Petition updateOBTENIR DES SOUS-TITRES DIGNES DE CE NOMSourd ou malentendant, un handicap parfois moqué, souvent incompris
Jack LOUISFontaine-lès-dijon, France
Jan 22, 2018
Extrait tiré d'un article du http://www.huffingtonpost.fr du 12/03/2015.
"- Je te l'ai déjà dit trois fois!", "- Mais t'as pas entendu ce que je t'ai dit?" Ces phrases, Françoise*, 56 ans, ne compte plus les fois où elle les a entendues. Comme beaucoup de personnes malentendantes, elle se sent parfois moquée, souvent incomprise. Il faut dire que, contrairement à d'autres handicaps, les TROUBLES AUDITIFS NE SE VOIENT PAS, ils sont de fait moins reconnus par l'entourage des personnes concernées.
Pourtant, en France, le nombre de malentendants est estimé à 5 ou 6 millions, parmi lesquels jusqu'à 400.000 sourds profonds. Ces sourds dont les quotidiens sont devenus des calvaires à cause de ces troubles sous-estimés.
Françoise* a commencé à perdre des décibels quand elle avait 20 ans. Elle n'est pas sourde profonde, ni de naissance, mais malentendante. Sa surdité est considérée comme "moyenne", c'est-à-dire dont la perte de décibels est comprise entre 40 et 70. En-dessous de 40, on parle de surdités légères (ou d'audition normale). Au-dessus de 70, de surdités sévères, et au-delà de 90, de surdités profondes. On parle de personne sourde à partir de 70 décibels de perte.
"LES FAIRE RÉPETER, ÇA LES AGACE"
Cette professeure des écoles confie au HuffPost s'être souvent disputée avec sa famille à cause de ses problèmes d'audition. "Je dois les faire répéter, ça les agace, je n'entends pas quelque chose que j'aurais dû entendre, ça agace aussi. Pourtant, ils savent bien que je suis malentendante", déplore-t-elle.
Des histoires de moquerie et de dédain, Françoise en a plus d'un dans son sac. Récemment, un malentendu l'a énormément chagrinée. Elle testait pour la première fois un cours de relaxation, mais n'a presque rien pu entendre. A la fin du cours, elle a tenté d'expliquer au professeur que même si elle voulait poursuivre les cours, elle ne pourrait certainement pas revenir à cause de son audition. La réponse qu'on lui fait semble à côté de la plaque: "Vous réfléchissez. Il faut du temps pour savoir ce qu'on veut". Comme si elle n'était pas malentendante mais simplement indécise.
Cette exaspération des gens face à la surdité, elle la ressent au quotidien. "Quand je suis au téléphone (face to face) et que j'explique que je n'entends pas, les gens font un effort mais ça ne dure jamais longtemps", poursuit-elle. "A force, on arrête tout simplement de demander aux autres et on fait semblant d'avoir compris."
Ces témoignages, Mireille Tardy, ORL phoniatre et membre du Comité scientifique de l’association JNA, ne peut que les corroborer.
"QU'ON SOIT ENFANT, ADULTE OU VIEILLARD, MALENTENDANT OU SOURD, ON N'EST PAS RECONNU PAR LES AUTRES", nous explique-t-elle. "On est face à un phénomène mal connu, mal toléré par l'entourage. La personne en face d'un malentendant se sent frustrée car son langage n'est pas compris par l'autre. '- Essaye donc de comprendre', '- Fais un peu attention', '- Je te l'ai déjà dit deux fois'... Les gens se plaignent mais quelque part, c'est parce qu'ils se sentent responsable de l'incompréhension".
"SOURDE MAIS PAS DÉBILE"
Autre problème, la surdité est comparée, bien évidemment à tort, à un manque d'intelligence. "Quand quelqu'un ne comprend pas, on se dit qu'il est peut-être un peu bête, qu'il ne fait pas attention", regrette Mireille Tardy. Françoise se souvient d'ailleurs encore de cette fois où on lui a mimé un haut-parleur dans les oreilles en lui disant, "- C'est quand même drôle ces confusions que tu fais". Ce à quoi elle a répondu, cinglante: " - SOURDE MAIS PAS DEBILE".
Un problème bien spécifique aux malentendants, comme le soulignait Annelise dans un témoignage pour le site Madmoizelle : "DANS LE SYSTEME FRANÇAIS, IL EST MIEUX VU D’ETRE MYOPE QUE MALENTENDANT [...] Maintenant que tu sais que tu as un problème, reste à le confronter aux autres. Il faut avoir le cran de dire, parfois '- Désolée, je n’entends pas', et là la mine patibulaire de l’homme lambda se met en place: sourcil relevé, bouche interrogative… et si j’avais une débile, en face de moi ? Le sourd, il faut bien le dire, est forcément un débile profond, puisqu’il n’est pas capable de communiquer relativement normalement avec son entourage."
Pour Mireille Tardy, c'est déplorable mais pas étonnant: on voit bien qu'un aveugle ne voit pas, mais pas qu'un sourd n'entend pas. "L'aveugle manque d'autonomie de déplacement. On le voit, on a donc envie de faire attention. Alors qu'on ne s’apitoie pas sur le sort d'un sourd, non, on ne le supporte pas, ça angoisse." C'est amplifié, selon elle, par le fait que tous les sons (graves, aigus) ne sont pas perçus par les malentendants de la même manière. "Avec l’hyperacousie par exemple, le son est distendu. Les personnes atteintes n'entendent pas certains sons mais peuvent être excédés par le bruit." C'est ce que nous explique Françoise, qui sort dégoûtée des séances de cinéma car elle ne comprend jamais tout, mais qui, à côté de ça, ne peut pas supporter le bruit des concerts. "L'entourage est excédé, pense que le malentendant joue la comédie", explique Mireille Tardy.
UN CERCLE VICIEUX
Ces difficultés permanentes ne sont pas sans conséquence sur la santé mentale des personnes concernées. Elles font des efforts, en vain, car l'entourage continue à les mettre sous pression. "C'est un cercle vicieux, estime Mireille Tardy. On commence, par peur, à ne plus aller chez son commerçant, son médecin, on fait semblant de comprendre, et puis c'est l'isolement, qui est encore pire chez les personnes âgées".
MORALITÉ :
- Arrêtons de prendre les Sourds et les Malentendants pour les "Débiles" qu'ils ne sont pas.
- Renforçons cette cohésion nationale en les prenant en compte notamment en imposant des outils pour leur faciliter la compréhension du monde qui nous entoure. Ces outils sont entre autres : l'utilisation de la LSF dans les médias (Journaux télévisés), des logiciels de reconnaissance vocale perfectionnée (téléphonie), les Sous-Titres (Audiovisuel), l'interprétariat Français//LSF dans les services publics, etc.
- En signant cette pétition, vous contribuerez à montrer que les Sourds et les Malentendants doivent être considérés comme tous les autres français : des personnes à "part entière" ! Ils ont droit à des sous-titres de qualité et sur tous les supports audiovisuels.
*Le prénom a été modifié.
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