OBJECTION ÉTUDIANTE : CONTRE LE SPECTRE DE L'EMPRISONNEMENT DE PINAR SELEK


OBJECTION ÉTUDIANTE : CONTRE LE SPECTRE DE L'EMPRISONNEMENT DE PINAR SELEK
Le problème
Pétition de soutien à Pinar Selek, enseignante-chercheure à
l'Université Côte d'Azur.
“Imaginez : vous êtes persécuté•e depuis vingt-six ans pour
avoir soutenu des minorités discriminées”. Nous avons du mal à
l'imaginer, et pourtant c’est ce qu'a traversé notre enseignante de
sociologie franco-turque Pinar Selek. Elle a écopé de deux ans de
prison à partir de 1998, subi de la torture morale et physique, un exil
et quatre accusations fallacieuses, le tout porté par la Cour
suprême turque, garante d’une justice qui à présent n’en porte
plus que le nom. En effet, tout cela pour quoi ? Pour un crime qu'elle
n’a pas commis, et pour avoir préservé l’anonymat d'enquêtés
kurdes discriminés entretenus dans le cadre d’un travail
universitaire. Aujourd’hui, déterminée à la condamner, la Cour suprême
menace une nouvelle fois Pinar d’un emprisonnement à vie.
Mais malgré cet acharnement, nous tenons à dire que jamais notre
enseignante, titulaire d’un statut de réfugiée politique dans un
premier temps, et de la nationalité française dans un second temps,
affiliée à l’Université Côte d’Azur qui lui garantit une protection académique, ne s'est résignée face au désespoir. Bien au contraire, elle s’est sans cesse appliquée à donner de son temps et de son énergie pour nous accompagner au long de notre parcours et nous a toujours enseigné avec le sourire. Dès lors, elle apparaît à nos yeux à la fois comme une sociologue et une écrivaine qui aspire à changer le monde au détriment de sa propre sécurité et comme une enseignante investie et inspirante, qui de plus défend les droits
humains. En d’autres termes, un modèle de vertu et d’espérance
face aux injustices qui ont rythmé son quotidien et qui la menacent
toujours, mais qui menacent aussi de nous la prendre, nous, étudiant•es.
Ajoutons que cette injustice nous est d’autant plus insupportable
qu'elle est traversée par des enjeux d'indépendance scientifique et
des enjeux liés à la liberté d’expression des enseignant•es-chercheur•es. À vous, qui avez appris ou apprenez encore théories et méthodes scientifiques, ne pas soutenir Pinar, c’est accepter l’idée que la science ne soit qu’une coquille vide destinée à empiler des connaissances sans que celles-ci ne servent véritablement le bien commun. Voilà pourquoi il est nécessaire que vous signiez dès à présent, si vous ne l’avez pas encore fait, cette pétition, que nous souhaitons faire suivre dans les médias et institutions concernées, pour la rendre visible afin de soutenir notre enseignante jugée à Istanbul le 28 juin 2024. Son avenir comme celui des sciences est, plus que jamais, entre vos mains.
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Le problème
Pétition de soutien à Pinar Selek, enseignante-chercheure à
l'Université Côte d'Azur.
“Imaginez : vous êtes persécuté•e depuis vingt-six ans pour
avoir soutenu des minorités discriminées”. Nous avons du mal à
l'imaginer, et pourtant c’est ce qu'a traversé notre enseignante de
sociologie franco-turque Pinar Selek. Elle a écopé de deux ans de
prison à partir de 1998, subi de la torture morale et physique, un exil
et quatre accusations fallacieuses, le tout porté par la Cour
suprême turque, garante d’une justice qui à présent n’en porte
plus que le nom. En effet, tout cela pour quoi ? Pour un crime qu'elle
n’a pas commis, et pour avoir préservé l’anonymat d'enquêtés
kurdes discriminés entretenus dans le cadre d’un travail
universitaire. Aujourd’hui, déterminée à la condamner, la Cour suprême
menace une nouvelle fois Pinar d’un emprisonnement à vie.
Mais malgré cet acharnement, nous tenons à dire que jamais notre
enseignante, titulaire d’un statut de réfugiée politique dans un
premier temps, et de la nationalité française dans un second temps,
affiliée à l’Université Côte d’Azur qui lui garantit une protection académique, ne s'est résignée face au désespoir. Bien au contraire, elle s’est sans cesse appliquée à donner de son temps et de son énergie pour nous accompagner au long de notre parcours et nous a toujours enseigné avec le sourire. Dès lors, elle apparaît à nos yeux à la fois comme une sociologue et une écrivaine qui aspire à changer le monde au détriment de sa propre sécurité et comme une enseignante investie et inspirante, qui de plus défend les droits
humains. En d’autres termes, un modèle de vertu et d’espérance
face aux injustices qui ont rythmé son quotidien et qui la menacent
toujours, mais qui menacent aussi de nous la prendre, nous, étudiant•es.
Ajoutons que cette injustice nous est d’autant plus insupportable
qu'elle est traversée par des enjeux d'indépendance scientifique et
des enjeux liés à la liberté d’expression des enseignant•es-chercheur•es. À vous, qui avez appris ou apprenez encore théories et méthodes scientifiques, ne pas soutenir Pinar, c’est accepter l’idée que la science ne soit qu’une coquille vide destinée à empiler des connaissances sans que celles-ci ne servent véritablement le bien commun. Voilà pourquoi il est nécessaire que vous signiez dès à présent, si vous ne l’avez pas encore fait, cette pétition, que nous souhaitons faire suivre dans les médias et institutions concernées, pour la rendre visible afin de soutenir notre enseignante jugée à Istanbul le 28 juin 2024. Son avenir comme celui des sciences est, plus que jamais, entre vos mains.
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Pétition lancée le 10 février 2023