nous tenons également à préciser l’attention portée à chacun de nos mots. Cette lettre n’a en effet pas vocation à donner naissance à une quelconque réappropriation politique. Nous voulons parler sans être affiliés. Dès lors, nous affirmons  que les massacres commis par le régime de Benjamin Netanyahou tout comme les attentats terroristes du Hamas sont intolérables et dramatiques. Toutefois, à Sciences Po, l'injonction faite à chacun de choisir entre deux camps très polarisés est éprouvante. Nous, étudiants pacifistes, mesurés et avides de débats, ne pouvons-nous pas soutenir les otages comme les civils palestiniens sans accuser notre école d'être complice d’un génocide ? Comment une institution telle que Sciences Po peut-elle lever les sanctions disciplinaires qui s'imposent lorsque des étudiants entravent le fonctionnement de l’école, confisquent le débat et s'accaparent le droit de définir ce qui est bon et mauvais, juste et injuste? Ne serait-il pas bénéfique que Sciences Po rappelle toutes les conférences organisées dans le cadre du conflit israélo-palestinien, et réaffirme la distinction entre un lieu d’enseignement et un lieu de manifestation ?

Nous restons convaincus que Sciences Po est un lieu unique en France et dans le monde, où les étudiants d’horizons distincts peuvent construire un avenir commun. Ensemble, nous avons participé à la définition de notre raison d’être : comprendre son temps pour agir sur le monde. Nous aspirons à ce que notre institution demeure un espace dédié à la transmission du savoir pour former des étudiants dotés d’un esprit libre, d’une conscience éclairée et d'une appréciation du monde enrichie d'une culture plurielle. La diversité des signataires de cette lettre l’illustre : nos idées politiques divergent en bon nombre de points. Toutefois, elles ne nous empêchent pas de nous unir pour défendre un objectif commun : la liberté du débat et la liberté d’étudier. 

Enfin, nous précisons que des étudiants n’ont pas voulu signer cette lettre pour ne pas “faire de vagues”, bien qu’ils soient en accord avec son contenu. Cette précaution est symptomatique du contexte dans lequel nous sommes contraints d’évoluer. Peut-on continuer à parler de liberté d’expression au sein de notre école quand c’est maintenant l’auto-censure qui y règne ? 

À ce titre, nous demandons : 
 1/ La construction d'un dialogue réel et effectif entre les différents partis, et la possibilité de débats sereins régis par les règles élémentaires du civisme et du respect d'autrui.
 2/ Le déroulement des enseignements et des examens dans un environnement serein et propice au travail.
 3/ Des sanctions fermes et adéquates pour les étudiants qui ont participé à l’occupation illégale des bâtiments de l’école ou à toute autre forme d’activité contrevenant au règlement intérieur de l’école.


Ces conditions de travail s’avèrent indispensables au maintien d’un enseignement de qualité, mais aussi et surtout à la richesse des débats et du pluralisme que l’école libre des Sciences Politiques a toujours mis en avant.

Nous espérons que cette lettre sera entendue et partagée. Nous comptons sur le bon sens de chacun, qu'il soit, ou non passé par Sciences Po. 

Le collectif apolitique “Expression et Modération”

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Clara CHEVRIERLanceur de pétition
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